Paratuberculose. Comment se protéger ?

Christian PETIT & Dr Didier GUERIN

Paratuberculose. Comment se protéger ?

Protection des cheptels en paratuberculose => Les outils et méthodes de protection de vos élevages contre la paratuberculose sont à votre disposition. Ils sont de plus en plus utilisés, mais pas encore systématiquement avec un impact parfois conséquent.

La contamination de votre cheptel par la paratuberculose peut intervenir par l’introduction d’un bovin infecté ou par la reprise de terrains contaminés. Le contrôle individuel présentant d’importantes limites (cf. article du 03/10/201), à l’initiative de GDS France, l’ACERSA (association de certification en santé animale) a élaboré un référentiel technique national d’apport de garantie de cheptel. Il repose sur les bases scientifiques et les données de terrain issues des différentes régions dont le travail réalisé en Limousin. Ce dispositif est à disposition depuis mai 2004.

Une garantie de cheptel basée sur une répétition des contrôles individuels

L’acquisition de la garantie nécessite deux contrôles négatifs sur tous les bovins âgés de 24 mois et plus, espacés de 9 mois minimum à 30 mois maximum. Le maintien est assuré par le contrôle des bovins de plus de 24 mois lors de la prophylaxie suivante (9 à 15 mois après le second contrôle d’acquisition). Puis, chaque année, au moment de la prophylaxie, sont contrôlés en alternance les animaux âgés de 24 à 72 mois et les introductions âgées d’au moins 18 mois et réalisées depuis moins de 30 mois. Parallèlement, les introductions dans les élevages sous apport de garantie de bovins de plus de 18 mois sont contrôlées systématiquement en ELISA et PCR. Les animaux provenant de cheptels sous apport de garantie peuvent déroger à ces mesures.

Une mobilisation du Herd-book Limousin (HBL) avec une obligation de dépistage

La paratuberculose étant majoritairement présente dans les zones à sols acides et humides, les races originaires de ces territoires sont plus exposées. Il s’agit notamment de la Limousine pour notre région et les races laitières. Conscient de l’impact économique et sanitaire de cette maladie, la base de la sélection diffusant des animaux à destination d’un grand nombre de cheptels, le HBL impose depuis le 1er janvier 1999 que tout éleveur souhaitant entretenir l’inscription de son cheptel réalise un dépistage vis à vis de la paratuberculose. Ainsi, tout éleveur « reproducteur » en race Limousine possède un suivi paratuberculose qui peut être demandé par chaque éleveur acheteur ! Suivant les mêmes objectifs, les stations d’évaluation (Lanaud et Gévial) n’intègrent que des veaux provenant de cheptels avec apport de garantie paratuberculose. Lors de chaque rentrée, chaque GDS est consulté pour vérifier que, pour chaque élevage sélectionné, le veau et sa mère bénéficient de l’apport de garantie et qu’ils ne font l’objet d’aucune mesure d’exclusion.

Paratuberculose. Comment se protéger ?

Une situation départementale encourageante

90 % des élevages creusois adhérents au HBL bénéficient de l’apport de garantie paratuberculose conforme au référentiel technique national. Au niveau régional, 62 % des élevages HBL sont sous apport de garantie et environ 55 % au niveau national. De plus, nous recensons 64 élevages non-adhérents HBL sous apport de garantie. Il s’agit d’autres éleveurs en race Limousine, notamment certains qui préparent leur cessation d’activité et des cheptels en race Prim’holstein, Montbéliarde, Normande, Salers ou Charolaise.

Paratuberculose. Comment se protéger ?

De la vigilance et de la méthodologie lors d’introductions

L’entrée d’un animal au sein d’un cheptel constitue une phase à hauts risques, notamment par rapport à la paratuberculose. Lors du contrôle d’introduction, il s’avère indispensable de demander une recherche paratuberculose si l’animal est âgé d’au moins 18 mois (s’il est plus jeune, le contrôle est différé) en ELISA sur le sang et, pour les bovins non-issus d’un cheptel sous apport de garantie, en PCR sur les fèces. Rappelons une fois encore l’importance de pratiquer l’isolement des animaux introduits jusqu’à l’obtention des résultats. Cependant, lorsque l’on sait que les analyses manquent de sensibilité et sont inopérantes sur les animaux de moins de 18 mois, on comprend l’intérêt majeur de la connaissance du statut du cheptel d’origine et, donc, l’importance que peut représenter un apport de garantie

Des précautions lors de la reprise de terrain

Une des caractéristiques de la paratuberculose est la résistance du germe dans le milieu extérieur (cf. article du 03/10/201). Donc, lors de reprise de parcelles (parcelles connues contaminées dans son exploitation ou reprise d’une autre exploitation à risque paratuberculeux), des précautions seront à prendre vis à vis de leur utilisation. Etant donnée la sensibilité du germe à la sécheresse et les UV, le foin issu de ces parcelles ne présente pas un risque particulier. Par contre, il en n’est pas de même pour le pâturage. Les animaux sont plus réceptifs avant l’âge de six mois en raison de la structure morphologique du système immunitaire digestif, de la moindre réponse cellulaire du jeune et des conditions physicochimiques favorables au sein du tube digestif. La contamination d’un animal adulte est possible si la pression d’infection est particulièrement forte mais en raison de la durée d’incubation et d’une réceptivité plus faible, ces animaux ne développent que rarement la forme clinique. Du fait de ces éléments, le pâturage des parcelles à risque sera proscrit pour tout jeune de l’année conservé pour la reproduction pendant 12 mois consécutifs.

Statut du cheptel d’origine, contrôle à l’introduction et précautions à la reprise de terrain : 3 éléments à respecter pour se protéger vis à vis de la paratuberculose

Le scrupuleux respect des trois points décrits ci-dessus participe largement à la bonne maîtrise du risque de contamination de vos troupeaux par cette maladie. La liste des cheptels sous apport de garantie est consultable sur www.gdscreuse.fr et peut vous être transmise sur simple demande auprès de GDS Creuse. L’utilisation du billet de garantie conventionnelle, avec recherche de la paratuberculose lors de vos introductions, vous permet d’obtenir une aide de 50 % sur vos frais d’analyses. Une bonne gestion des terrains infestés limite les risques de contamination de votre élevage. En matière de paratuberculose, multiplier les facteurs de garantie, c’est diminuer les risques ! Pour de plus amples informations, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ou GDS Creuse.

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