Les GDS corses jouent un rôle de sentinelles sanitaires

R. Saint-André

De gauche à droite : Francis Baraillé (GDS 15), Jérôme Zanettacci (GDS Corse du sud), Michel Combes (GDS 15), Jacky Colle (GDS Haute-Corse) et Alain de Haes (GRDS région Corse).
De gauche à droite : Francis Baraillé (GDS 15), Jérôme Zanettacci (GDS Corse du sud), Michel Combes (GDS 15), Jacky Colle (GDS Haute-Corse) et Alain de Haes (GRDS région Corse).

Région de montagne, friande de races rustiques, la Corse a bien des similitudes avec le Cantal.

 

Deux départements qui forment une région. La Corse, que sa situation géographique et son insularité rendent atypique. Y compris au niveau sanitaire, comme l’ont confirmé les responsables des Groupements de défense sanitaire (GDS) lors du jumelage qui unit leurs structures à leur homologue du Cantal.  Durant trois jours, une délégation d’une vingtaine de personnes issues des GDS de Haute-Corse et de Corse du sud ont visité des exploitations cantaliennes, de la production fromagère fermière à l’élevage allaitant de salers et à leur tour, présenté leurs spécificités, insistant sur une forme de complémentarité. “Notre position stratégique, la plus au sud du territoire français, fait de nous des sentinelles”, expliquent Jérôme Zanettacci et Jacky Colle, éleveurs allaitants et présidents des GDS corses. L’épisode de la fièvre catarrhale (FCO) illustre bien leurs propos : si la crise a connu son pic en 2007, les premières alertes sur l’île étaient signalées dès 2000.

Alerter à temps

 

“Nous sommes particulièrement vigilants à l’égard des maladies émergeantes liées au réchauffement climatique et qui remontent du Maghreb ou qui viennent de la Sardaigne voisine”, assure Jérôme Zanettacci. “En traitant en amont, nous pouvons contribuer efficacement à empêcher un virus de se répandre sur le continent”, précise Jacky Colle. Autant dire que l’état de veille est permanent sur l’Île de beauté. En échange de quoi, la Corse attend du national de pouvoir profiter de la mise en place d’éventuels réseaux épidémiologiques, dans lesquels elle a toute sa place. “Il n’y a pas de barrière, pas de frontière entre le continent et nous”, insiste M. Zanettacci. “Il convient même de sortir notre région de son isolement”, ajoute Alain de Haes, directeur du GRDS corse. “Nous avons besoin d’informations techniques et sanitaires.”

Une première nationale

 

Une remarque qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Michel Combes, président du GDS 15, est aussi président national des groupements de défense. “Nous avons intérêt à travailler avec la Corse, une région qui par certains côtés nous ressemble un peu. C’est un pays de montagne avec des races bovines rustiques.” Et d’insister pour que change l’image de la Corse et son cortège de clichés sur les animaux qui divaguent, mal identifiés...  “Ce sont au contraire des éleveurs qui ne cherchent qu’à se développer et qui s’intéressent à nos races emblématiques salers et aubrac”, justifie encore Michel Combes. Le président du GDS de Haute-Corse ne le contredira pas : il croise en effet les vaches corses avec des aubracs.  Le symbole de ce jumelage entre les GDS de Corse et celui du Cantal. Une première en France.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires