La décapitalisation se poursuit

Cyrielle Delisle - Réussir Bovins Viande Juin 2012

La décapitalisation se poursuit
Une vache allaitante de l'Union européenne sur trois est française. © S. Bourgeois

Selon l’Institut de l’élevage, la décapitalisation en bovins viande continue dans l’Union européenne et ce phénomène devrait se poursuivre en 2012.

« Les vaches sont inégalement réparties dans l’Union européenne. Sept états membres représentent les trois quarts du cheptel reproducteur. Une vache allaitante sur trois est française », expliquait Caroline Monniot, lors d’une conférence sur les marchés mondiaux de la viande, organisée par l’Institut de l’élevage. Sur les dernières années d’échanges, plusieurs constats peuvent être faits. L’Union européenne compte deux gros pays exportateurs : l’Allemagne et l’Irlande. Autre remarque, la Pologne a commencé à vendre des veaux de huit jours vers la France et la Hollande et développe l’engraissement de jeunes bovins qu’elle destine à l’Italie, pays le plus rémunérateur de l’Union européenne. Ces animaux polonais sont venus concurrencer les broutards français expédiés vers l’Italie, jusqu’en 2010, moment où la Pologne a orienté ses bêtes vers le Liban, soulageant ainsi le marché italien engorgé. « On observe par ailleurs, une décapitalisation du cheptel bovin de l’Union européenne (65 % des vaches de l’UE sont laitières) sur le long terme, notamment en lait avec une diminution de 15 % du nombre de vaches en dix ans, résultat de la restructuration laitière. » Plus récemment, on constate le même phénomène en viande (- 1,5 % entre 2010 et 2011). La production est ainsi en baisse structurelle.
Concernant les échanges, 2011 a été l’année du retour à l’excédent du commerce extérieur — en volumes. Fait non rapporté depuis 2002. Il faut noter par contre, que le déficit reste encore important en valeur. Du côté des importations, les tonnages en provenance de l’Amérique du Sud sont en chute libre. Entre 2006 et 2011, les volumes importés de cette destination ont diminué de 49 %.

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Demande de viande européenne

A l’opposé, le marché mondial est à nouveau demandeur de viande européenne. En deux ans, les volumes exportés à 27 sont passés d’un peu plus de 100 000 tonnes équivalent carcasse (téc) à près de 600 000 téc. Le constat est identique pour les bovins vivants européens, entraînant des prix à la hausse.
Autre point abordé lors de cette présentation, les perspectives pour le marché européen de la viande bovine, fortement liées à l’après-quotas, à la nouvelle PAC à négocier et à la baisse de la demande (consommation mature, crise économique, prix au détail, image du bœuf…). Sont également à prendre en considération les marchés tout proches où la demande explose et l’ouverture et l’élargissement de contingents d’importations (récemment États-Unis et Canada). Dans ce cas, le marché de l’Union européenne est prioritaire pour les pays exportateurs car il reste le marché le plus rémunérateur au monde. « Le facteur foncier est encore un autre sujet à considérer. La concurrence des grandes cultures pèse en effet partout sur la production de viande bovine et le prix des terres explosent. La France possède par contre le prix du foncier le plus bas d’Europe. La production devrait donc encore continuer à décliner en 2012. Le solde exportable dépendra quant à lui de la vigueur de la demande interne, particulièrement faible en raison de la crise économique », concluent les intervenants de l’Institut de l’élevage.

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Commentaires 1

Bazilou78

les prix sont plutot à la hausse, c'est bien. il fautmaintenant que les échanges se stabilisent. ça veut dire mettre une pointe de préférence europeenne et rel pour

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