La filière canadienne dépendante de l’exportation

Sophie Bourgeois - Réussir Bovins Viande Septembre 2012

La filière canadienne dépendante de l’exportation

Neuf ans après la crise de l’ESB, la filière viande bovine canadienne est toujours très dépendante de la demande des USA. Les autres marchés restent marginaux.

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La filière viande au Canada : toujours très dépendante des USA
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Il y a actuellement pratiquement le même nombre de vaches allaitantes au Canada qu’en France : 4,2 millions de têtes étaient dénombré début 2012. C’est beaucoup moins qu’avant la crise de l’ESB qui est survenue en 2003. La production était en effet de 5 millions de têtes en 2002 et s’établit à 3,8 millions de têtes en 2011. « Jusqu’à la crise de l’ESB, les filières viande bovine du Canada et des États-Unis étaient intimement intégrées », rappelle l’Institut de l’élevage. Mais après la découverte d’un cas d’ESB en mai 2003, les exportations de viande ont chuté d’un tiers et celles d’animaux vivants avaient été stoppées pendant deux ans. Or les exportations représentaient plus de la moitié des débouchés pour les troupeaux canadiens.
L’Institut de l’élevage a comparé la situation de ces dernières années avec celle immédiatement avant la crise. « On constate que les prix des bouvillons en Alberta sont moins élevés d’environ 4 %. D’autre part, les cours des bouvillons de l’Alberta et ceux des bouvillons américains, par exemple ceux du Nebraska, sont beaucoup moins liés qu’auparavant. » Ceci s’explique par le fait que le coût du transport routier de l’Alberta jusqu’aux abattoirs des États-Unis n’a cessé d’augmenter avec le gasoil. Le taux de change entre les deux dollars joue aussi un rôle important. Les différentes mesures liées à l’ESB et embargos des pays clients ont eu leur importance. Mais depuis 2009, c’est surtout la législation des USA sur l’étiquetage de l’origine des viandes qui porte préjudice aux animaux canadiens. « Les abattoirs étatsuniens doivent traiter distinctement les animaux importés et supporter des coûts supplémentaires de contrôle. À tel point que la majorité des abattoirs préfèrent ne plus traiter que des animaux nés et engraissés aux USA. En l’espace de trois ans, les exportations d’animaux vifs vers les USA ont été réduites de moitié », explique l’Institut de l’Elevage.
Le Canada vient cependant tout juste d’obtenir, en appel devant l’OMC, gain de cause sur ce point. L’étiquetage de l’origine de la viande est déclaré aboutir à une concurrence inéquitable sur le marché américain pour les animaux canadiens et ce système devrait être modifié.

Une concentration sans précédent  de la filière

D’autre part, le Canada a toujours plus de mal que les USA sur les marchés asiatiques. Le Canada exporte toujours deux fois moins au Japon qu’avant l’ESB et les autres débouchés asiatiques sont marginaux. D’autre part les Canadiens refusent pour le moment de s’engager dans une filière spécifique « sans utilisation d’hormone », exigée pour l’accès au marché européen - les hormones sont systématiquement utilisées dans les feedlots. « Celui-ci reste donc un marché de niche où ne s’engagent que des acteurs marginaux de la filière canadienne. » La crise de l’ESB a en effet provoqué une concentration sans précédent de la filière. Seuls deux acteurs réalisent aujourd’hui 89 % des abattages canadiens : le numéro 4 mondial du secteur, Cargill Meat Solution, et un groupe purement canadien, XL Food. L’élevage est aussi extrêmement concentré. Plus des trois quarts des gros bovins sont abattus dans le seul état de l’Alberta, qui loge près de 40 % des vaches allaitantes.

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