Prévention de la BVD. : Etre plus strict dans la maîtrise des points à risques

Christian PETIT / Dr Didier GUERIN

Prévention de la BVD. : Etre plus strict dans la maîtrise des points à risques

Face à un virus qui circule très largement chez nous, avec des impacts cliniques divers, la maîtrise des points à risques, développée par GDS Creuse depuis 2002, demeure essentielle.

L'abord de la prévention en matière de maladie des muqueuses ou BVD s'effectue de façon différente de ce qui a été réalisé jusqu'à maintenant pour les « grandes maladies ». En effet, l'éradication n'est pas une solution pour des raisons techniques (diffusion du virus, inconnues épidémiologiques, risques pour les bovins séronégatifs, à l'inverse intérêt de l'autovaccination naturelle et maîtrise des points à risques) et économiques (impact de la maladie, retour sur investissement long d'un plan d'éradication). Il convient donc de différencier l'infection des symptômes pouvant être engendrés par cette infection. Or, l'atteinte clinique derrière une infection peut être de nulle à catastrophique. La prévention passe donc par l'identification et la maîtrise des points à risques pour chaque élevage.

Une large circulation virale avec un impact clinique très variable

L'enquête conduite régionalement de 2002 à 2004, sur 450 cheptels situés dans une zone limitrophe des départements de la Creuse et de la Haute-Vienne, avait montré que 8% des cheptels se contaminaient par an avec un impact clinique globalement peu conséquent donc économiquement faible. Cependant, lors de contamination en période « favorable », c'est-à-dire entre le 1er et le 4ème mois de gestation, la situation peut alors s'avérer catastrophique. Cette enquête avait confirmé l'intérêt d'une prévention basée sur la maîtrise des points à risques avec, notamment, la nécessaire gestion particulière des génisses à la 1ère mise à la reproduction et la protection à l'introduction (dépistage systématique et isolement).

Des résultats encourageants perturbés par un non-respect des mesures contre-productif

Depuis la campagne 2002/2003, a été mis en place le plan régional de prévention des symptômes de maladie des muqueuses ou BVD. Il est basé sur la maîtrise de points à risques composée d'un triptyque dans les élevages « fermés » (voir ci-dessus). Les deux premiers éléments s'avérant faciles à mettre en place, les résultats obtenus les trois premières campagnes ont été très encourageants. Cependant, les chiffres des deux dernières campagnes montrent une recrudescence. La synthèse des enquêtes réalisées dans les élevages par GDS Creuse, en relation avec les vétérinaires, montre un non-respect de maîtrise des points à risques dans plus de 50% des cheptels. Le non-isolement des animaux introduits et la non-protection des génisses avant la 1ère mise à la reproduction s'avèrent être les facteurs les plus déterminants. Les deux exemples ci-dessous représentent des illustrations caractéristiques.

Le non-isolement des animaux introduits, facteur de risque pernicieux

Afin de limiter les risques lors d'introduction, GDS Creuse a mis en place un contrôle virologique BVD par PCR de mélange sur tous les bovins introduits pour ses adhérents depuis le 1er janvier 2007. En 2007/2008, 18 animaux et 33 pour la campagne 2008/2009 ont présenté des résultats positifs. Cependant, pour être complète, cette mesure doit être accompagnée d'isolement. Un exemple illustre parfaitement cette situation. Un élevage introduit 1 génisse gestante en septembre 2008. Elle présente un résultat positif au contrôle à l'introduction en virologie PCR BVD qui se négativera 1 mois plus tard (il s'agissait donc d'un infecté transitoire). Cependant, l'animal a été introduit dans le troupeau où étaient présentes des vaches en début de gestation, il s'en est suivi la création d'IPI qui a été détectée 8 mois plus tard.

L'infection transitoire BVD, un facteur de risque majeur pour tout bovin passant par un lieu de rassemblement

L'infection transitoire BVD est présente de manière importante lors de passage par un centre de rassemblement, un marché (c'était le cas dans l'exemple précédent), le transport par un moyen collectif. Elle n'est pas toujours détectée par les analyses virologiques qui ont pour objectif principal la détection des IPI. L'isolement des bovins introduits constitue donc une mesure sanitaire incontournable. Elle permet d'ailleurs la prévention de bon nombre de contaminations d'autres maladies d'élevage.

La non-protection de la 1ère gestation, facteur de risque pouvant être catastrophique

Comme cela avait été relevé dans notre enquête épidémiologique, la non-protection de la 1ère gestation ressort régulièrement comme facteur de risque. Dans près de 40% des cas, les 1ers IPI identifiés sont issus de 1ers ou de 2èmes vêlages. Les conséquences engendrées peuvent être catastrophiques en raison de l'introduction du lot de génisses après le 1er vêlage dans le troupeau de vaches. Le fait que les génisses soient isolées des vaches lors de leur 1ère mise à la reproduction sur des parcelles pouvant être géographiquement éloignées et la présence d'une saison de vêlages d'automne constituent des facteurs aggravants qui imposent d'autant plus une protection spécifique ou la vaccination systématique des génisses avant leur 1ère mise à la reproduction.

Une stricte application du plan de prévention BVD de GDS Creuse

L'adage d'action de base de GDS Creuse : « le respect des mesures sanitaires de base permet d'éviter 95% des problèmes sanitaires » trouve encore, dans la prévention de la BVD, sa pleine illustration. C'est la stricte application des mesures de maîtrise des points à risques qui engendre une prévention efficace. Les résultats observés sur le terrain en sont une preuve marquante. Face à la difficulté d'appréhension de cette maladie, devant les implications économiques qu'elle peut engendrer, GDS Creuse et votre vétérinaire restent à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. Vous avez également à votre disposition à GDS Creuse ou sur notre site www.gdscreuse.fr, point 08 3 « Maîtrise des risques en BVD », un article récapitulatif sur la maladie des muqueuses ou BVD.

Source Groupement de Défense Sanitaire de la Creuse

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires