« Les grandes surfaces veulent se démarquer »

Propos recueillis par Bernard Griffoul - Réussir Bovins Viande Mars 2012

« Les grandes surfaces veulent se démarquer »
Jean-Yves Renard, président de la FNCAB. © F. d'Alteroche

Les concours sont devenus pour les éleveurs la meilleure façon de vendre les très bonnes bêtes et, pour les grandes surfaces, le meilleur moyen de se différencier. Trois questions à Jean-Yves Renard, président de la FNCAB, Fédération nationale des concours d'animaux de boucherie.

1 - Pourquoi le concours de Baraqueville s’est-il développé si rapidement ?

Au départ, il a eu l’avantage d’être un des seuls pour le Sud de la France. La fédération a toujours été favorable à ce qu’il s’en crée dans le Sud parce ça manquait vraiment. Les plus proches étaient ceux du Charolais. Depuis, d’autres se sont ajoutés. Cela correspond à la demande des supermarchés et des bouchers qui veulent des animaux locaux. Et, malheureusement, aujourd’hui, il n’y a plus que les concours pour revaloriser au mieux la viande de haute qualité. Avant, ils étaient vendus aux bouchers du coin. Maintenant, les grandes surfaces veulent bien acheter plus cher mais à condition qu’il y ait une plaque pour la promotion. Un animal sans plaque ne vaut plus rien. Donc, les éleveurs les préparent un peu plus et les amènent sur les concours. C’est entré dans les mœurs. C’est aussi ce qui a permis à des concours comme Baraqueville de prendre de l’ampleur.

2 - Qui achète les bêtes présentées dans les concours ?

Les grandes surfaces doivent faire de 85 à 90 % des achats. À Evron (Mayenne), sur 610 bêtes, seulement 50 sont tuées chez des bouchers. Ceux-ci ne sont présents que dans quelques villes comme Baraqueville, Valenciennes, Varennes-sur-Allier, Feurs, Roanne… Ailleurs, ils achètent peu de bêtes. Alors que de plus en plus de grandes surfaces mettent de la bonne viande dans leur magasin. J’en connais certaines, vers Agde, qui font jusqu’à soixante bêtes de concours dans l’année, c’est-à-dire pendant presque dix mois. Et, au-delà des dates traditionnelles, des enseignes tablent maintenant sur des fêtes intermédiaires, comme la Pentecôte ou la Toussaint. L’une d’entre elles veut même faire des bêtes de concours pendant la foire aux vins.

3 - Les concours ne deviennent-ils pas une sorte de label, sans la contrainte d’un cahier des charges, pour les grandes surfaces ?

Ce n’est pas un label au sens propre, avec un cahier des charges, mais certainement une reconnaissance et une façon de se démarquer. Dans les villes où il n’y a plus beaucoup de bouchers, proposer de la viande de haute qualité est une bonne façon de faire rentrer les clients dans le magasin. Souvent, les grandes surfaces ne répercutent pas le prix d’achat de ces animaux à la vente. Elles laissent la viande au même prix toute l’année.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires