Matières premières végétales : Mieux vaut être vendeur qu'acheteur

François d'Alteroche

Fin janvier, tout laissait à penser que le contexte économique des matières premières végétales allait demeurer durablement plus favorable aux vendeurs qu'aux acheteurs. Malgré les inévitables variations ponctuelles des cours, le début de l'année n'a en rien infléchi la tendance et l'a même plutôt attisée. « En céréales, les fondamentaux poussent à la hausse. La situation est tendue pour les tourteaux. La flambée généralisée des prix des matières premières pour l'alimentation du bétail devrait se poursuivre », pronostiquait l'Institut de l'élevage dans sa note de conjoncture de janvier.

Spéculation sur les matières premières

La dernière semaine de ce même mois, le prix du blé meunier rendu Rouen avait franchi le cap des 250 € la tonne. Les graines de colza s'affichaient à plus de 500 € et le tourteau de soja était au-delà du seuil des 350 au départ du port de Montoir. Pour expliquer ce phénomène, les analystes de marché continuent à mettre en avant la hausse mondiale de la demande en produits alimentaires liée en particulier à la très forte croissance économique asiatique et l'impact de la production d'agro-carburants. Aux Etats-Unis, un tiers de la récolte de maïs a pour débouché la production d'éthanol ! Cet accroissement régulier de la demande est confronté à une offre pénalisée par les aléas climatiques à différents endroits de la planète (inondations australiennes, menaces de sécheresse en Argentine et en Chine…). À ce contexte tendu se greffe l'impact de la spéculation sur les matières premières qui exacerbe la volatilité des marchés. Les moindres petites annonces allant dans le sens d'une amélioration ou d'une détérioration des récoltes ont un impact quasi-instantané sur l'évolution des cours.
Face à ce contexte dangereux pour les productions animales qui ne réussissent pas à répercuter la hausse de leurs coûts de production sur le prix de leurs produits, le Syndicat national de l'industrie de la nutrition animale (Snia) « réaffirme la nécessité pour l'industrie de la nutrition animale française de disposer d'un accès le plus large possible aux matières premières, dès lors qu'elles respectent les conditions indispensables de sécurité sanitaire. » Il souhaite également la suspension « des droits d'importation pour le blé et d'une manière générale, pour toutes les matières premières utilisées en alimentation animale dans l'Union européenne, jusqu'à la fin de la campagne. »

Source Réussir Bovins Février 2011

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