Pâturages : La prairie, toujours menacée malgré ses atouts

Emilie Durand

La surface des prairies a baissé de 20 % en 20 ans. Pourtant elle possède de sérieux atouts qui vont dans le sens de la préservation de l'environnement.

« En France, entre 1973 et 2003, les surfaces consacrées aux prairies ont diminué de 20 %.
Dans les années 80 et 90, la surface totale en herbe diminuait en moyenne de 170 000
hectares par an ! » C'est par ce constat quelque peu alarmant qu'André Pflimlin de l'Institut de
l'élevage a démarré le colloque sur la place de la prairie et des herbivores face aux nouveaux
enjeux de la planète lors du dernier Salon de l'herbe qui a eu lieu à Mirecourt, dans les Vosges,
les 4 et 5 juin 2008.

En France, de 1970 à 2000 : -30% pour les prairies permanentes, - 75% pour les prairies artificielles et stabilité pour les prairies temporaires. (Source : Institut de l'élevage)

En France, de 1970 à 2000 : -30% pour les prairies permanentes, - 75% pour les prairies artificielles et stabilité pour les prairies temporaires. (Source : Institut de l'élevage)

Un rapport de prix et d'aides très défavorable

Pourquoi une telle chute ? André Pfimlin a d'abord pointé un rapport de prix et d'aides très
défavorable aux prairies depuis plus de trente ans. Depuis les années 2000, une certaine
stabilisation des surfaces semblait être observée, mais les récentes évolutions du marché
suscitent à nouveau bien des inquiétudes. En 2005, l'arrivée des agrocarburants,
l'augmentation de la demande mondiale pour toutes les matières premières et la raréfaction
des énergies fossiles ont à nouveau changé la donne. En même temps, les herbivores sont
depuis peu mis à l'index. Dans un contexte d'inquiétude croissante face au changement
climatique, ils sont accusés de contribuer activement à l'effet de serre. On leur reproche
peut-être un peu rapidement de produire autant de gaz à effet de serre que le transport
mondial, d'être de mauvais transformateurs de céréales et de soja en protéines animales et
de mobiliser beaucoup de surfaces pour une faible production. « De plus, avec des prix
attractifs pour les céréales et face à un niveau de soutien aux prairies insuffisant, leur
retournement pourrait s'accélérer malgré la conditionnalité du maintien des prairies
permanentes », a expliqué André Pfimlin. La prairie possède pourtant de sérieux atouts qui
vont dans le sens de la préservation de l'environnent.

Les atouts environnementaux de la prairie varient mais restent toujours très positifs en système bovin viande sur prairies permanentes. (F. d'Alteroche)

Les atouts environnementaux de la prairie varient mais restent toujours très positifs en système bovin viande sur prairies permanentes. (F. d'Alteroche)

 

La prairie produit des biens publics

« Il faut prendre conscience que la prairie produit des biens publics, liés à l'élevage et nous
devons voir le système dans son ensemble. La prairie protège l'eau, les sols, stock du
carbone, caractérise le paysage français et la typicité de certains produits. Elle est source de
biodiversité. Ces biens publics, non rémunérés, sont à prendre en compte absolument. » La
nécessité de rééquilibrer la répartition des aides en fonction de la production de ces biens
publics devrait donc être une évidence.

Source Réussir Bovins Viande Juillet-Août 2008

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