Réunion de la Section Equine du GDSCC : Section équine du GDSCC. L'Artérite Virale Equine

Christian PETIT / Dr Didier GUERIN

Ce 04 novembre, le GDSCC a réuni sa section équine afin de faire le point sur les différentes actions sanitaires en cours et à venir avec une actualité, l'Artérite Virale Equine.

L'AVE (Artérite Virale Equine) est une maladie virale contagieuse qui a été identifiée dans les années 50. C'est seulement en 1983 que l'on réalise de son importance avec la contamination de près de 700 chevaux pur-sang dans le Kentucky avec des avortements en nombre. Le virus circule en Europe sous différentes formes mais la plupart sont non-pathogènes. Ainsi les souches isolées en France ces 10 dernières années ne rendaient pas les chevaux malades ou alors de façon minime. Or, la souche présente en Normandie au cours de l'année 2007 a été particulièrement virulente.

Une symptomatologie variable

L'infection virale se manifeste par différents symptômes non systématiques et plus ou moins exprimés selon les chevaux :
Température élevée (jusqu'à 40°C) avec ou sans abattement.
Œdèmes (membres, fourreau ou partie de l'abdomen entre l'ombilic et la mamelle, salière, auge, testicules).
Conjonctivites et écoulements naseaux séreux, plus rarement toux.
Avortements entre le 3ème et le 10ème mois de gestation.
Naissances prématurées (2 à 3 semaines) de poulains atteints de symptômes respiratoires (type pneumonie) conduisant presque systématiquement à la mort.
Apparition de papules (types boutons de moustique ou urticaire) sur l'encolure et l'intérieur des membres.

Des voies de contamination multiples

La contamination intervient par voie respiratoire (1 milliard de virus environ par ml d'écoulement nasal), par voie sexuelle (voie vénérienne directe ou insémination par du sperme congelé ou réfrigéré) ou de manière indirecte par le matériel de soin ou d'élevage (barre de monte, tord-nez…). Les sécrétions respiratoires peuvent rester contagieuses pendant 16 jours après l'apparition des symptômes. Après cette période, les juments gardent des anticorps témoins, elles sont sérologiquement positives mais plus contagieuses. Par contre, les étalons peuvent rester excréteurs asymptomatiques de virus dans le sperme durant plusieurs années.

Un diagnostic sérologique

Sur les juments, un test sérologique par séroneutralisation est utilisé, en cas de résultat positif, celui-ci est confirmé à l'aide d'un autre test sérologique pratiqué sur un prélèvement 14 jours plus tard. Le résultat doit alors permettre d'observer une élévation minimum de deux titres de dilution, pour conclure à un résultat positif (Ex : résultat N° 1 positif à ¼, le résultat N°2 doit être au moins de 1/32 pour confirmer cette positivité). Sur les étalons destinés à la reproduction, il sera procédé à un test sérologique par séroneutralisation. Par contre, en cas de résultat non-négatif, la confirmation sera effectuée par un test RT PCR sur le sperme qui permet de repérer la présence du virus caractérisant l'état d'étalon excréteur asymptomatique.

Une législation à objectif épidémiologique

L'AVE est une maladie à déclaration obligatoire (MDO). Les vétérinaires, laboratoires et propriétaires doivent donc déclarer tous les cas auprès de la DDSV. Néanmoins, cette déclaration reste anonyme et permet uniquement le suivi de la fréquence de l'infection. Du fait de ce statut de MDO, aucune police sanitaire ne peut être imposée. Seules les recommandations de la filière et le professionnalisme des éleveurs peuvent amener à contrôler la diffusion du virus.

La mise en place d'un plan creusois de dépistage systématique des étalons de trait

Le Syndicat des éleveurs de chevaux de trait de la Creuse au travers de la section équine du GDSCC a décidé la mise en place d'une campagne de dépistage systématique de l'AVE dans le département suivant quatre grands principes :

- Réaliser un dépistage systématique de tous les étalons de trait pratiquant la monte privée ou publique,
- avant la journée d'approbation et de dépistage de la métrite contagieuse,
- avec la recherche de conditions de tarif optimisées.
- La délivrance des carnets de monte sera soumise à l'obtention de résultats favorables.

Une journée de prélèvements le 1er décembre avec un contexte financier favorable

Afin d'obtenir les meilleurs conditions tarifaires des analyses, les prélèvements seront réalisés, sur une seule journée, par le vétérinaire des détenteurs d'étalons le lundi 1er décembre 2008 et transmis au LDA ce même jour, au plus tard le mardi matin. Les prélèvements seront traités, conditionnés et envoyés au LDA de l'Orne qui effectuera les analyses dès réception, les résultats seront transmis aux éleveurs, aux vétérinaires et au GDSCC. En cas de résultat défavorable, il sera indiqué la marche à suivre aux éleveurs concernés.

La mise en place de ces dispositifs de regroupement a permis d'obtenir un coût de l'analyse à 16,00 € environ H.T. par étalon. Les frais de prélèvement seront réglés directement par l'éleveur à son vétérinaire dans le cadre de relations habituelles entre éleveurs et vétérinaires. Les frais d'analyses seront réglés par l'éleveur au GDSCC suivant le principe du tiers payant. Le GDSCC règle la totalité des frais d'analyses aux laboratoires et facture aux éleveurs la partie restant à leur charge déduction faite des éventuelles aides obtenues du Conseil Général.

 

Le dépistage de la métrite contagieuse

Il sera réalisé à l'occasion de la journée d'approbation des étalons de trait qui est prévue début janvier à Chénérailles, suivant les modalités techniques et financières pratiquées les années précédentes. Ne pourront y participer que les étalons ayant obtenu un résultat favorable au dépistage AVE.

Une volonté du Syndicat de pérenniser ces actions

Compte tenu des différents éléments encadrant ces actions, notamment plus de 60% des étalons faisant l'objet d'un dépistage métrite contagieuse depuis plusieurs années, le dépistage de l'AVE rendu obligatoire par les règlements des stud-book de toutes les races de chevaux de sang ainsi que pour les Ardennais, les Cobs Normands et les Percherons, la mise en place du dépistage systématique cette année dans notre département, le Syndicat des éleveurs de chevaux de trait via la section équine du GDSCC demande à la DDSV d'effectuer la démarche visant à la prise d'un Arrêté Préfectoral rendant obligatoire ces opérations de dépistage vis-à-vis de ces deux maladies.

Parallèlement, une réflexion est en cours en ce qui concerne la possibilité d'intégrer certains vaccins et antiparasitaires dédiés à l'espèce équine dans la liste des médicaments faisant partie d'un Programme Sanitaire d'Elevage.

Une implication collective, un engagement individuel

Le bon déroulement et l'accomplissement de ces différentes actions passent par une volonté collective et un engagement individuel de chacun qui sont les deux piliers de la réussite et de la maîtrise de toute entreprise sanitaire. Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter votre vétérinaire et le GDSCC.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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