Production de viande bovine en 2010 : Une nouvelle baisse des tonnages se dessine

François d'Alteroche

Pour l'année en cours l'Institut de l'élevage s'attend à la poursuite du lent effritement des tonnages de viande bovine produits en France et en Europe. La tendance serait similaire pour la consommation.

Moins d'offre, mais aussi moins de demande. Pour l'année en cours, les prévisions du service économie de l'Institut de l'élevage tablent comme l'an passé sur « la poursuite d'un lent déclin de la production et par un effritement progressif de la consommation. » Ce scénario prévu pour la France serait d'ailleurs sensiblement identique à l'échelon européen. « En 2009, la croissance des abattages de femelles liée en particulier à l'effondrement des prix du lait payés aux producteurs a été d'autant plus forte qu'elle avait été précédée par une phase de rétention des cheptels. Mais elle a tout juste compensé en volume un net repli de la production de jeunes bovins. Après cette année un peu atypique de maintien de la production de viande bovine, l'année 2010 devrait être marquée par le repli de l'offre dans l'ensemble des catégories, à l'exclusion du veau de boucherie », expliquent les économistes de l'Institut.

En 2010, l'effritement de la production française de viande bovine devrait concerner en davantage les mâles entiers (-6 %) et dans une moindre mesure les femelles de réforme. (F. d'A.)

En 2010, l'effritement de la production française de viande bovine devrait concerner en davantage les mâles entiers (-6 %) et dans une moindre mesure les femelles de réforme. (F. d'A.)

Moins de vaches laitières

Cette réduction des volumes disponibles pour l'abattage serait particulièrement sensible à partir du deuxième trimestre, à l'issue de la campagne laitière en cours.
La baisse prévisible du nombre de laitières de réforme disponibles pour l'abattage devrait être l'un des faits importants de l'année 2010 pour la production de viande bovine. Le troupeau laitier français s'est nettement réduit l'an dernier et même si la nouvelle génération de génisses laitières est conséquente en nombre, les volumes disponibles pour les abatteurs devraient être plus réduits qu'en 2009, surtout à partir du premier avril.
En revanche, du côté des allaitantes, on aurait toujours des volumes abondants en femelles de réforme. « Le troupeau allaitant que nous n'imaginons pas en progression en 2010 devra en effet pratiquer des réformes sur un cheptel qui a retrouvé un niveau élevé et qui en plus dispose d'un effectif important de génisses de renouvellement. » Cette disponibilité en allaitantes ne devrait cependant pas combler l'offre plus réduite en laitières et le total des volumes pour ces deux catégories devrait être inférieur d'environ 3 % aux tonnages de 2009.

 

Recul des JB

Du côté des taurillons, 2009 a été marqué par un recul assez sensible de la production (-7 %). 2010 devrait se poursuivre sur la même lancée. « En deux ans, le recul de la production aura été du même ordre que la progression enregistrée les deux années précédentes. » L'accroissement des tonnages de 2008 était, il est vrai, assez artificiel car consécutif à une relance de la production plus subie que véritablement voulue car elle faisait suite aux restrictions de transport des bovins vivants liée à la fièvre catarrhale.
L'explication donnée pour les moindres volumes de JB attendus cette année est liée là encore en bonne partie à des problèmes sanitaires. « Ce sont les problèmes de fécondité, de chute des naissances et de retard de vêlages constatés début 2009, qui seront à l'origine cette fois d'un recul de l'engraissement », souligne l'Institut de l'élevage. D'après les données de la BDNI, la baisse des naissances en veaux de races allaitantes et croisées est comptabilisée à hauteur de 247 000 têtes en 2009.

Source Réussir Bovins Viande Février 2010

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires