Sébastien Duroy de l'Institut de l'élevage* : L'identification électronique sera possible courant 2010 »

Propos recueillis par Sophie Bourgeois

En 2010 s'achèvera la phase d'étude de l'identification électronique. Ces nouvelles boucles devraient être agréées aussi à ce moment. Plusieurs valorisations sont possibles en élevage.

Où en est la mise au point de l'identification électronique pour les bovins ?

Sébastien Duroy - Depuis début 2008 sont conduits sept projets pilotes pour étudier les valorisations possibles de l'identification électronique. Le compte-rendu de ces projets sera remis au premier trimestre 2010. Toutes les catégories d'opérateurs de la filière, de différentes régions d'élevage, y participent : des éleveurs laitiers et allaitants, des organisations de producteurs, des marchés en vif, des abatteurs, des équarrisseurs, ainsi que des organismes de contrôle de performances. D'autre part débutent les tests des boucles électroniques en vue de leur agrément par le ministère pour l'identification officielle. Une première évaluation aura lieu au printemps 2010 et des agréments pourraient être délivrés avant l'été 2010.

Les règles de fonctionnement officielles de l'identification électronique sont-elles décidées ?

S. D. - Le schéma retenu repose sur le volontariat des éleveurs. Tout éleveur pourra, s'il le souhaite, utiliser des boucles électroniques agréées pour ses bovins à partir de la mi-2010. Pour l'instant, rien de plus n'est arrêté. Selon la façon dont se passe cette première phase, d'autres décisions pourront être prises en temps voulu.
Les boucles électroniques sont visuellement identiques aux boucles officielles actuelles. La puce est intégrée dans la boucle pendentif, près de l'oreille. Il s'agit de matériel inerte. Des ondes radio basse fréquence ne sont émises que pendant la fraction de seconde que dure la lecture de la puce.
Plusieurs solutions d'équipement sont possibles pour lire les puces. Il existe des lecteurs fixes qui se placent sur des installations de contention (cage ou couloir), et des lecteurs portables (coût moyen environ 700 euros pour l'instant). Le transfert des données se fait en temps réel ou en différé vers un périphérique qui peut être un ordinateur, un PDA (ordinateur de poche) ou un smartphone (téléphone mobile couplé à un PDA).

Sébastien Duroy : « Tout éleveur volontaire pourra s'équiper avec des boucles électroniques agréées à partir de la mi-2010. » (DR)

Sébastien Duroy : « Tout éleveur volontaire pourra s'équiper avec des boucles électroniques agréées à partir de la mi-2010. » (DR)

 

Quelles sont les applications de l'identification électronique qui pourront faciliter le travail des éleveurs allaitants ?

S. D. - La première application est l'automatisation de la liaison avec les logiciels de gestion de troupeau. Le travail est facilité. Les erreurs liées au recopiage des numéros sont éliminées et certaines anomalies sont facilement mises à jour. Ensuite, le grand domaine d'application en élevage bovins viande est l'automatisation de l'enregistrement des données de pesée des animaux. Pour tous ceux qui n'ont pas des pesées à faire très souvent, on peut imaginer le développement en système « type Cuma » d'équipement facile à installer comprenant indicateur de pesée et lecteur fixe.

Les applications sont aussi nombreuses pour les autres maillons de la filière ?

S. D. - Les opérateurs commerciaux sont très intéressés par l'automatisation des pesées, des saisies des identifications des animaux pour les chargements et déchargements, des tris par critères de poids, de numéros… Le travail en centre d'allottement sera facilité. Les abatteurs apprécieront la fiabilité des contrôles de cohérence entre passeport et animal à l'introduction en abattoir et en interne, le long de la chaine d'abattage. De plus, la lecture électronique, apporte un gain de sécurité appréciable pour ces opérateurs qui manipulent beaucoup d'animaux en évitant de devoir toucher les oreilles pour lire le numéro à 10 chiffres.

Reste-t-il des problèmes techniques à régler avant 2010 ?

S. D. - Il faut aboutir à un fonctionnement intuitif de l'usage des lecteurs portables et de leurs connexions pour que tous les éleveurs puissent accéder facilement à cette technologie. Il reste un travail à faire sur ce point.

* Sébastien Duroy, de l'Institut de l'élevage travaille au service systèmes d'information, identification et traçabilité animale. Il est coordinateur et chef de projet identification électronique des bovins.

Source Réussir Bovins Viande Septembre 2009

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