Le bilan sanitaire d’élevage prérempli. Un outil pour une opportunité à optimiser

Dr Didier GUERIN

Le bilan sanitaire d’élevage prérempli. Un outil pour une opportunité à optimiser

La visite sanitaire obligatoire et la réglementation en matière de prescription des médicaments vétérinaires constituent de réelles opportunités de meilleure gestion sanitaire de son troupeau.

Un bilan sanitaire d’élevage prérempli fourni par GDS Creuse à chaque éleveur

Le bilan sanitaire d’élevage prérempli. Un outil pour une opportunité à optimiser

Une enquête auprès de 200 élevages allaitants (cf. article du 11/11/2011) indique que 75% des éleveurs affirment que le BSE contribue à améliorer la prévention dans leur élevage lorsqu’une attention suffisante est portée par le couple vétérinaire/éleveur. Une compilation des données pour une meilleure analyseL’intérêt du BSE prérempli est de fournir à l’éleveur une synthèse des données qu’il enregistre dans le cadre de ses obligations réglementaires et ainsi permettre une meilleure analyse. Le BSE prérempli intègre :•Les données d’identification (source : Service Elevage de la Chambre d’Agriculture) qui permettent d’illustrer les mouvements, les mortalités, des résultats de reproduction...•Les données enregistrées à GDS Creuse en matière de suivi des maladies soumises à prophylaxies de cheptel ou d’introduction et/ou de dépistages ponctuels.•Les bilans des pathologies à renseigner par l’éleveur à partir de son carnet sanitaire avec une indication pathologies du niveau d’alerte par pathologie.La productivité numérique, un impact sur le revenu, un éclairage sanitaireDonnée majeure, la productivité numérique s’avère primordiale à connaître à deux titres :•Elle présente un impact sur l’EBE. Ainsi, plus ou moins 5% de productivité numérique influencent davantage l’EBE qu’une augmentation de 20% sur le coût du carburant ou de 20% sur le prix des aliments et des engrais. •Elle illustre l’équilibre sanitaire de l’élevage. Une bonne productivité numérique signe une zone favorable d’équilibre sanitaire. A l’inverse, une dégradation doit constituer un critère d’alerte à investiguer. Ce bilan sanitaire prérempli permet à chaque éleveur de connaître la productivité numérique de son élevage et d’identifier les points forts et les points à améliorer en matière de taux de gestation, intervalle vêlage-vêlage et taux de mortalité, éléments constitutifs de cette productivité numérique. Le BSE prérempli fourni à chaque éleveur, une articulation à renforcer avec son vétérinaire traitantCe document vient d’être envoyé à chaque éleveur en cette fin novembre. Ce bilan concerne la dernière campagne du 1er septembre 2010 au 31 août 2011 et reprend des éléments d’historique des deux campagnes précédentes. Chaque éleveur est invité à le consulter et à contacter son vétérinaire traitant pour optimiser son utilisation dans le cadre du BSE annuel. Toute fourniture au vétérinaire traitant peut intervenir mais demande une autorisation écrite de l’éleveur concerné.

Le suivi sanitaire permanent constitue un intérêt triple pour l’éleveur : améliorer la rentabilité de son élevage, sécuriser ses pratiques dans le cadre de la filière et bénéficier de la prescription sans consultation systématique. Il s’appuie sur le BSE annuel, d’où la fourniture par GDS Creuse à chaque éleveur du BSE prérempli afin de faciliter l’analyse.

2007 a vu la mise en place de deux modifications réglementaires de gestion sanitaire du troupeau : le décret sur la prescription des médicaments et la rénovation de la visite sanitaire obligatoire en élevage bovin. Une même logique a guidé ces adaptations réglementaires : au delà de la santé animale, une extension des préoccupations au champ de la santé publique vétérinaire et une adaptation aux pratiques de terrain.

Une prescription hors examen clinique avec un bilan sanitaire d’élevage (BSE) annuel à effectuer

La prescription des médicaments vétérinaires est possible, d’une part, après réalisation d’un examen clinique systématique des animaux par le vétérinaire avant chaque prescription et, d’autre part, sans examen clinique systématique, dans le cadre du suivi sanitaire permanent avec les conditions suivantes :

  • Le vétérinaire (ou cabinet vétérinaire) désigné par l’éleveur pour pratiquer le suivi sanitaire permanent de son élevage dispense régulièrement les soins.
  • Il réalise, en relation avec l’éleveur, un BSE annuel.
  • Il établit un protocole de soins au vu du BSE.
  • Il fait des visites régulières de suivi.

Le suivi sanitaire permanent de l’élevage est à la charge de l’éleveur. Dans le cas des groupements agréés, la mise en œuvre du programme sanitaire d’élevage (PSE) et les conditions permettant la prescription des médicaments vétérinaires dans ce cadre sont soumis à des règles qui leur sont propres.

Le BSE : une opportunité d’analyse et d’adaptation de la gestion sanitaire de son élevage

L’éleveur et le vétérinaire réalisent un BSE annuellement, lors d’une visite spécifique. Après analyse du BSE, le vétérinaire et l’éleveur identifient la priorité sanitaire de l’élevage. Le vétérinaire propose alors un plan de prévention et de lutte concerté avec l’éleveur, intégrant les mesures sanitaires et les éventuelles mesures médicales (antiparasitaires, vaccination…). En relation avec le GTV23, GDS Creuse a mis à disposition des éleveurs et vétérinaires un formulaire de BSE et de protocole de soins et, maintenant, un BSE prérempli (cf. encadré).

Un protocole de soins pour une prescription sans examen clinique

Dans la continuité du BSE, le vétérinaire rédige un protocole de soins qui servira de référence pour la prescription des médicaments sans examen clinique. Ce protocole définit la liste des pathologies rencontrées dans l’élevage pour lesquelles une prescription sans examen clinique est possible. Le vétérinaire indique les modalités et les précautions à respecter pour la mise en œuvre des traitements. Au cours de l’année, en fonction des besoins de l’élevage, le vétérinaire prescrit des médicaments et rédige une ordonnance remise à l’éleveur. Pour chaque pathologie, le vétérinaire fixe des critères d’alerte au delà desquels sa visite sera nécessaire pour sensibiliser l’éleveur sur les risques de voir une situation sanitaire dégénérée et adapter le protocole de soins. Le vétérinaire s’assurera de la mise en œuvre en réalisant au moins une visite de suivi par an.

Si le vétérinaire sanitaire est également le vétérinaire traitant de l’élevage et si l’éleveur souhaite bénéficier de la prescription sans consultation systématique, le bilan sanitaire s’appuie un an sur deux sur la visite sanitaire obligatoire payée par l’Etat.

Une visite sanitaire obligatoire en élevage bovin rénovée, une articulation avec le BSE annuel volontaire

Mise en place en 2005, la visite sanitaire obligatoire en élevage bovin, réalisée par le vétérinaire sanitaire et financée par l’Etat, est devenue biennale en 2008 et s’est étendue à la santé publique vétérinaire. La refonte de la réglementation communautaire en matière de sécurité sanitaire des aliments (Paquet Hygiène) a réaffirmé la responsabilité de chaque exploitant de la chaîne alimentaire et ce, dès l’élevage. Nombre des données à collecter pour la visite sanitaire sont utiles au BSE. Lors de la rédaction du BSE, le vétérinaire pourra faire référence au document “ visite sanitaire ” si les éléments communs aux deux démarches sont déjà collectés lors de la visite sanitaire obligatoire.

Un suivi sanitaire cohérent et annualisé avec un intérêt triple pour l’éleveur

Au delà des contraintes réglementaires réelles, ces évolutions permettent un bilan de la situation sanitaire et des conseils sur les bonnes pratiques sanitaires générales appuyé un an sur deux sur la visite sanitaire obligatoire payée par l’Etat. Grâce au protocole de soins, des conseils précis sur la prévention et le traitement sont prodigués pour chaque pathologie rencontrée. Cela constitue un intérêt triple pour l’éleveur : améliorer la rentabilité de son élevage, sécuriser ses pratiques dans le cadre de la filière et bénéficier de la prescription sans consultation systématique. Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter votre vétérinaire traitant ou GDS Creuse.

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