Le marché des produits laitiers, carnés et avicoles en 2008 : Gros bovins : les échanges mondiaux se tassent

Office de l'Elevage

Monde : la production de viande bovine diminue

Le cheptel bovin mondial a enregistré un léger repli en 2008 ( 0,4 %) pour la deuxième année consécutive et, d'après la FAO, la production de viande bovine a diminué d'environ 2 %.

La mise en culture de certaines terres, jusqu'alors destinées aux bovins, pour la production de céréales a pu avoir pour conséquence une décapitalisation des effectifs et le coût élevé des aliments a pu inciter les éleveurs à engraisser moins longtemps leurs animaux.

La plupart des grands pays producteurs de viande bovine ont réduit leurs ventes en 2008. Le Brésil, principal exportateur, a été contraint de diminuer ses expéditions d'environ 13 % en raison de ses difficultés à gérer la fièvre aphteuse et de l'embargo imposé par l'Union européenne. L'Australie a exporté environ deux tiers de sa production mais a modifié la répartition des exportations : elle a réduit des ventes vers le Japon, la Corée du Sud et les Etats-Unis au profit de l'Europe de l'Est et de la Chine. L'Argentine et l'Uruguay ont également réduit leurs exportations.

Les Etats-Unis et la Russie, qui ont représenté près de 50 % des achats en 2008, ont réduit leurs importations. Aux Etats-Unis, cette évolution est la conséquence de la découverte de cas d'ESB et la fermeture de ses frontières à l'exportation.

Le cheptel bovin de l'UE en hausse

Le cheptel bovin de l'UE à 27 s'est élevé à 90,97 millions de têtes en mai 2008, en hausse pour la première fois depuis six ans (+ 0,4 %). Toutes les catégories d'animaux ont enregistré une progression, de 0,6 % pour les vaches laitières, 0,9 % pour les mâles de 1 à 2 ans et 1,3 % pour les vaches nourrices. A l'exception du Royaume-Uni et de la Roumanie, les principaux pays laitiers ont agrandi leur cheptel de femelles, de 1,5 % pour la France à 3,6 % pour l'Allemagne. Dès le 4e trimestre 2007, des hausses du prix du lait ont encouragé les éleveurs laitiers à produire plus ; pour cela, ils ont choisi de conserver des vaches destinées à la réforme.

Le nombre de gros bovins finis abattus a augmenté en 2008, que ce soit des jeunes bovins (+ 2 %) ou des femelles (+ 1,1 %). Seuls les abattages de boeufs ont régressé ( 3,4 %), reflet du désengagement des éleveurs pour cette production. La disponibilité en femelles, en hausse dans les élevages, a permis aux éleveurs de réformer un plus grand nombre de vaches, en particulier à partir de l'été, au moment de la reprise des réformes. L'augmentation des abattages de jeunes bovins est due également à la progression du cheptel allaitant mais aussi au transfert de veaux croisés vers la filière longue en 2007 et début 2008.

Les coûts de production toujours élevés ont incité les éleveurs européens à réduire les durées d'engraissement des jeunes bovins, qui ont donc été abattus à des poids moins élevés qu'en 2007 ( 3,4 kg/tête). Les vaches ont été peu engraissées avant leur entrée à l'abattoir et les carcasses se sont également allégées ( 1,2 kg/tête). Les abattages de l'UE à 27 exprimés en tec ont ainsi reculé de 0,7 %, tout comme la production, les échanges d'animaux vivants avec les Pays Tiers étant négligeables.

Croissance des prix à la production

La faiblesse de la production a entraîné une croissance des prix des gros bovins à la production, de 6,9 % en moyenne pour l'UE (à 2,9 €/kg). La hausse a atteint plus de 10 % en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, plus de 16% en Irlande.

Les importations européennes de viande bovine ont fortement diminué en 2008 ( 48 %), suite aux difficultés d'approvisionnement en provenance d'Amérique du Sud (fièvre aphteuse au Brésil, pénurie et réduction des exportations en Argentine). L'UE a donc eu majoritairement recours à sa propre production (à 99 %) pour répondre à la demande, qui a par ailleurs reculé de 3,7 % (calcul par bilan). La France, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont réduit leur consommation de viande bovine en 2008, de 1,7 à 3,1 %:

France : le cheptel de vaches laitières se redresse

En France, pour la première fois depuis six ans, le cheptel de vaches laitières s'est redressé (+ 1,5 %). Le troupeau de vaches allaitantes a poursuivi sa progression, entamée il y a trois ans (+ 1,3 %). Suite aux difficultés d'exportation des broutards vers l'Italie, le nombre de mâles de 1 à 2 ans présents en France a grimpé (+ 5 %).

La production de gros bovins finis a reculé de 1,7 % en tec par rapport à 2007, consécutivement à la baisse des abattages ( 1,5 %) et des exportations de bovins ( 9,9 %). Les repousses des réformes de vaches laitières sur le premier semestre ont conduit à une diminution des abattages, qui n'a pas été totalement rattrapée sur la fin de l'année ( 1,7 % en tec).

La tendance baissière des abattages de boeufs a continué en 2008 ( 6,7 % en tec). Le nombre d'abattages de jeunes bovins a augmenté de 2,1% par rapport à 2007 : les possibilités limitées d'exportation des broutards vers l'Italie et l'Espagne ont accru les disponibilités en France, qu'il a fallu écouler. Néanmoins, en raison d'un allégement des carcasses ( 8,3 %kg/tête), les abattages de jeunes bovins sont restés stables en tec.

La FCO pénalise les exportations

Les exportations de bovins destinés à l'engraissement a diminué de 10,2 %. La FCO a pénalisé les ventes vers les deux principaux pays acheteurs, ces derniers ayant fermé temporairement leurs frontières aux animaux non vaccinés. Face au recul de la consommation ( 1,9 % par bilan), un recours plus faible aux importations de viande s'est avéré suffisant : celles-ci ont ainsi diminué de 3,6 %, l'Espagne et le Portugal ayant réduit leurs expéditions.

Les difficultés d'exportation ont influencé à la baisse les cours du bovin maigre. Les animaux se sont accumulés dans les élevages sans trouver preneur et les prix ont diminué de 4 à 10 % suivant les races. Les gros bovins se sont en revanche vendus à des prix plus élevés qu'en 2007 (+ 2,3 % en moyenne), grâce au manque de disponibilités en vaches au début de l'année puis à la reprise des exportations de jeunes bovins en été.

Perspectives 2009

En 2009, dans l'Union européenne, les abattages de jeunes bovins devraient se maintenir à un niveau proche de celui de 2008 grâce à la croissance du cheptel allaitant et au report des veaux croisés, non engraissés en veaux de boucherie, sur la filière longue. La décapitalisation du troupeau de vaches laitières pourrait se poursuivre en raison de la baisse du prix du lait. En revanche, le nombre de boeufs abattus devrait rester sur une tendance baissière.

La production européenne de gros bovins devrait ainsi rester à un niveau proche de celui de 2008. La chute des importations de viande observée en 2008 ne devrait pas être récupérée en 2009. En effet, la consommation devrait rester faible et les approvisionnements en viande étrangère ne devraient pas être nécessaires. On peut donc s'attendre à un déséquilibre entre l'offre et la demande dans l'UE à 27, notamment au début de l'année (abattages conjoints de vaches et de jeunes bovins). Les cours européens du gros bovin devraient donc enregistrer une baisse, avant de remonter sur la fin de l'année.

En France, la production pourrait progresser de 1 à 2 %, sous l'effet de la hausse des abattages de vaches et de jeunes bovins. Ces disponibilités pourraient induire une diminution des cours des gros bovins finis. Les prix des bovins maigres devraient par contre repartir à la hausse, grâce à la reprise des exportations qui vont offrir de nouveaux débouchés.

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