Main d'oeuvre : Des solutions pour alléger le travail

François d'Alteroche

La réorganisation de la main-d'oeuvre est une des solutions pour faire face à la charge de travail. Les éleveurs ont alors le choix entre un salarié par le biais d'un groupement d'employeurs, une désileuse en Cuma, le regroupement d'exploitations… Autant de voies présentées dans ce dossier.

Existe-t-il des éleveurs allaitants qui, à un moment ou à un autre, n'ont jamais été débordés par les tâches à réaliser sur leur exploitation ? Oui, peut-être. Mais ils sont certainement bien rares. « La tendance à l'augmentation de la taille des troupeaux se traduit par un alourdissement de la charge de travail. Cet alourdissement est d'autant plus marqué qu'il s'inscrit dans un contexte d'affaiblissement de la structure familiale des exploitations », explique un récent rapport sur l'étude du fonctionnement des grands troupeaux allaitants. De plus, un nombre croissant de conjointes d'éleveurs travaillent désormais à l'extérieur. Dans ce contexte, les éleveurs ont le souci de contenir le temps passé à leur activité professionnelle à des limites acceptables au regard des standards en vigueur dans les autres catégories socio-professionnelles. Le souhait de diminuer la pénibilité et la durée du travail est d'autant plus légitime que les résultats économiques ne sont en rien liés à la durée hebdomadaire de ce dernier, mais à son efficacité.

Organiser et simplifier le travail, c'est réfléchir à la pérénnité du système en intégrant aussi les solutions possibles pour pouvoir être remplacé en cas d'absence temporaire. (F. d'Alteroche)

Organiser et simplifier le travail, c'est réfléchir à la pérénnité du système en intégrant aussi les solutions possibles pour pouvoir être remplacé en cas d'absence temporaire. (F. d'Alteroche)

Pour gagner sur le temps de travail sans réduire l'importance économique d'une exploitation, il existe trois grands leviers d'action. Le premier concerne la simplification de la conduite du cheptel et des surfaces. Pour les cultures, cela concerne par exemple les techniques culturales sans labour et pour les troupeaux, le raisonnement non plus à l'animal mais au lot avec aussi simplification de l'affourragement (tous les deux ou trois jours et non deux fois par jour). Le second levier d'action tourne autour de tout ce qui est équipement, bâtiment et mécanisation des différentes tâches liées au travail quotidien sur l'exploitation et enfin le troisième concerne la réorganisation de la main-d'oeuvre en explorant alors les différentes voies que sont le salariat, la délégation de certains travaux aux entreprises ou à une Cuma, la mise en commun de gros matériel acheté à plusieurs…

« Pour les exploitations spécialisées bovins viande, le principal levier mis en jeu ces dernières années est l'aspect bâtiment, équipement et mécanisation du travail. Dans certaines exploitations, les gains de productivité ainsi générés ont été phénoménaux » ,souligne Gérard Servière, responsable de l'unité « bilan travail » à l'Institut de l'élevage. Pour illustrer les aspects relatifs à la réorganisation du travail en exploitation, nous avons axé ce dossier sur différentes voies choisies par certains d'entre vous. Ouvrier salarié par le biais d'un groupement d'employeurs, désileuse automotrice en Cuma, regroupement d'exploitations, délégation du travail à des entreprises, ces exemples sont là pour vous donner des idées. Si certains ont opté avec succès pour ces façons de travailler, rien ne vous empêche de les imiter !

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Bovins Viande de janvier 2008. (RBV n° 145 p. 14 à 27).

Source Réussir Bovins Viande Janvier 2008

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