Le Sniv-SNCP dit « oui à l’exportation, sans affaiblir nos entreprises »

Sophie Bourgeois - Réussir Bovins Viande Novembre 2011

Chargement de bovins viande au petit matin. (J.-C. Gutner)
Pour le Sniv-SNCP, l’exportation comporte autant d’exigences commerciales que le marché intérieur. C’est tout le contraire du dégagement de marché.

Le modus operandi des exportations divise la filière. À l’occasion de l’assemblée générale du syndicat des entreprises françaises des viandes, le ton est monté.

Le poids des adhérents du Sniv-SNCP en 2010

. 67 % des abattages français de gros bovins. 10,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires toutes espèces animales confondues.. 35 000 salariés environ

L es entreprises françaises de viandes ont fermement affirmé, à l’occasion de l’assemblée générale du Sniv-SNCP fin septembre, leur ambition pour développer l’exportation. Mais le syndicat se positionne pour une exportation créatrice d’emplois et de richesse en France. « Cela nécessite de ne pas affaiblir l’industrie française des viandes en exportant des animaux vivants, sous peine d’enclencher une baisse d’activité des abattoirs et à terme la fermeture des bassins de production. Il est important de réfléchir à un modèle qui ne détruise ni nos savoir-faire, ni nos emplois, ni nos industries », a expliqué le président Jean-Paul Bigard. Le Sniv-SNCP insiste sur la nécessité de maintenir d’abord de « bons aplombs » sur notre propre marché intérieur. Le marché français est le premier marché de consommation de viande en Europe.
Il appelle à cesser de faire l’amalgame entre la conjoncture et la consolidation de la filière. Pour le syndicat, transférer des volumes hors de nos frontières peut marcher un temps pour modifier de façon ponctuelle les équilibres entre l’offre et la demande. Mais cela ne résout pas les problèmes structurels internes, qui se régulent à l’échelle européenne. Jean-Paul Bigard a souligné que les entreprises françaises de viandes poursuivent une restructuration dont dépend le tissu d’entreprises qui font la filière viande.

Source : Sniv-SNCP d'après FranceAgrimer

Solde français en viande bovine

Contractualisation

« L’audit des abattoirs présenté par FranceAgriMer relève que la part des abattoirs spécialisés en bovins est passée de 51 % du tonnage en 2001 à 71 % en 2010. Et que les petits abattoirs locaux, qui sont peu soumis à la pression concurrentielle des abattoirs plus importants, continueront de jouer un rôle d’aménagement du territoire — à condition de régler leurs problèmes d’investissement et de diversifier leurs compétences. » Jean-Paul Bigard a aussi réitéré son appel aux entreprises de la FNICGV à l’unité syndicale.
Dans le même registre que celui de l’exportation, Jean-Paul Bigard a précisé que la vraie contractualisation résulte pour lui d’un engagement réciproque, librement consenti et productif de valeurs. « Développer et généraliser des partenariats constitue une première étape constructive : sur la base de cahiers des charges, de volumes sécurisés pour une catégorie donnée, avec une saisonnalité des livraisons et un prix toujours en corrélation avec la réalité du marché. »
Ce type de partenariats moderniserait les relations fournisseurs – clients de la filière. Les entreprises des viandes estiment ne pas avoir les reins assez solides pour apporter seules les sécurités économiques attendues par les éleveurs face aux aléas agricoles et à la volatilité des prix.

Protection et promotion du steak haché

Le syndicat est aussi revenu sur ses actions pour le soutien du steak haché – qui représente 25 % de la consommation totale de viande bovine en France. À la suite de l’épisode de contamination par E. coli en juin dernier, Nathalie Veauclin, directrice du pôle scientifique et technique du Sniv-SNCP, a rappelé l’importance de se fédérer autour des bonnes pratiques d’hygiène. « Les cas de contamination à E. coli de 2005 avaient été un choc et nous avaient rassemblés. » Un cahier des charges intitulé Plan de maîtrise des E. coli pathogènes, en trois volets avait été alors établi. Depuis 2008, des audits portant sur 160 points ont été réalisés par un cabinet indépendant dans les deux tiers des sites de production de viande hachée des adhérents du Sniv-SNCP. L’objectif est qu’en 2012, tous les sites aient été audités. Chacun a pu se positionner et une foule d’information a été mutualisée. Depuis cet été, la mobilisation sur le dossier est maximale. « On progresse au fur et à mesure de l’amélioration de nos connaissances », explique Nathalie Veauclin.
Dans le cadre de la première semaine de l’industrie, Elivia a ouvert au printemps dernier les portes de son usine de steak haché à deux classes de CM1 et CM2. « Les enfants ont posé beaucoup de questions, affûtées et naturelles. Ils ont souhaité tout voir, y compris la première transformation. Malgré les contraintes de sécurité, assez stressantes pour tout le monde, cette expérience a été très positive, notamment pour les salariés », a relaté Alain Basquin, directeur d’Elivia.
Améliorer les conditions de travail des 35 000 salariés des entreprises est d’ailleurs un autre axe important de l’action du Sniv-SNCP. L’industrie des viandes est en effet caractérisée par des taux assez important d’absentéisme, de risque de maladies professionnelles et de risque d’accidents du travail. Une charte été signée avec la Caisse nationale de l’assurance maladie pour une démarche d’amélioration des conditions de travail par l’écoute. Les efforts pour le renouvellement de la pyramide des âges dans les entreprises se poursuivent (une formation par alternance a été lançée en 2005) et en 2012, le syndicat travaillera à accompagner les salariés dans l’évolution de l’âge du départ à la retraite. 

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