Mettre toutes les chances de son côté pour mener à bien son projet d'éolien

Bernard Griffoul - Réussir Bovins Viande Avril 2013

Mettre toutes les chances  de son côté pour mener à bien son projet d'éolien
Investir dans le petit éolien nécessite d’être vigilant sur le choix de l’installateur, qui doit pouvoir proposer du matériel performant et réaliser les travaux selon les règles de l’art. DR

Pour lancer un projet éolien mieux vaut s’assurer que le projet est viable tant techniquement qu’économiquement.

En savoir plus

« Le guide du petit éolien », édité par le Pôle énergie 11 et l’Ademe. Il est téléchargeable sur le site de l’AFPPE (www.afppe.org), rubrique « Le petit éolien ».
Pour consulter les tests d’aérogénérateurs par le Sepen : www.sepen-montplaisir.fr

Aller chercher le vent suffisamment haut

Avant de se lancer dans un projet éolien, il faut d’abord s’assurer d’avoir suffisamment de vent. Si les côtes de l’Ouest et du Nord-Ouest et les plaines du Nord et du Centre bénéficient de vents assez réguliers, plus ils pénètrent à l’intérieur des terres, plus ils deviennent irréguliers et turbulents. Et, dans les régions vallonnées, le relief provoque des perturbations. Les turbulences fatiguent les éoliennes et font chuter la production. « Le site idéal est le haut d’une crête pour bénéficier de l’accélération due au relief », recommande Olivier Krug. Mais, la rugosité du sol (haies, arbres, constructions…) affecte également la qualité du vent. « Il faut monter deux fois plus haut que les obstacles situés autour », précise-t-il. La puissance du vent exploitée par une éolienne dépend de deux facteurs principaux : la surface balayée par les pâles et la vitesse du vent. Or, outre la régularité, plus on monte haut, plus le vent gagne en force. Pourtant, beaucoup d’investisseurs dans le petit éolien se limitent à une hauteur de 12 mètres car, au-delà, les contraintes administratives sont plus lourdes (voir ci-contre). « Installer une éolienne à moins de 12 mètres, très souvent, n’a pas de sens », affirme Olivier Krug. Élever une turbine de 12 à 18 mètres permettrait de multiplier la production par deux.

Capture d’écran 2013-05-07 à 17.50.02

Évaluer la ressource éolienne

Pour réduire la part de risque, il est important d’évaluer la ressource éolienne (force, fréquence et régularité du vent) sur le site d’implantation pressenti. La qualité du vent peut varier de façon importante sur de courtes distances. S’il est inconcevable financièrement pour du petit éolien de faire une étude de vent sur une année entière, d’autres méthodes permettent d’approcher la ressource. Météo-France fournit des roses des vents (direction, vitesse) en de nombreux points du territoire. Mais, les mesures sont faites à 10 mètres de hauteur seulement et ne sont pas forcément transposables si le site est trop éloigné d’un dispositif Météo-France. Pour les plus petites éoliennes, il faudra souvent se contenter des indices de terrain : orientation de la végétation… Pour des projets plus importants (plus de 15 000 euros), il est envisageable de faire une étude de vent sur une durée limitée en louant du matériel professionnel. Il en coûte de 1 500 à 5 000 euros selon la hauteur du mât et la durée des mesures. Des entreprises spécialisées (Meteolien, Meteodyn…) proposent des études d’implantation et d’estimation de production utilisant des logiciels de traitement de données. À moins de 30 mètres de hauteur, leur fiabilité est néanmoins sujette à caution car plus on s’approche du sol, plus la modélisation devient complexe.

Une éolienne, pour quoi faire ?

Deux alternatives s’offrent à l’investisseur pour valoriser l’électricité produite par le vent : l’utiliser de manière autonome pour électrifier un site isolé ou se raccorder au réseau. Dans le premier cas, l’électricité produite doit être stockée dans des batteries pour compenser les aléas de la production. Mais, le système peut s’avérer coûteux et d’une longévité limitée. Il sera sans doute plus judicieux de coupler deux énergies : l’éolien et le photovoltaïque, assez complémentaires. Et, de prévoir un groupe électrogène quand il n’y a ni soleil ni vent ! Quant au raccordement, deux alternatives sont également possibles : utiliser le maximum d’électricité et réinjecter l’excédent sur le réseau ou vendre la totalité de la production. La suppression des ZDE devrait faciliter cette deuxième solution, mais encore faudra-t-il que le tarif de rachat devienne attractif. Aujourd’hui, il est plus bas que le prix auquel on paie l’électricité. Donc, « le mieux est de consommer l’énergie et de vendre le surplus », estime Olivier Krug. Un surplus vendu au tarif que voudront bien négocier EDF ou d’autres opérateurs, qui achètent également l’électricité, mais à un prix souvent plus bas.

Exiger la courbe de puissance de l’éolienne

Le choix de l’aérogénérateur et de son dimensionnement reste une décision épineuse. Olivier Krug n’y va pas par quatre chemins : « La majorité des éoliennes ne sont pas fiables ». Il recommande d’éviter le matériel de fabrication chinoise. Il faut se méfier aussi des puissances indiquées par les fabricants. Un chiffre seul ne veut rien dire car la puissance varie selon la vitesse du vent. Elle est souvent donnée pour la vitesse maximale que peut accepter la machine (de l’ordre de 11 à 12 m/s), qui est très peu fréquente au cours d’une année. Si une éolienne commence à tourner 2 ou 3 m/s — c’est souvent un argument de vente — elle ne produit véritablement qu’à partir de 5 m/s environ et le plus gros de la production est obtenu avec des vitesses se situant entre 5 et 10 m/s. Olivier Krug recommande d’exiger la courbe de puissance de l’aérogénérateur établie en fonction de la vitesse du vent. A partir de cette courbe et de l’étude du vent sur le site, on peut faire une prévision du productible assez sûre. Le site d’essai du Sepen, dans l’Aude, teste des éoliennes, à la demande des constructeurs. Ces résultats sont un gage de fiabilité pour choisir le matériel.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires