Lutte contre le campagnol terrestre : Une « boîte à outils » de moyens complémentaires

Bernard Griffoul

Pour agir contre le campagnol terrestre, les nouvelles connaissances et la législation ont imposé de passer d'une lutte curative à une lutte préventive.

« Dès que le cycle de pullulation est en décroissance, il faut intervenir quasiment tout le temps », indique Denis Truchetet, de la Draaf de Franche-Comté. Et bien sûr, utiliser toute la « boîte à outils ». La lutte chimique reste souvent indispensable. Le piégeage des campagnols peut être efficace aussi pour contenir la population, mais il demande énormément de temps. Les chercheurs ont démontré que les galeries de taupes facilitent la colonisation des parcelles par les campagnols. Le piégeage ou le traitement des taupes au phosphure d'hydrogène (PH3) est donc une mesure essentielle de prévention.
Plusieurs essais de travail du sol en préventif ont été menés en Franche-Comté et en Auvergne. Ils sont concluants surtout si on introduit dans le cycle de la prairie une petite part de céréales. Mais voilà, se pose un autre problème : la PHAE interdit le retournement des prairies. Des dérogations ont pu être obtenues ici où là pour des expérimentations, mais, toujours, avec difficulté. « Il va falloir agir sur le cahier des charges de la PHAE qui est un véritable verrou, reconnaît Denis Truchetet. De toute manière, lorsque des dizaines de milliers d'hectares de prairies sont détruits par les campagnols, la PHAE ne peut plus être respectée. L'idée du travail du sol, c'est de sacrifier quelques hectares de prairies et réintroduire des céréales de montagne pour en sauver plusieurs centaines. »

Ce prototype, associant des rouleaux à plots et une herse, va être testé en Auvergne. L'objectif est d'imiter le piétinement par les animaux pour ébouler les galeries. (B. Griffoul)

Ce prototype, associant des rouleaux à plots et une herse, va être testé en Auvergne. L'objectif est d'imiter le piétinement par les animaux pour ébouler les galeries. (B. Griffoul)

Prototype de rouleau

Des moyens de lutte complémentaires ont également été testés et ont montré leur efficacité s'ils sont associés les uns aux autres. La destruction des galeries par exemple, favorisée par l'alternance fauche-pâture. Un prototype de rouleau à plots imitant le piétinement des vaches est en service en Franche-Comté et un nouveau va l'être en Auvergne. Les invasions sont freinées si le roulage est effectué pendant plusieurs années et en début de cycle. Mais, tous les terrains ne sont pas adaptés à ce type d'outil. Faucher les refus au printemps et à l'automne rend également la vie plus compliquée aux campagnols et facilite le travail des prédateurs. De la même manière, des éleveurs de Franche-Comté pratiquent la technique du gazon court pour faire pâturer les regains. Ils mettent les animaux peu de temps après la fauche sur de grandes parcelles de sorte qu'ils broutent toujours une herbe courte. Tout ce qui favorise les prédateurs (nichoirs, perchoirs, plantation et entretien des haies…) participe également à la lutte. Près de 200 agriculteurs ont signé, avec la Fredon de Franche-Comté, des contrats de lutte raisonnée pour mettre en oeuvre tous ces moyens avec l'appui de techniciens. Mais, c'est encore trop peu par rapport aux 3000 agriculteurs de la zone car l'efficacité de la lutte nécessite un véritable engagement collectif.

Source Réussir Bovins Viande Novembre 2009

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