Nutrition et santé : Attention aux erreurs d'interprétation des messages autour de la consommation de viande et le cancer

Sophie Bourgeois

Une brochure intitulée Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations alimentaires, destinée aux professionnels de santé est diffusée dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS). Le rapport scientifique du World Cancer research Fund (WCRF) datant de 2007, qui est à la source de ces messages, conseille de limiter la consommation de viande rouge à moins de 500 grammes par semaine, une part nulle ou limitée venant des viandes transformées.
Le Centre d'information des viandes (CIV) souhaite éviter toute erreur d'interprétation sur ce thème. Il explique : « Tout d'abord précisons ce que l'on appelle viande rouge. En France, ce terme recouvre les viandes de boeuf, d'agneau et de cheval. Et même pour 95 % des Français, « viande rouge » revient à dire « boeuf ». Or dans les études internationales prises en compte sont également comptabilisés le porc et même des charcuteries ». De plus, le CIV souligne qu'en moyenne, les niveaux de consommation en France se situent en dessous des 500 grammes par semaine de viande rouge cuite (soit 700 à 750 g de viande rouge crue). « Les consommateurs dépassant ce seuil, qui correspond à 70 grammes par jour, représentent en fait 25 % de la population que l'on peut qualifier de gros consommateurs. » Et la moitié des Français consomment moins de 45 grammes par jour de viande, en incluant boeuf, agneau, veau et porc.

En moyenne, les niveaux de consommation en France se situent en dessous des 500 g par semaine de viande rouge cuite (soit 700 à 750 g de viande rouge crue). (B. Compagnon)

En moyenne, les niveaux de consommation en France se situent en dessous des 500 g par semaine de viande rouge cuite (soit 700 à 750 g de viande rouge crue). (B. Compagnon)

Des recommandations établies à l'international

Le Programme national nutrition santé rappelle les qualités nutritionnelles des viandes et leur apport dans le cadre d'une alimentation équilibrée, mais le CIV souligne aussi le risque d'une mauvaise interprétation de certaines phrases comme « le risque de cancer colorectal est augmenté de 29 % par portion de 100 grammes de viande », si elles sont sorties de leur contexte.
Ces réserves ne remettent cependant pas en cause les résultats des études épidémiologiques. La consommation de viande rouge et de charcuterie est associée à une augmentation modérée du risque de cancer colorectal au niveau international. L'excès de risque de cancer pour les « gros mangeurs » de viande rouge fraîche (boeuf, mouton, porc) est de + 19 % à + 22 %. Les charcuteries sont plus fortement associées au risque de la viande (+ 20 % à + 31 %). Volaille et poisson ne sont pas des facteurs de risque.

Pour en savoir plus : Équipe Aliments et cancer, INRA-ENV Toulouse. Cahiers de nutrition et diététique de la Société française de nutrition, mai 2008.

Source Réussir Bovins Viande Avril 2009

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