Le suivi sanitaire de la faune sauvage creusoise : Résultats 2010/2011 – Perspectives 2011/2012

S. QUINIO/ F. LETELLIER/ E. GUILLEMOT/ D. GUERIN

Le suivi sanitaire de la faune sauvage creusoise : Résultats 2010/2011 – Perspectives 2011/2012

Le groupe de travail, composé de la DDCSPP23, du LDA d'Ajain, de GDS Creuse et de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Creuse, a poursuivi ses investigations pour la saison 2010-2011.

Grâce au réseau de chasseurs qui assure les prélèvements sur les animaux tués à la chasse, le contrôle du statut sanitaire de la grande faune sauvage s'est poursuivi sur 2010/2011. Les recherches ont été orientées en fonction d'actualités sanitaires (maladie d'Aujesky), du suivi triennal (BVD, parasitoses) et d'obligation réglementaire (trichine).

Une levée de l'alerte maladie d'Aujesky sur les sangliers

Du fait de l'arrêt de l'obligation de dépistage de la maladie d'Aujesky sur les truies, cette recherche a été effectuée sur les sangliers en 2009/2010. Sur les 57 prélèvements alors effectués, un s'était avéré positif avec confirmation de ce résultat au Laboratoire National de Référence. Face à cette situation, la recherche a été renforcée en 2010/2011 sur la zone concernée (ouest de la Creuse) afin d'infirmer ou confirmer ce risque infectieux. Les 39 prélèvements effectués, dont 25% sur le périmètre visé, se sont avérés négatifs et permettent de lever cette alerte. Cette maladie continuera à être surveillée dans le cadre du suivi triennal.
En raison des obligations réglementaires relatives à leur consommation, la recherche de la trichine a été poursuivie. De nouveau, l'ensemble des résultats s'est avéré négatif.

Une absence de circulation virale BVD chez les chevreuils qui se confirme

Sachant que le virus de la maladie des muqueuses peut être théoriquement hébergé et diffusé par les ruminants sauvages et que des origines de contamination de certains cheptels ne peuvent être totalement élucidées, le suivi régulier de la population de chevreuils vis à vis de cette maladie constitue une donnée épidémiologique intéressante. Une centaine de chevreuils et une trentaine de cerfs sur l'ensemble du département ont été contrôlés. Chaque prélèvement a fait l'objet d'une analyse virologique et sérologique avec une prise en charge des analyses par le laboratoire Merial. L'ensemble des résultats s'est révélé négatif confirmant ainsi ceux obtenus lors des recherches précédentes.

Une confirmation de retour vers la normalité pour la contamination en strongles

Alors qu'en 2004/2005, les résultats avaient montré une contamination en strongles digestifs avec de bas niveaux de comptages d'oeufs, les résultats 2007/2008 avaient indiqué une évolution significative avec des variations importantes. Face à cette problématique, en 2008/2009, la surveillance s'était poursuivie. Les résultats ont alors montré un retour vers la normale des taux d'infestation en strongles. Un travail de thèse, mené parallèlement, avait montré une contamination des chevreuils prélevés par des espèces normalement spécifiques aux bovins, notamment Ostertagia ostertagi, strongle majeur chez les bovins. Son rôle direct ou indirect pouvait expliquer l'apparition de diarrhée chez le chevreuil. Cela confirmait également que la faune sauvage est souvent un reflet de l'évolution des infections ou infestations observées sur les animaux de rente. Les résultats 2010/2011 confirment ce retour à la normalité en matière de niveau d'infestation des chevreuils par les strongles (voir tableau « Strongles – Comparatif »).

Une infestation en douves faible, un reflet de l'évolution chez les animaux de rente

Pour les trématodes (grande douve, petite douve, paramphistome), les résultats montrent une faible infestation. Pour la grande douve, seuls 4% des animaux présentent un résultat positif avec un niveau moyen faible de ponte de 15 oeufs par gramme de fèces. Pour la petite douve, nous sommes à 13% de résultats positifs avec un niveau moyen très faible à 30 oeufs par gramme de fèces. Pour le paramphistome, la proportion observée est de 5% de résultats positifs avec, là aussi, un niveau bas de 50 oeufs par gramme de fèces. Les pourcentages d'animaux trouvés infestés en petite douve ou en paramphistomes sont identiques à ceux de 2007/2008. Comme ci-dessus, cela confirme que la faune sauvage s'avère être un reflet de l'évolution des infections ou infestations observées sur les animaux de rente et non une source de contamination. Ainsi, le taux de chevreuils trouvés infestés en paramphistome reste faible à 5% alors que ce parasite est observé depuis plus de 10 ans avec une présence majoritaire en bovins et devient significative en ovins.
Pour les 28 cerfs prélevés, la situation est encore plus favorable, seuls deux animaux présentent un résultat coprologique positif en grande douve, aucun en petite douve et un en paramphistome. En matière de strongles digestifs, l'ensemble des résultats est négatif ou ne dépassant pas 30 oeufs par gramme de fèces.

La sérothèque nationale faune sauvage, une participation active de la Creuse

Sous l'égide de la Fédération Nationale des Chasseurs, la Creuse participe à la constitution de la sérothèque nationale mise en place depuis la campagne 2009/2010 à partir d'animaux de chasse (prélèvements de sang et de rate). Le but est de constituer un « patrimoine biologique » pouvant être utilisé à tout moment en cas de besoin. Une vingtaine de fédérations participe à cette action (voir carte). Les prélèvements, conservés plusieurs années au congélateur, peuvent être ainsi ressortis pour rechercher telle ou telle maladie en remontant dans le temps. Nous possédons ainsi un véritable patrimoine qui nous permet de connaître la position ou le statut de la faune sauvage face à des maladies qui peuvent poser des problèmes aux troupeaux domestiques ou aux populations humaines. Nous envisageons la collecte d'une cinquantaine d'échantillons par an et par espèce représentative du département. En Creuse, les espèces suivantes sont ciblées : sanglier, renard, blaireau, cerf, chevreuil, lièvre, lapin de garenne, ragondin. Les personnes intéressées par ce travail peuvent prendre contact auprès du service technique de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Creuse.

La réglementation et les actualités (tuberculose, ehrlichiose), bases des recherches 2011/2012,

Pour les sangliers, du fait des obligations réglementaires relatives à leur consommation, la recherche de la trichine va être poursuivie. En raison de l'alerte tuberculose dans certains départements et du rôle épidémiologique que peut jouer le blaireau, des examens vont être effectués sur une cinquantaine d'individus. Enfin, face à l'évolution de l'incidence observée en matière d'ehrlichiose, un suivi sérologique va être effectué sur une centaine de chevreuils.

Le suivi sanitaire de la faune sauvage, un outil utile pour tous

Le niveau de surveillance sanitaire de la faune sauvage, en place en Creuse depuis 1996, permet la remontée de résultats intéressants au regard du statut du gibier en matière de zoonoses et de maladies communes aux espèces sauvages et domestiques. Il représente un outil d'alerte éventuelle, aussi bien pour les gestionnaires de la faune sauvage, que ceux de la santé humaine et animale, d'où sa poursuite avec son adaptation en fonction des besoins. Il est entré maintenant dans une phase de suivi où la synergie des différents intervenants permet un fonctionnement optimal. N'hésitez pas à nous contacter pour tout commentaire, suggestion ou demande.

Source FDC / DDCSPP / LDA / GDS Creuse

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