Les systèmes fourragers soumis aux aléas climatiques

Sophie Bourgeois - Réussir Bovins Viande Mars 2012

Les systèmes fourragers soumis aux aléas climatiques

Du fait des deux sécheresses consécutives, les systèmes fourragers des élevages bovins viande ont eu tendance à devenir structurellement déficitaire. Une étude réalisée par les réseaux d’élevage Pays de la Loire-Deux-Sèvres semble le démontrer.

La répétition d’années climatiques exceptionnelles a-t-elle un effet mesurable sur les systèmes fourragers en région Pays de la Loire au cours des dernières années ? C’est ce qu’approche une étude réalisée sur un groupe de 57 élevages spécialisés de la région Pays de la Loire-Deux Sèvres, comprenant des naisseurs, naisseurs engraisseurs avec ou sans achat de broutards et des engraisseurs spécialisés sur les années 2007 à 2010.
« Le chargement apparent, exprimé en UGB par hectare de SFP, est resté globalement stable pour ces élevages. Par contre, la part de la surface en herbe s’est effritée, en particulier chez les naisseurs engraisseurs intensifs », observe Romain Guibert de la chambre d’agriculture de Mayenne. Seuls les naisseurs extensifs ont eu tendance à baisser légèrement en chargement apparent et à ne pas laisser l’herbe perdre de terrain dans l’assolement.
Si l’on s’intéresse au chargement corrigé, qui représente le niveau d’autonomie du système fourrager(1), on s’aperçoit que celui-ci devient régulièrement inférieur au chargement apparent. « Le fait que le niveau de chargement appliqué ne permette pas de nourrir tous les UGB présents a tendance à se répéter au-delà du phénomène accidentel », analyse Romain Guibert. Les naisseurs extensifs ont un peu plus anticipé cette évolution que les autres systèmes, mais sur une année à forte sécheresse comme 2010, eux aussi décrochent sur le plan de l’autonomie fourragère.

Plus de kilos de viande vive par UGB

Avec des années fourragères difficiles et beaucoup de disparités régionales, les rendements en maïs se révèlent plutôt en baisse sur ce groupe d’élevages, tout comme les rendements en foin et ensilage d’herbe. Une tendance que confirment les données obtenues par le réseau de suivi de la pousse de l’herbe de Mayenne : les rendements moyens ont perdu plus d’une demi-tonne de MS par hectare entre le début des années 2000 et la fin des années 2000.

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Parallèlement, une hausse régulière de la productivité exprimée en kilos de viande vive est observée entre les années 2007 et 2010, tant au niveau des élevages qu’au niveau des animaux.
La production de viande vive par UGB progresse en moyenne de 10 à 20 kilos selon les systèmes sur ces quatre années. « On produit plus de viande avec moins d’UGB et moins de fourrages récoltés par UGB. Ce déficit a été pallié par une introduction de la paille dans l’alimentation, explique Romain Guibert. Il faut ‘remplir’ les animaux et ceci est réalisé grâce à la paille. Avec pour corollaire une augmentation de la consommation de concentrés chez les naisseurs intensifs et extensifs. Cette augmentation de la consommation de concentrés n’est par contre pas clairement mise en évidence ici chez les naisseurs engraisseurs. »

Chasser les UGB improductives

« Nous avons déjà pas mal d’atouts en région Pays de la Loire pour faire face au changement climatique avec une grande variété fourragère, et la technique de la double saison  de vêlage notamment », rappelle Romain Guibert. Pour sécuriser davantage les systèmes, la chasse aux UGB improductives est la première des pistes mises en avant. Elle permet de réduire les besoins du troupeau. La réintroduction du maïs dans les systèmes tout herbe, la culture de la luzerne, résistante et productive, et l’implantation d’associations céréales-protéagineux sont des recours déjà mis en œuvre par certains éleveurs.

 
(1) Nombre d’UGB nourris grâce à la SFP hors variation d’inventaire et achats.

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