Plan diarrhées néonatales creusois. Des outils d’exploration à mettre en place

Dr Didier GUERIN / Marien BATAILLE

Plan diarrhées néonatales creusois. Des outils d’exploration à mettre en place

Le plan collectif de maîtrise des diarrhées néonatales a été mis en place en Creuse depuis 2003 par GDS Creuse en partenariat avec les vétérinaires dans le cadre de l’approche collective globale.

Le contrôle du transfert immunitaire, un outil indispensable à mettre en place. Une prise en charge par GDS Creuse

 Dans les élevages confrontés à des diarrhées, 25 à 60% des veaux présentent un défaut de transfert immunitaire, d’où l’importance de sa connaissance. Cet élément sera contrôlé sur un minimum de cinq veaux sains âgés de 2 à 6 jours. GDS Creuse prend en charge ces analyses

Le transfert immunitaire s’apprécie par le dosage des globulines sur un pool minimum de 5 veaux âgés de 2 à 6 jours et ne présentant pas de signes de maladie (diarrhée, grippe…). C’est un test collectif qui permet d’avoir une image du niveau de défenses immunitaires des veaux. En cas de résultats défavorables, l’analyse des causes portera sur les différentes étapes du processus de synthèse de la vache (alimentation, parasitisme…) à l’absorption par le veau (veaux faibles, veaux voleurs…). Le contrôle de la qualité du colostrum permettra de situer le niveau du problème, mauvaise production de la mère et/ou mauvaise absorption du veau. Il se réalise grâce au pèse colostrum qui indique l’état mauvais, moyen ou bon de la concentration en immunoglobulines du colostrum testé. Une prise en charge totale des analyses du transfert immunitaire par GDS Creuse Le veau est donc sans défenses immunitaires à la naissance. Son immunité active ne prenant le relai qu’au bout de 3 ou 4 semaines, il doit disposer d’une immunité passive grâce au colostrum dont les qualités sont multiples. Le veau ne profite de la prise colostrale que si elle est précoce, en quantité suffisante et d’une qualité correcte. Cela demande une surveillance assidue dont dépend l’avenir du veau d’où l’importance de sa quantification lors de toute apparition de maladie dans l’élevage et donc la prise en charge de cette analyse par GDS Creuse. Un outil trop peu utilisé, d’où une sensibilisation individuelle par GDS CreuseFace à la sous utilisation de cet outil malgré la gratuité des analyses, 30 élevages ont mis en place des dosages sur 200 potentiels, GDS Creuse, en relation avec les vétérinaires, a accentué son investissement dans cette action. Ainsi, tout éleveur et son vétérinaire ayant réalisé une analyse de fèces de veau diarrhéique seront contactés pour les sensibiliser sur la mise en place parallèle du contrôle du transfert immunitaire dans l’élevage. Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ou GDS Creuse.

L’état sanitaire d’un troupeau repose sur l’équilibre entre les capacités de défense des animaux et la pression microbienne. Un problème sanitaire dans un élevage est la conséquence d’un déséquilibre. L’objectif est de mettre le doigt sur les facteurs qui l’ont provoqué pour proposer des mesures adaptées. Les cinq domaines de risques sont ainsi systématiquement abordés lors de la visite d’élevage.

En raison de différentes évolutions observées en élevage bovin et du fait de la persistance de la problématique “ diarrhées néonatales ”, GDS Creuse et le GTV23 ont mis en place depuis 2003, un plan de prévention et de lutte contre les diarrhées néonatales.

Une approche globale capitale pour maîtriser et prévenir les diarrhées néonatales

Le « plan diarrhées creusois » repose sur une approche globale. Lorsque les diarrhées néonatales sévissent dans un élevage, la tentation est grande de rechercher une solution rapide, au coût peu élevé, la moins contraignante possible. Les analyses, quand elles sont faites, se limitent souvent à la recherche du germe en cause et la solution préventive mise en place se restreint à la vaccination. Pourtant, les diarrhées néonatales, maladies multifactorielles par excellence, trouvent rarement leur solution en intervenant sur un seul aspect. Pour obtenir un résultat durable, une approche globale explorant, au-delà des agents infectieux, le transfert immunitaire et le statut nutritionnel des mères est essentiel. Cette démarche doit s’appuyer sur des données objectives et tenir compte de l’approche économique de l’élevage. La confrontation des résultats d’analyses et des facteurs de risque recensés au cours d’un audit aboutit à un plan d’action élaboré en pleine concertation avec l’éleveur. Le bilan de sept campagnes de ce plan montre qu’il est une solution efficace. Cependant, sa pleine réussite demande l’exploration des trois domaines (agents infectieux, transfert immunitaire et statut nutritionnel des mères) avec une pleine implication du tandem éleveur-vétérinaire.

Une vision objective de la situation basée sur des données chiffrées

L’état sanitaire d’un troupeau repose sur l’équilibre entre les capacités de défense des animaux et la pression microbienne. Un problème sanitaire dans un élevage est la conséquence d’un déséquilibre. L’objectif est de mettre le doigt sur les facteurs qui l’ont provoqué pour proposer des mesures adaptées. Pour cela, une concertation importante entre l’éleveur et son vétérinaire  est essentielle. Les données chiffrées et les outils de laboratoire disponibles sont là pour apporter des informations complémentaires objectives.

Cette démarche se déroule en 3 temps :

1.   S’appuyer sur une vision objective de la situation

Il s’agit de déterminer le contexte général de l’exploitation. A partir des données fournies au sein du « Bilan Sanitaire d’Elevage » (BSE) transmit à l’ensemble des éleveurs creusois en cette fin d’année, une approche spécifique des taux de mortalité et des taux de morbidité doit être réalisée. Au delà des taux « acceptables », c’est-à-dire 10 à 15% pour le taux de malades et 3 à 5% pour le taux de morts, il est nécessaire d’agir. Le BSE, réalisé dans le cadre du décret médicament-prescription avec son vétérinaire, constitue une opportunité pour prendre en compte la situation de l’exploitation et mettre en place une démarche préventive globale.

2.   Utiliser les outils de laboratoire disponibles

Trois types de recherches sont à réaliser : les agents en cause, l’évaluation du transfert immunitaire des veaux, le statut nutritionnel des mères. Les retours actuels montrent environ 150 élevages par an avec des analyses de fèces, une centaine avec des profils oligoéléments et seulement une vingtaine avec l’évaluation du transfert immunitaire d’où l’action renforcée de GDS Creuse dans ce domaine (cf. encadré transfert immunitaire).

3.   Etudier les facteurs de risque au cours d’un audit d’élevage.

L’audit d’élevage se réalise au cours d’une visite spécifique, avec un temps dédié minimum de 2 heures. Chaque point abordé est l’occasion d’un bilan et d’apport d’informations techniques. Chaque domaine de risques (alimentation, relation mère-veau, gestion du troupeau, logement, et statut immunitaire du troupeau) est systématiquement abordé. La confrontation de l’ensemble de ces informations permettra ensuite d’analyser les origines du problème et de proposer des mesures correctives adaptées.

L’avenir du veau se joue dans les heures suivant sa naissance. Dans l’utérus, le fœtus se trouve sous haute protection. A la naissance, un envahissement brutal de son tube digestif par les micro-organismes se réalise alors qu’il est totalement dépourvu de défenses immunitaires. La connaissance du facteur majeur de déséquilibre va déterminer le plan de lutte. Cela demande une analyse des fèces et du transfert immunitaire.

Une synthèse des points forts et faibles de l’élevage pour définir le plan d’action

Cet audit d’élevage associe les observations des animaux et du milieu, et les éléments apportés par l’éleveur. Associé aux résultats d’analyses, cela conduit à un bilan des points forts et des points à améliorer de l’élevage, puis à un plan d’action. Ce plan met en évidence les facteurs de risque rencontrés dans l’élevage, leur importance et propose des mesures à mettre en œuvre. Ces mesures sont planifiées et priorisées afin d’échelonner les actions en tenant compte de l’impact attendu, de l’opportunité en fonction de la période et de leur facilité de réalisation. Les premières mesures proposées sont sanitaires. Sur le plan médical, la priorité est donnée au plan antiparasitaire et aux complémentations. Un plan vaccinal peut être associé suivant le ou les germes mis en cause. Mais il doit être considéré comme un outil complémentaire. Le bilan et le plan d’action font l’objet d’un compte-rendu détaillé destiné à l’éleveur. Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ou GDS Creuse.

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