Production : Hausse des tonnages de viande bio

François d'Alteroche

Les tonnages de viande bio produits sur le territoire français sont encore confidentiels mais en progression. Les systèmes laitiers vont jouer un rôle clé dans la hausse annoncée.

Un total de 29 106 gros bovins « bio » ont été abattus l'an dernier. Un peu plus de la moitié d'entre eux étaient de races allaitantes. Ils ont fourni des carcasses d'un poids moyen de 348 kilos. Cela représente 0,84 % des abattages contrôlés français. Des chiffres qui n'incluent pas les animaux dont la viande est commercialisée en vente directe. Une part relativement élevée pour ce mode de production.

La viande bio issue de gros bovins est d'abord le fait des vaches puis des génisses et enfin des boeufs. (F. d'Alteroche)

La viande bio issue de gros bovins est d'abord le fait des vaches puis des génisses et enfin des boeufs. (F. d'Alteroche)

Planifier les apports

« Certes, cela représente une quantité encore bien modeste. En revanche les chiffres sont en forte progression avec + 26 % pour les gros bovins entre 2008 et 2009 », expliquait Jean-François Deglorie, animateur de la commission « bio » d'Interbev, à l'occasion d'un colloque organisé au dernier Sommet de l'élevage. Pour les prochains mois, cette évolution à la hausse devrait se poursuivre compte tenu du nombre d'exploitations qui ont opté pour ce mode de production.
La progression à venir est vue d'un oeil assez serein par les responsables de l'aval dans la mesure où les éleveurs s'engagent dans les structures déjà existantes pour commercialiser leurs animaux et surtout planifier les apports. « Les éleveurs doivent s'impliquer et s'engager », a expliqué Eric Marchand, responsable à Montluçon, dans l'Allier, du pôle Centre-Est d'Unébio, première entreprise française de commercialisation de viande bovine biologique dont le fort développement depuis 2004 est très lié à la progression des parts de marché de la viande bio dans la grande distribution et en particulier dans les linéaires de l'enseigne Auchan. La progression attendue devrait être en grosse partie le fait des laitières de réforme et résulte du nombre important de conversions d'éleveurs laitiers, ces derniers temps. Les tonnages vendus concernent en grosse partie la viande hachée et les plats préparés.

Bien mûrir son projet

La progression du nombre d'animaux bio issus de cheptels allaitants devrait être moins sensible. Pour autant, les intervenants à ce colloque ont incité les éleveurs allaitants intéressés par ce mode de production à ne surtout pas renoncer à condition de bien mûrir leur projet. « Je me suis installé en 1984 et j'ai opté pour un système bio en 1985, expliquait Jacques Secques, éleveur dans l'est de la Creuse. A nos débuts nous étions peu entourés, tant pour le suivi technique qu'administratif. Désormais il existe différentes structures d'aval pour commercialiser les animaux auprès desquelles les éleveurs doivent s'engager de façon à permettre de planifier les apports. Sur le plan de la conduite technique, la partie alimentation et fourrages doit être une priorité pour rendre son système de production le plus autonome possible. »

Source Réussir Bovins Viande Novembre 2010

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