Première expédition vers le Kazakhstan

E. DI ZAPPALORTO, La Volonté paysanneL'Union Agricole et Rurale) 15

La race aubrac vient de s’ouvrir une nouvelle porte avec l’expédition de 347 génisses vers le Kazakhstan.

Première expédition vers le Kazakhstan

 

Effervescence sur le foirail de Laissac pendant deux jours mercredi 9 et jeudi 10 novembre. Il a en effet fallu deux jours et dix camions pour expédier les 347 animaux aubracs vers le Kazakhstan. Le téléphone de Jean-Paul Boyer, initiateur de cette belle entreprise, ne cesse de sonner ! “Expédier un tel nombre d’animaux vers une destination à 8 500 km n’est pas une mince affaire”, glisse-t-il entre deux appels. Pour preuve, son entreprise de commerce de bétail y travaille depuis plusieurs mois. Après la mise en quarantaine, chaque animal est pesé sur la balance automatique du foirail de Laissac avant de monter dans le camion. “Les douanes sont venues contrôler les poids de tous les animaux et l’Union aubrac nous a délivré les pedi­gree export”, explique le négociant. Il y aussi une lourde logistique de transport. “Si tout va bien, en huit jours, les aubracs auront rejoint les grandes steppes du Kazakhstan. Mais le transport est soumis à une réglementation rigoureuse. Les camions doivent s’arrêter toutes les 48 heures dans un “hôtel à vaches” (centre d’allotement agréé), où les animaux restent 24 heures avec la visite d’un vétérinaire avant de pouvoir reprendre la route.”

Un potentiel entre Chine et Russie

Pour J.-P. Boyer, l’expédition d’animaux vers l’étranger n’est pas une première. “J’ai toujours fait de l’export, j’ai été le premier à envoyer des aubracs en Allemagne, puis en Guyane, et en Suisse. Je n’exporte pas que de l’aubrac mais je suis attaché à cette race car c’est celle de mon pays !” Après plusieurs transactions avec la Russie, Jean-Paul Boyer a été contacté par des représentants du Kazakhstan. “La réussite des aubracs en Sibérie porte ses fruits en créant de nou­velles ouvertures sur le marché.” “Ces pays de l’ex-URSS s’ouvrent peu à peu. Ils sont très peuplés mais très déficitaires en production de viande bovine. Grâce à des plans d’aide pour le développement de l’élevage dans leur pays, ils sont acheteurs d’animaux et nous sommes là pour leur répondre !” Le potentiel de surfaces inexploitées ou mal exploitées est en effet considérable. Le Kazakhstan représente six fois la France ! Il est de plus situé entre la Chine et la Russie, deux pays au potentiel de consommation important. Sur cette opération, les 347 animaux aubracs sont expédiés vers une unique ferme de 35 000 ha ! “La rusticité de la race, sa docilité, son autonomie, ont pesé dans le choix des acheteurs lorsqu’ils ont visité des élevages à la fin de l’été pour mieux connaître l’aubrac”, explique Jean-Paul Boyer. Après s’être mis d’accord avec les acheteurs, il a contacté le herd-book aubrac afin de recenser les animaux inscrits depuis quatre générations dans les fermes. “Nous avons travaillé avec une cinquantaine d’élevages de l’Aveyron surtout mais aussi de Lozère, du Cantal et du Puy- de-Dôme, le plus gros lot était de 15 génisses. Nous avons volontairement misé sur un éventail le plus large possible afin que le maximum d’éleveurs puissent, s’ils le souhaitent, participer à cette opération”, note Jean-Paul Boyer qui avait à cœur de donner un impact économique à toute la race. Le prix moyen des animaux s’est élevé à 950 euros (entre 800 et 1 100 euros en fonction du type d’animaux).

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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