Les mouches en élevage : Un protocole de lutte complet à adapter à son site

Aurélien LEGRAND / Dr Didier GUERIN

Les mouches en élevage : Un protocole de lutte complet à adapter à son site

Les insectes sont des parasites majeurs en production animale. En période estivale, les mouches représentent le danger le plus observé.

Les mouches sont le parasite le plus fréquent sur les animaux de rente dans les bâtiments d'élevage. Cela concerne les productions suivantes : engraissement et production laitière en élevages bovins, porcins, caprins, ovins... La mouche est un vecteur ou un hôte intermédiaire de virus, bactéries ou parasites (ex : la mouche d'automne appelée Musca autumnalis porteur du germe Moraxella bovis est vecteur de la Kérato conjonctivite infectieuse des bovins). De plus, cet insecte est une cause de diminution notable de production de lait ou de viande (pour les bovins : 550g/j en production laitière, 90 à 200 g/j en production viande), du fait de l'énervement des animaux et de l'énergie passée par ceux-ci à essayer de les éloigner.

Une importante capacité de reproduction

On recense en France environ 600 espèces de mouches. L'espèce la plus répandue est la mouche domestique (Musca domestica). La vie moyenne d'une mouche femelle est de 21 jours et de 17 jours pour les mâles. Durant son stade adulte elle pond entre 600 et 2.000 oeufs. Les larves issues de ces oeufs, pour assurer leur développement, nécessitent des conditions favorables : température, humidité et nourriture (matières organiques) suffisantes. De plus, la larve doit se trouver dans un lieu tranquille. La durée de son cycle de reproduction varie selon la température, d'environ 50 jours à 16°C, il passe à 8-12 jours à 25-30°C.

Une maitrise de l'hygiène indispensable pour une lutte rapide et efficace…

La prévention contre les insectes s'insère dans un schéma d'hygiène générale du bâtiment d'élevage, de son environnement propre et des animaux. Le maintien de la population des mouches à un seuil acceptable demande une action à tous les stades de leur développement. En conséquence, la prévention et la lutte demandant d'abord d'éliminer, au maximum, les éléments pouvant servir de zones de pontes (fumiers, fientes, parties solides présentes en surface des fosses..) dans les bâtiments d'élevage et leur environnement avant les 1ères chaleurs.

 

… un traitement larvicide pour limiter la pullulation, 90% des mouches sont autochtones...

Traiter les zones restantes favorables au développement des oeufs dès le début de la ponte (lorsque la température atteint 8°C) avec un produit larvicide : ce sont les endroits où le fumier n'est pas piétiné et tassé par les animaux : périphérie des bâtiments et des poteaux sur 50 cm, sous les mangeoires, près des bacs à eau, tas de fumier, périphérie des fosses et arrivées de purin. Il est plus aisé de détruire 500 larves que 500 mouches. Les traitements seront mis en place et renouvelés dès que les appâts indiquent une présence de mouches. Rappelons que si la mouche a déjà pondu avant d'être tuée, 10 jours plus tard, les 600 à 2.000 oeufs auront donné naissance à de nouvelles mouches. La maîtrise sera d'autant plus efficace que la lutte aura commencée tôt. 90% des mouches présentes dans l'élevage sont nées dans celui-ci. Le traitement doit être renouvelé toutes les six semaines pour assurer la maîtrise.

… une action complémentaire sur les mouches adultes dans les différents lieux..

Pour traiter le plus efficacement possible les mouches adultes, il faut tenir compte du fait qu'elles aiment se poser sur des surfaces claires, en haut des parois et qu'elles n'aiment pas les courants d'air. Ainsi, en salle de traite par exemple, un ventilateur ou un brasseur d'air repousse les mouches. On limitera les traitements aux lieux qu'elles affectionnent.

… avec appâts, pièges, DEIV (désinsectiseurs électriques des insectes volants) en complément des traitements…

Les appâts ou pièges représentent un complément intéressant en tant que révélateur de niveau de population et, ainsi, indicateur de nécessité de mise en place d'un traitement. De plus, ils peuvent être utilisés dans des zones où les pulvérisations ne peuvent être réalisées. Farago Creuse dispose d'une large gamme de DEIV répondant ainsi aux problématiques rencontrées par chacun au sein de leurs bâtiments d'élevage. Ces destructeurs d'insectes peuvent s'installer dans des endroits stratégiques (box à veaux de lait, nurserie, salle de traite, ateliers de découpe et de transformation…).
Enfin, l'action sur les animaux passe le plus souvent par l'application régulière (toutes les 4 à 6 semaines) de “ pour-on ” insecticides sur les bovins pendant la période estivale.

Un plan de lutte à élargir à l'ensemble du site, habitations comprises

Afin de limiter la multiplication et les risques de déplacements des populations au sein des bâtiments voisins, il est nécessaire de réaliser un traitement préventif sur ces derniers. La maison d'habitation peut être elle-aussi la cible des mouches, elle sera donc également intégrée dans le protocole afin d'optimiser les résultats mais aussi pour améliorer les conditions de vie des habitants lors des périodes estivales.

Des éléments de maîtrise à ne pas négliger

La lutte contre les mouches est essentiellement chimique avec des possibilités de compléments mécaniques. L'application des différents traitements demande un respect strict de la quantité apportée par m². Le volume nécessaire dépendra de la porosité de la surface à traiter (parpaing, béton, bois, lisier, paille...). Le ruissellement est à éviter afin que la substance insecticide reste bien sur la paroi traitée. Les critères de choix intègrent deux paramètres : efficacité contre les mouches (effet immédiat / éloignement des mortalités, rémanence) et absence de toxicité ou résidus pour l'environnement.

Un choix des produits à utiliser

Les larvicides sont utilisés dans les zones de ponte des mouches. Ils seront mis en place et renouvelés dès que les appâts indiquent une présence de mouches. Au niveau du bâtiment, l'action associera la pulvérisation d'insecticides et la pose d'appâts ou pièges. Ils doivent présenter une bonne rémanence d'action.

Un mandatement de Farago Creuse par GDS Creuse pour définir son plan d'action

Le contrôle de la population des insectes représente un paramètre indispensable d'un point de vue sanitaire et économique. Le programme de lutte doit être raisonné en fonction des caractéristiques de l'élevage et de ses objectifs. GDS Creuse, à travers sa filiale Farago Creuse est au service des élevages pour définir le plan de lutte et fournir les éléments et les produits nécessaires à sa réalisation afin qu'elle soit la plus efficace possible (larvicides, adulticides, DEIV...).

Source GDS de la Creuse

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