Prairies : La clôture ne tient pas qu'à un fil !

François d'Alteroche

Différents types de clôtures coexistent sur le terrain. Coûts, mise en place et efficacité prêchent plutôt en faveur des fils électrifiés. L'arbitrage entre les diverses solutions est, comme toujours, source de discussions.

L'utilisation des prairies est incontournable en élevage allaitant. En dehors du volet engraissement — qui a lieu le plus souvent en bâtiment — les troupeaux sont à l'herbe huit à neuf mois par an dans les zones de plaine. Par nature très liés au sol et à la valorisation de l'herbe pâturée, ces élevages sont aussi de grands consommateurs de clôtures. Plusieurs millions de kilomètres de fils de fer barbelés et autres fils électriques, un nombre incalculable de pieux et poteaux sont nécessaires pour faire en sorte que les vaches soient bien gardées et ne génèrent pas d'accidents liés à leur divagation sur la voie publique.
En élevage bovin, les bonnes clôtures font aussi les bons voisins ! Quoi de plus désagréable que de retrouver au matin le taureau holstein du voisin en pleine action dans son lot de génisses charolaises au préalable soigneusement triées pour assurer le renouvellement de son troupeau.

Dans un système pastoral, la clôture est l'un des éléments du gardiennage et de la bonne gestion fourragère. (S. Leitenberger)

Dans un système pastoral, la clôture est l'un des éléments du gardiennage et de la bonne gestion fourragère. (S. Leitenberger)

Chaque région d'élevage a longtemps eu ses habitudes en matière de gardiennage des troupeaux. Après que bergers et bergères ont progressivement disparu des campagnes, différents modes de clôture des parcelles ont souvent contribué à assurer une certaine typicité aux paysages ruraux dans les régions d'élevage français. Haies de haut jet dans le pays d'Auge, haies basses soigneusement taillées dans les collines du Charollais, haies vives savamment entrelacées du bocage bourbonnais, ou petits murets de granit s'étendant à perte de vue jusqu'à l'horizon dans les grandes estives du plateau de l'Aubrac… partout ces éléments, forgeant l'identité des paysages de nos régions, ont longtemps eu comme fonction première d'éviter que les troupeaux se mélangent. Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées !

Tout au long du vingtième siècle, le fil de fer barbelé est venu en renfort pour assurer une plus grande efficacité à ces types traditionnels de clôtures. L'arrivée des fils électrifiés a également apporté sa contribution à la modification des habitudes de gardiennage des troupeaux.
Actuellement, les méthodes utilisées pour clore les parcelles n'ont pas toutes le même coût ni forcément la même efficacité et longévité. Autant de différences qui tendent à faire pencher la balance du côté de la clôture électrique. Mais ce qui est vrai en France ne l'est pas forcément partout dans le monde. En Argentine, autre pays à forte tradition d'élevage, les éleveurs de la Pampa demeurent souvent fidèles aux systèmes traditionnels de ces régions : plusieurs rangées de fils lisses non électrifiés énergiquement tendus entre de gros pieux solidement amarrés…

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Bovins Viande de février 2008 (RBV n°146, p. 14 à 37).

Source Réussir Lait Elevage Février 2008

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