Les questions relatives à la vaccination fièvre catarrhale à court terme : Vaccination fièvre catarrhale des bovins et, maintenant, des ovins

Dr Didier GUERIN / Christian PETIT / Marien BATAIL

Nombre d'éleveurs nous contactent au GDSCC au sujet de la vaccination fièvre catarrhale. Cet article apporte des réponses aux questions les plus souvent posées pour les problématiques à court terme.

Face à l'épizootie de fièvre catarrhale sérotype 8 que connait l'Europe du Nord depuis presque deux ans, l'objectif principal que constitue la mise en place de la vaccination sur l'ensemble du cheptel de souche a pu débuter de manière importante. Cependant, nombre d'interrogations existent. Face à cette situation encore difficile, ce 1er article fait le point sur les principales questions à caractère immédiat posées au cours des très nombreux appels reçus au GDSCC. Un prochain article abordera les problématiques à moyen terme.

Pourquoi les vaccins n'ont-ils pas été disponibles plus rapidement ?

Deux phases interviennent : tout d'abord la conception du vaccin, ensuite sa production. En ce qui concerne la mise au point d'un vaccin, le délai habituel est de 5 ans pour une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). En raison de l'urgence de la situation et de l'existence préalable de vaccins vis à vis d'autres sérotypes de la fièvre catarrhale (2 et 4 en Corse), pour une Autorisation Temporaire d'Utilisation (ATU), ce délai a pu être diminué à 18 mois qui correspond à la durée minimale incompressible nécessaire pour obtenir les éléments indispensables d'innocuité et d'efficacité. La maladie étant apparue en août 2006, prise en compte en septembre, le vaccin a pu être mis en fabrication à grande échelle 18 mois plus tard, soit en mars 2008. Ensuite, les chaines de production ont des capacités importantes mais dans certaines limites. De plus, chaque lot produit doit satisfaire aux contrôles qualité. Les besoins nationaux ont été estimés à 30 millions de doses bovines et 11 millions de doses pour les petits ruminants.

Quels sont les délais d'approvisionnement pour le département ?

Dans le schéma national de répartition des doses, la livraison de la dotation globale pour la vaccination du cheptel de souche en Creuse, soit pour 273.300 bovins, était prévue courant juin. Intervet, laboratoire fournisseur du vaccin pour les bovins, bénéficiant d'une légère avance en matière de doses disponibles, une 1ère allocation de 85.000 doses pour le cheptel de souche plus 8.100 doses pour les broutards (quota alloué au département lors de chaque livraison au niveau national) ont été fournies aux vétérinaires la 1ère semaine de juin. Grâce à la mobilisation importante des éleveurs et vétérinaires, ces vaccins ont rapidement été utilisés. Dans la semaine suivante, 43.000 doses supplémentaires ont été livrées. Selon le communiqué de la DGAl de ce 23 juin, une partie d'un lot vaccinal permettant la vaccination de 450.000 animaux (le reste du lot soit 2.600.000 doses n'a pas satisfait aux contrôles qualité et a été détruit) est actuellement mis à disposition. Ce lot devrait permettre la mise à disposition de 300.000 doses pour les animaux destinés aux échanges, dont 8.100 pour la Creuse et la poursuite de la dotation des départements programmés en juin. Suite aux dernières informations communiquées, les prochains lots de vaccins pourraient être livrés semaines 27 et 28 pour respectivement 2 et 4 millions de doses. Ces deux lots permettraient de délivrer la totalité de la dotation des départements (dont la Creuse) dont la vaccination était programmée en juin. Rappelons qu'à chaque livraison pour les bovins, les doses nécessaires pour le rappel sont mises systématiquement en réserve.

Qu'en-est-il pour les ovins ?

Pour les petits ruminants, un lot permettant la vaccination de 3.113.000 animaux (vaccin Merial) sera mis à disposition des départements concernés fin juin. Ce lot devrait permettre la mise à disposition aux départements programmés en juin d'une partie seulement des doses qui leur seront attribuées (mise à disposition d'environ 40% de la dotation totale). Par ailleurs, des informations reçues de Merial laissent penser que la livraison de juillet pourrait intervenir en toute fin de mois.

 

Concrètement, quels sont les animaux à vacciner ?

Dans cette période de gestion de pénurie de vaccin mais aussi de difficulté de rassemblement des animaux, il est important de cibler la vaccination sur les catégories qui la nécessitent. D'un point de vue sanitaire, chez les bovins, le point essentiel est la protection de la fonction de reproduction qui s'avère être la principale touchée. D'un point de vue commercial, c'est avoir la possibilité d'exporter. En conséquence, sont à vacciner exclusivement les femelles reproductrices de plus de 24 mois, les taureaux et les veaux de plus d'un mois susceptibles d'être exportés. Chez les ovins où l'atteinte peut être plus conséquente, notamment en termes de mortalité et de nombre d'individus malades, c'est l'ensemble des reproducteurs (toutes les brebis et tous les béliers mais aussi toutes les jeunes agnelles destinées au renouvellement ou à l'accroissement du cheptel).

 

Les reproducteurs destinés au testage ou à l'exportation doivent-ils être vaccinés ?

Pour ce point, il est recommandé de se rapprocher des opérateurs concernés. En effet, des exigences et précautions particulières peuvent exister, notamment pour les rentrées en centre d'insémination ou certaines exportations. De plus, les conditions peuvent varier en fonction des races.

Quels sont les principaux délais à respecter ?

La primovaccination nécessite pour le vaccin Merial (utilisé sur les 1ers broutards vaccinés) deux injections à 30 jours d'intervalle plus ou moins 3 jours et pour le vaccin Intervet (maintenant utilisé sur les bovins) deux injections à 21 jours d'intervalle plus ou moins 2 jours. Cette vaccination n'est reconnue dans le cadre des échanges que 60 jours après la 2ème injection. Ce délai peut être réduit si le bovin est soumis à un dépistage virologique 37 jours minimum après la 2ème injection et 7 jours maximum avant sa commercialisation.

Faut-il vacciner les animaux à l'engraissement ?

Cette catégorie d'animaux n'est pas concernée actuellement par la vaccination ni d'un point de vue sanitaire, notamment pour les animaux en stabulation, ni d'un point de vue commercial, les exigences pour être abattus dans un autre pays, notamment en Italie ne portent pas sur la vaccination mais sur les conditions de transport et d'abattage.

La vaccination fièvre catarrhale peut-elle entraîner des effets secondaires ?

D'une part, ces vaccins présentent une même base que d'autres vaccins déjà existants utilisés à grande échelle que ce soit pour d'autres sérotypes de fièvre catarrhale ou des maladies différentes. D'autre part, ces vaccins, dans le cadre de leur ATU, ont été testés de manière spécifique sur l'innocuité, notamment par rapport à l'impact sur la reproduction des mâles (qualité de la semence…) ou des femelles (mortalités embryonnaires, avortements…). De plus, les départements du nord où la vaccination est largement engagée et où nombre de vaches se trouvent en fin de gestation (départements laitiers) n'ont pas signalé de problématique particulière en relation avec cette vaccination.

En conclusion, une mobilisation à poursuivre

Malgré les difficultés de cette vaccination du cheptel de souche, cette mobilisation de tous doit se poursuivre pour atteindre la protection du plus grand nombre d'animaux afin de limiter au maximum l'impact de cette maladie alors que nous nous situons dans une zone à hauts risques puisqu'étant en limite du front d'avancée de l'épizootie. Pour plus de renseignements, contacter votre vétérinaire sanitaire ou le GDSCC.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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