Surveillance de la brucellose ovine et caprine. Campagne de prophylaxie 2014

Marien BATAILLE & Dr Didier GUERIN

Surveillance de la brucellose ovine et caprine. Campagne de prophylaxie 2014

Prophylaxies en cheptel ovin et caprin => La prophylaxie de la brucellose se déroule sur le département de la Creuse du 1er avril au 30 septembre de l’année en cours. Elle concerne l’ensemble des détenteurs d’ovins et de caprins.

Cet article présente les modalités d’application du nouveau dispositif mis en place par l’arrêté du 10 octobre 2013 fixant les mesures techniques et administratives relatives à la prophylaxie collective et à la police sanitaire de la brucellose ovine et caprine.

Une situation nationale favorable

La France n’a connu aucun foyer de brucellose ovine et caprine depuis fin 2003 et la vaccination n’est plus pratiquée dans les départements depuis 2008 (sauf région PACA depuis 2010). 64 départements sont reconnus officiellement indemnes de brucellose des petits ruminants (Brucella melitensis) par la commission européenne. La situation de la France est favorable, dans un contexte assaini. Toutefois, les évènements récents (cas bovins en 2012, cas humains, …) illustrent bien que sa réapparition en France ne peut pas être exclue et cela nécessite donc de rester vigilant.

Une évolution de la réglementation pour s’adapter à notre situation épidémiologique maintenant favorable

Le dispositif actuel a été mis en place en 1998, période où la maladie était largement présente sur le territoire, en particulier dans le sud-ouest. Le nouveau dispositif permet de détecter précocement la réapparition éventuelle de foyers de brucellose chez les petits ruminants et de vérifier le maintien de la situation favorable au niveau national, tout en étant en conformité avec la réglementation européenne. Les deux volets de la surveillance de la brucellose : le dépistage sérologique régulier dans les troupeaux (surveillance programmée) et la surveillance des avortements (surveillance événementielle) ont fait l’objet de révision pour s’adapter à la situation épidémiologique actuelle.

  • La surveillance événementielle est désormais basée sur la déclaration et l’investigation des séries d’avortements (cf. encadré).
  • La surveillance programmée est basée sur le dépistage intra-cheptel sur une fraction du troupeau quel que soit le type de production.

Un dépistage sérologique sur les animaux en âge de reproduire tous les 5 ans

La prophylaxie est basée sur des analyses individuelles sur prélèvement de sang. Le contrôle est réalisé à un rythme quinquennal, du 1er avril au 30 septembre de l’année en cours, sur une fraction représentative d’animaux répartie de la manière suivante :

  • Tous les animaux mâles non-castrés âgés de plus de six mois.
  • Tous les animaux introduits (hors naissance) depuis le contrôle précédent.
  • 25 % des femelles en âge de reproduire ou en lactation, avec un minimum de 50.
  • Toutes les femelles pour les exploitations de moins de 50 animaux.

Si possible, les animaux ayant été dépistés lors du contrôle précédent sont exclus du dépistage. Parmi les animaux éligibles n’ayant pas encore fait l’objet d’un dépistage, l’échantillonnage est conduit de la manière la plus aléatoire possible, c'est-à-dire sans cibler des animaux partageant un caractère commun (animaux du même lot). Tous les détenteurs d’ovins ou de caprins, même à faible effectif, sont soumis à cette règle.

Une poursuite de la mobilisation de tous s’inscrivant  dans la « Sanitaire’ Attitude » pour un intérêt individuel et collectif

Le maintien d’une situation sanitaire départementale intra et inter cheptels favorable demande un fort engagement individuel en matière de maîtrise des risques pour un retour collectif conséquent bénéfique pour tous. Tous les acteurs du sanitaire ovin et caprin creusois sont mobilisés collectivement au sein des sections ovine et caprine de GDS Creuse « pour un troupeau sain, sûr et rentable ». Notre investissement est technique et financier à travers les conventions (DDCSPP, Conseil Général et LDA), le tiers payant (vétérinaires, LDA) qui permettent des allègements administratif et financier conséquents. Pour tout renseignement complémentaire n’hésitez pas à contacter la DDCSPP, votre vétérinaire sanitaire ou GDS Creuse.

Avortements
Surveillance de la brucellose et recherches complémentaires

Les avortements sont des pathologies anciennes et persistantes. Tous les élevages sont concernés, 2 % des femelles avortent chaque année. En présence de causes infectieuses, parasitaires, alimentaires… des avortements en série peuvent apparaître avec des conséquences économiques toujours préjudiciables, voire considérables.

Qu’est-ce qu’un avortement ?

« Est considéré comme un avortement infectieux l’expulsion d’un fœtus ou d’un animal mort-né ou succombant dans les douze heures suivant la naissance, à l’exclusion des avortements d’origine manifestement accidentelle ».

Règlementairement, que faut-il faire ?

L’enregistrement de chaque avortement, même isolé, sur le registre d’élevage est obligatoire. Toutefois, la notification d’un épisode abortif chez les petits ruminants n’est obligatoire qu’à partir de trois avortements ou plus sur une période de sept jours ou moins.

Une prise en charge dans le cadre de la police sanitaire

Si la notification n’est obligatoire qu’à partir de trois avortements en sept jours, les actes et analyses sont en revanche pris en charge par l'Etat dès lors que le vétérinaire considère que la situation est évocatrice de brucellose, c’est-à-dire dès la survenue du premier avortement si celui-ci est notifié à la DDCSPP (le vétérinaire notificateur doit avoir une habilitation sanitaire mais n’est pas forcément le vétérinaire sanitaire désigné par l’éleveur pour suivre son élevage).

Surveillance de la brucellose ovine et caprine. Campagne de prophylaxie 2014

Des recherches complémentaires à mettre en place

Le kit diagnostic direct avortements ruminants mis en place par les 3 GDS du Limousin consiste en la mise à disposition d’un kit de mise en évidence de l’agent infectieux pour les maladies suivantes : toxoplasmose, chlamydiose, fièvre Q (PCR) chez les ovins et les caprins plus la salmonellose (bactériologie) chez les ovins, avec une prise en charge de 75 % du montant des analyses (cf. illustration).

Des résultats… mais des précautions d’utilisation à respecter : intervenir 48 h maxi après l’avortement avec prélèvement de sang et d’avorton ou de placenta ; à compléter avec des recherches sérologiques

Trois éléments conditionnent le taux d’élucidation : la précocité d’intervention (prélèvement dans les 48 heures, maximum, suivant l’avortement pour le diagnostic direct), la présence d’avorton, de placenta ou d’écouvillon vaginal et les recherches complémentaires (autres pathologies, sérologies chez les avortées depuis plus 15 jours). La réalisation d’un diagnostic direct adéquat multiplie par quatre le nombre de chances d’obtenir un résultat de certitude. L’application d’un protocole « avortements répétés » donne des résultats « favorables » dans plus de 60 % des cas. Cela implique une application stricte de la « conduite à tenir lors de tout avortement » par le couple éleveur/vétérinaire. C’est une composante de la « Sanitaire’ Attitude ». N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire ou GDS Creuse.

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