Marché italien : Moins de steak franco-italien dans les linéaires

François d'Alteroche

Avec l'éloignement de la crise de l'ESB, les filières de viande franco-italiennes ont de moins en moins le vent en poupe dans les GMS de la péninsule.

Géographiquement parlant, l'Italie est un pays tout en longueur. Avec 1 360 kilomètres entre l'extrémité nord et sud, cela explique une certaine diversité de climat, d'habitudes alimentaires mais aussi de pouvoir d'achat de ses habitants.
« Le produit intérieur brut par habitant de la Lombardie (la région la plus riche du Nord de l'Italie) est équivalent à celui de la région parisienne et, celui du Sud de l'Italie à celui de la Grèce. Les habitudes liées à la gastronomie locale jouent également sur les niveaux de consommation et les préférences pour tel ou tel type d'animal », expliquait Caroline Monniot, agro-économiste à l'Institut de l'élevage à l'occasion d'une journée sur le débouché italien pour le cheptel allaitant français organisé mi-septembre par la chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme. « Par exemple la Ligurie, la Toscane et la Sicile demandent plutôt des carcasses très maigres. Les Pouilles et Naples une viande plus grasse. » Ces préférences demeurent perceptibles, mais l'évolution des modes de vie et la part croissante des achats effectués dans les différentes enseignes de la grande distribution tendent à uniformiser les habitudes de consommation.
La grande distribution est surtout développée dans les grandes villes du Nord et du Centre du pays, avec un fort positionnement des chaînes françaises (Carrefour et Auchan) et de l'incontournable Coop Italia. La boucherie traditionnelle est en revanche plus présente dans le Sud du pays où elle détient encore localement plus de 50 % des parts de marché.

Éloignement de la crise

Peu après la première crise de l'ESB, différentes enseignes avaient choisi de positionner le « coeur de gamme » de leur rayon boucherie avec de la viande issue d'animaux nés en France puis engraissés et abattus en Italie.

« Mais avec l'éloignement de la crise, ces filières n'ont actuellement plus le vent en poupe. La politique de certaines enseignes — surtout les françaises — serait de dire : ‘le consommateur n'est plus prêt à payer le cahier des charges' maintenant que la sécurité alimentaire est considérée comme acquise », expliquait Caroline Monniot. Associé à la volonté de dégager une meilleure rentabilité au mètre carré de linéaire pour le rayon boucherie cela incite donc certains grands distributeurs à accorder plus de place à la viande importée de façon à constituer un segment « premier prix ». Suivant les disponibilités, il s'agit alors souvent de viande de JB venu de Pologne, d'Allemagne, d'Irlande ou de France. Sans non plus exclure des provenances plus lointaines de façon à constituer alors un segment haut de gamme « viandes du monde » (Écosse, États-Unis, Argentine…) à côté des viandes produites localement.

Source Réussir Bovins Viande Octobre 2010

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