Le sorgho, parce qu’il le vaut bien

Cyrielle Delisle - Réussir Bovins Viande Avril 2013

 Le sorgho, parce qu’il le vaut bien
Le sorgho intéresse les éleveurs en zone sèche. © Arvalis - Institut du Végétal

Le sorgho a été introduit en France, dans les années 1960, par des chercheurs de l’Inra, afin de proposer une culture d’été ayant une bonne tolérance à la sécheresse.

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 Le sorgho, parce qu’il le vaut bien
© S. Bourgeois

Voir dossier de Réussir Bovins Viande d'avril 2013. RBV n°203, p. 20 à 31.

Le développement du sorgho ensilage sur le territoire français est récent. Il le doit notamment à sa rusticité et à un grand nombre d’innovations ces dernières années », explique Jean-Louis Hubsch, vice-président de Pro Sorgho(1) association regroupant huit sociétés semencières impliquées dans la sélection et/ou la commercialisation de variétés de sorgho (Barenbrug, Caussade Semences, Euralis Semences, RAGT Semences, Semence de Provence, Jouffray Drillaud, Semences de France et Semental). Ainsi, les surfaces de sorgho ensilage sont passées de 3000 hectares en 2003 à 20 000 en 2012. « Le sorgho ensilage a en effet connu un essor après la canicule de 2003, période pendant laquelle des agriculteurs produisant du sorgho fourrager pour le pâturage ou l’enrubannage se sont mis au sorgho ensilage pour compenser un manque d’herbe après les fauches. De plus l’arrivée des variétés type BMR (Brown Mid Rib = Nervure brune) a permis d’augmenter de façon  significative la valeur alimentaire. Et, depuis trois ans environ, une seconde évolution s’est fait sentir : le choix du sorgho comme culture principale », précise Yannick Landrevie, spécialiste sorgho chez Barenbrug.
Cette culture d’été a la capacité de pousser et de donner des rendements en matières sèches intéressants, dans des conditions séchantes ou limitantes (contraintes d’irrigation ou pas d’irrigation possible). « Elle intéresse donc les éleveurs des zones sèches pour sécuriser leur système fourrager à moindre coûts (moins d’intrants, semences moins chères). On estime l’économie de charges à 100 € à l’hectare par rapport à un maïs (chiffre 2011) », poursuit Yannick Landrevie. Par contre, en conditions non limitantes en eau, le maïs reste plus intéressant. Ainsi, que ce soit au silo ou à l’auge, le sorgho est une culture complémentaire du maïs. Il permet de diversifier la sole fourragère et est bien valorisé par les animaux.

De nombreux atouts agronomiques pour le sorgho

Le sorgho se rapproche d’un maïs, à quelques caractéristiques près, ce qui en fait une plante rustique avec une bonne efficience par rapport à l’eau. Il tire cette qualité de deux capacités complémentaires : il utilise au mieux les réserves en eau du sol et régule son évapo-transpiration. « Grâce à un système racinaire développé qui descend jusqu’à 1,5 -1,6 mètre de profondeur contre un mètre pour le maïs, il est capable d’extraire environ 500 m3 par hectare d’eau du sol soit 50 millimètres de plus qu’un maïs, réduisant ainsi ses besoins en eau de 30 à 40 % par rapport à un maïs. Sa phase de sensibilité au déficit hydrique est réduite : la période de stress hydrique s’étale sur seulement 20 à 25 jours pour le sorgho contre 40 à 50 jours pour le maïs », observe Yannick Landrevie. D’autre part, le sorgho produit une substance cireuse sur son système foliaire, poudre blanche, appelée cérosie qui limite l’évapotranspiration. Quand il y a de grosses chaleurs, la plante se met en veille et repart en conditions plus propices. Ainsi, en conditions limitantes, le sorgho peut produire entre 10 et 18 tonnes de MS, 20 à 30 % de MS de plus qu’un maïs. D’un point de vue cultural, le sorgho nécessite un semis plus tardif qu’un maïs. Par ailleurs, c’est une culture n’exigeant que peu de produits phytosanitaires et peu gourmande en azote. « Autre particularité, le sorgho offre une sécurité, car il a été démontré que son rendement est plus régulier et stable qu’un maïs », note Yannick Landrevie. Plus récemment, il est également préconisé comme une alternative dans les zones où la chrysomèle est présente et ne subit pas les attaques de sangliers. Il s’intègre parfaitement dans une rotation sorgho - tournesol - céréales ou sorgho - céréales et sa zone de culture s’étend de la Vallée du Rhône au Languedoc-Roussillon, des Pays de la Loire au Sud-Ouest et Centre-Ouest. 


(1) L’association réalise des travaux en commun sur le progrès génétique en sorgho, développe des partenariats avec les autres intervenants de la filière - Arvalis, Inra et Cirad et met en place des actions de promotion pour le développement de la culture du sorgho en France.

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