Le moins de perte possible pour le chantier de foin

Sophie Bourgeois

Le moins de perte possible pour le chantier de foin
Sur l'opération de fanage, les pertes vont de 230 kg MS/h à 380 kg MS/ha selon l'itinéraire. - © Herbes et fourrages limousins.

Entre 600 et 1 000 kilos de matière sèche par hectare sont perdues au cours d'un chantier de fenaison, entre le rendement sur pied et le foin. C'est au cours des opérations de fanage et d'andainage que l'essentiel de ces pertes se produisent.

Le moins de perte possible pour le chantier de foin
Infographie Réussir

Les matériels utilisés

Faucheuse portée de 3,10 m de large, sept disques, prise de force à 1000 tr/min, largeur d'andain de 2,20 m tout à plat

Faucheuse conditionneuse à doigts trainée avec timon latéral, avec andain beaucoup plus soufflé qu'avec la faucheuse classique, réglé à 1000 tr/min.

Faucheuse conditionneuse à rouleaux à timon central, avec écartement entre rouleaux réglé à 6 mm, avec andain un peu plus couché qu'avec la conditionneuse à doigts

Faneuse portée 8 toupies avec 6 bras par toupie, 350 tr/mn à la prise de force (1270 tr/mn au moteur)

Andaineur double avec travail sur 7,7 à 8,8 m, 350 tr/min à la prise de force, travail à 10 km/h

Presse à chambre variable.

Les 6 itinéraires de travail

1 - faucheuse classique à 14 h jour J à 12 km/h, fanage J+1 à 11 h, fanage J+2 à 11h, andainage J+2 à 17h30

2 - faucheuse classique à 14 h jour J à 12 km/h, fanage jour J à 16 h, fanage J+1 à 11 h, andainage J+2 à 11 h

3 - conditionneuse à doigts avec andain serré à 8 km/h jour J à 14 h, fanage J+1 à 11 h, fanage J+2 à 11 h, andainage J+2 à 17h30

4 - conditionneuse à doigts avec andain serré à 8 km/h jour J à 14 h, fanage jour J à 16 h, fanage J+1 à 11 h, andainage J+2 à 17h30

5 - conditionneuse à doigts avec andain éparpillé à 8 km/h à 14 h, fanage J+1 à 11 h, andainage J+2 à 16 h,

6 - conditionneuse à rouleaux avec andain serré à 8 km/h, fanage J+1 à 11 h, fanage J+2 à 11 h, andainage J+2 à 17h30

Un essai coordonné par la chambre d'agriculture de la Creuse(1) a montré en 2015 qu'entre 9 et 16 % du rendement est perdu au cours du chantier de fenaison d'une prairie d'association. La prairie était composée de 20 % de légumineuses (trèfle blanc et luzerne) et 80 % de graminées (dactyle, pâturin commun et fétuque élevée). Le rendement moyen a été de 6,4 tMS/ha sur pied. « Malgré les précautions prises pour réduire les brassages inutiles et le temps de passage du fourrage dans les machines, les pertes sont loin d'être négligeables, d'autant plus que nous avons constaté que ce sont davantage les feuilles - partie la plus riche en azote - qui sont perdues, plus que les tiges » explique Pierre Lépée, de la chambre d'agriculture de la Creuse. Ainsi, les pertes de MAT varient, selon les modalités du chantier, de 5 à 23 % (voir tableau).

Dans cet essai ont été comparées neuf modalités et la vitesse de séchage, les pertes au champ au différentes étapes du chantier et la consommation de carburant ont été mesurées(2). « C'est au cours des opérations de fanage et d'andainage que l'essentiel des pertes se produisent. Le pressage n'a occasionné que très peu de pertes ici, avec une presse à chambre variable et un fort débit de chantier (gros andain et vitesse d'avancement élevée). »

Le moins de perte possible pour le chantier de foin

Pas d'impact de la vitesse de fauche sur les pertes

Une faucheuse simple a été comparée avec une conditionneuse à doigts et avec une conditionneuse à rouleaux. La faucheuse simple est moins chère à l'achat et consomme moins de carburant. Les faucheuses conditionneuses ont nécessité dans cet essai en moyenne 1,7 l de GNR de plus à l'hectare que la faucheuse simple. « La faucheuse simple a permis de faire moins de pertes de fourrages, notamment quand on fane juste après la fauche. » La conditionneuse à doigts peut occasionner des pertes assez importantes si le réglage du régime est mal réglé. Mais le séchage est plus rapide si on fait éparpiller les andains, ce qui permet une meilleure exposition au soleil, et souvent d'économiser un passage. La conditionneuse à rouleaux a causé dans cet essai moins de pertes que celle à doigts mais le séchage a été moins rapide. Il aurait été possible de régler l'écartement des rouleaux qui était trop important pour écraser correctement les tiges et ainsi accélérer leur dessication. Il était de 6 mm et peut être réglé à 3 mm. La faucheuse à doigts avec andains éparpillés a permis la plus rapide déssication du fourrage : avec une fauche le jour J vers 15 h, le taux de matière sèche atteignait 44 % à J+1 à 9h30 (contre 37 % pour la faucheuse simple et 36 % pour la faucheuse à rouleaux). Par contre, la faucheuse à doigts a provoqué jusqu'à 38 % de pertes de plus qu'une faucheuse simple dans cet essai, sachant que le régime du conditionneur était de 1000 tr/min. Il aurait fallu pouvoir tester cet équipement à 750 tr/min.

Le moins de perte possible pour le chantier de foin

La fauche a été conduite à 8 ou à 12 km/h et dans cet essai, la vitesse de fauche n'a pas eu d'impact sur les pertes et sur la vitesse de séchage.

« L'itinéraire faucheuse simple avec premier fanage sur fourrage vert dans la journée a donné le moins de pertes et a aussi permis d'économiser 20 % de carburant par rapport aux itinéraires avec conditionneuses. Par contre, la vitesse de séchage a été moins rapide », retient Pierre Lépée.

Cet essai a permis de bien mesurer l'intérêt de travailler en andain serré (1,1 m de large et 0,38 m de haut) ou éparpillé (2,3 ou 2,6 m de large et 0,20 ou 0,26 m de haut) : avec la conditionneuse à doigts, le taux de matière sèche était, à J+1 à 9h30, de 44 % avec andain éparpillé contre 39 % avec andain serré. « Travailler avec des andains éparpillés est particulièrement intéressant si on fait de l'enrubannage car le fourrage est ainsi exposé au soleil tout de suite et on gagne des points de matière sèche. »

En savoir plus

Une vidéo de présentation de l'essai est disponible sur le site http://www.herbe-fourrages-limousin.fr/

Source Réussir Bovins Viande

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Commentaires 4

Daniel COMTE

pas la peine des techniciens des chambres d'agriculture pour savoir ça ! avec un peu de bon sens on arrive à la même conclusion . les techniciens ne sont pas sur le terrain et ne voient bien souvent que le coté théorique

viandeAB

Après la croissance négative nos politiques nous pondent les 100% français avec 50% de lait français et 92% de viande; après on va dire que nos enfants ne savent pas compter !!!!!

tom63

+1 pour moyen àge

moyen age

cette étude ne parle que de rendement , de rentabilité, de mat sèche ,de technique... mais pas de vie du sol !10 à 15 pour cent par terre nourrit gratuitement la terre et aidera au rendement de l'année d'après!(mais la ,pas d'étude!)ho la la si le paysan n'enrichit pas les vendeurs d'intrans à quoi sert il donc????DEUXIEMEMENT 15 pour cent de moins de fourrage accompagné de moins 15 pour cent de vaches...ho la la les cours vont monter et le paysan ne va plus enrichir la filière aval!non le mieux c'est que le paysan continu d'écouter tous les experts.........ou pas!

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