Race à viande : Quand la charolaise épouse la montagne

P. OLIVIERI

En amont du concours régional de la race charolaise, le syndicat des éleveurs cantaliens met en avant ses atouts.

La charolaise est à l'élevage ce que le Ricard est au pastis”. Entendez par là que, contrairement à des races emblématiques de leur berceau, la charolaise n'a plus vraiment d'attache à son terroir en ayant conquis toutes les régions françaises et au-delà. Mais ne voyez pas dans cette affirmation d'Albert Vidal, président du syndicat des éleveurs charolais du Cantal, la moindre once de condescendance à l'égard des autres races bovines. “On vit grâce à eux, les éleveurs aubracs et salers”, explicite ce sélectionneur qui vient de passer la main à son fils et sa belle-fille, Régis et Laurence, désormais à la tête d'un élevage de 200 mères charolaises et leur suite à Foulan d'Ytrac.

Difficulté de vêlage : de l'histoire ancienne

“Certains ont tendance à croire que la charolaise a signé la fin des races rustiques. Cela a peut-être été vrai à un moment donné avec les baisses d'effectifs constatées, mais la charolaise a depuis permis leur développement par le croisement”, avance le représentant des éleveurs cantaliens. Si père et fils conviennent que la “blanche” n'est “pas trop à la mode” dans le département, où ses effectifs se maintiennent à hauteur de 8 800 vaches (dont 10 % environ inscrites au herd-book), ils battent en brèche avec vigueur une réputation “surfaite” de la charolaise : ses difficultés de vêlage. “Il y a énormément de variabilité dans la race. Chez nous, les animaux vêlent facilement”, argumente Régis, en précisant que c'est le résultat d'un choix de sélection tourné vers des animaux mixtes équilibrés, mariant développements squelettique et musculaire. “Ça fait 25 ans qu'on prêche dans ce sens et aujourd'hui, les éleveurs qui achètent nos animaux préfèrent avoir 95 veaux nés vivants - peut-être un peu moins épais - sur 100 vêlages que 30 morts”, poursuit Régis. Leur philosophie est d'ailleurs devenue une orientation forte de la race, qui a mis cette année en testage, dans sa station de Marrault à Magny-Cours, 52 veaux dont les parents ont des index favorables en termes de facilité de vêlage.

 

Potentiel remarquable

Autres qualités de la race que les deux éleveurs mettent en avant : sa douceur et sa patience. Sans compter bien sûr sur le potentiel de développement remarquable de ses veaux. “C'est une vache placide, qui valorise bien le fourrage grossier et qui a un lait de bonne qualité. Mais c'est aussi une race très rustique”, insiste Régis. De quoi faire pâlir les consoeurs autochtones.... D'ailleurs, les éleveurs charolais du syndicat cantalien n'ont pas hésité à intituler le concours régional qu'ils organisent à Saint-Mamet les 17 et 18 octobre (voir ci-contre) : “Quand le charolais épouse la montagne”. Une façon pour eux de réaffirmer que la “charolaise se défend aussi bien en montagne qu'ailleurs”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du Cantal

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