Le marché des produits laitiers, carnés et avicoles en 2008 : Veau : la rentabilité de la filière ne s'améliore pas

Office de l'Elevage

L'année 2008 a été marquée par une baisse de la demande en viande de veau dans la plupart des grands pays consommateurs, ce qui a engendré un repli des prix du veau de boucherie et une réduction de la production. Après une année 2007 difficile, la rentabilité de cette filière, en France comme en Europe, ne s'est pas particulièrement améliorée.

La production de veaux finis dans l'UE à 27 a reculé de près de 10 % en 2008. L'une des principales raisons de cette baisse est l'adaptation de la production roumaine aux standards communautaires, qui s'est traduite par un allègement du poids des carcasses. Au delà de ce phénomène singulier, les principaux pays producteurs de veaux de boucherie ont réduit leur production : Pays-Bas, Italie, Belgique, Allemagne. La Pologne est l'un des rares pays où les abattages ont progressé, passant de 14.000 tec à 25.000 tec.

Face à la baisse des mises en place de veaux dans les ateliers d'engraissement, les petits veaux se sont accumulés sur le marché européen. Cela a provoqué une diminution moyenne de 8 % des prix, qui se sont établis à 161,9 €/tête. Le repli s'est accentué au cours du second semestre. L'Irlande et le Royaume-Uni sont les deux seuls pays où les cours du veau de 8 jours ont augmenté en 2008.

Consommation en repli

La consommation a enregistré un repli en 2008 ( 9,7 % par bilan à l'échelle de l'UE à 27 sur l'année) : le prix élevé de la viande de veau a découragé les consommateurs européens, déjà limités dans leurs achats par la baisse de leur pouvoir d'achat. La faiblesse de la demande a entraîné une chute des prix du veau de boucherie à la production dès les premières semaines de l'année 2008 ( 10 % sur l'année, à 5 €/kg) et la quasi-totalité des Etats membres a été touchée ( 16 % en Italie et aux Pays-Bas).

Les échanges intra-communautaires d'animaux vivants, que ce soit de veaux de 8 jours ou de veaux de boucherie, ont diminué de près de 20 % en 2008. Les grands pays exportateurs ont eu du mal à écouler leurs animaux ; en effet, les pays traditionnellement importateurs ont eu préférentiellement recours à leur production nationale qui a permis de répondre à une grande part de leur demande interne. Les Pays-Bas ont également pâti de cette situation et ont stabilisé leurs expéditions de viande de veau ( 0,5%).



Les cours du veau de boucherie baissent en France

En France, le nombre de veaux de boucherie abattus a été stable en 2008 par rapport à l'année précédente. Cependant, en raison d'un alourdissement des carcasses (+ 3,8 kg/tête), les abattages en tec ont progressé de 3 %. Le manque de débouchés sur le marché français a contraint les éleveurs à conserver parfois un peu plus longtemps leurs veaux, qui sont donc sortis plus lourds qu'en 2007.

Les prix des mâles de 45-50 kg destinés à l'engraissement sont restés à peu près stables au 1er semestre mais ils ont commencé à décroître à partir du mois de juillet ( 18 % sur l'année 2008) à cause d'un excédent d'offre sur le marché. Les cours du veau de boucherie ( 4,5 % sur l'année) ont décru dès les premières semaines face à la faible demande. Ils se sont stabilisés vers la fin octobre à des prix bas.

Le solde des échanges de petits veaux est redevenu déficitaire en 2008 ( 17.000 têtes) en raison de la chute des exportations ( 60 %). En effet, malgré des disponibilités en veaux laitiers en hausse, la France n'a pas trouvé de débouchés pour ses veaux de 8 jours, les autres pays producteurs de veaux se satisfaisant de leurs propres ressources. Elle a, de ce fait, diminué ses importations de veaux de 8 jours ( 45 %). Les exportations françaises de veaux de 80 à 300 kg ont pâti de la fermeture des frontières italienne puis espagnole aux animaux non vaccinés issus de zones FCO ( 19 %).

Calculée par bilan, la consommation de viande de veau a cru de 2,1 %, malgré le repli de 2,7 % des importations de viande néerlandaise. Le panel TNS a en revanche indiqué une diminution de 6,4 % des achats des ménages lié à une hausse des prix de 5,2 %.


Perspectives 2009

En 2009, la crise financière ne devrait pas favoriser la situation de la filière du veau. Dans l'Union européenne, les disponibilités devraient être à peu près semblables à celles de 2008 alors qu'en France elles devraient progresser. Le niveau de la production européenne devrait toutefois dépendre des coûts de production (prix de l'aliment d'allaitement plutôt en baisse), du niveau de consommation qui pourrait à nouveau régresser compte tenu du prix élevé de la viande de veau, des prix de revient et de l'évolution de la stratégie vaccinale contre la FCO.

En France, la production pourrait enregistrer une progression qui resterait toutefois modérée (+ 1 %) et l'offre nationale devrait mieux couvrir la demande qu'en 2008. En conséquent, les importations, que ce soit en vif ou en viande devraient être réduites (d'environ 2,5 %).

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