Un nouvel outil pour la génétique Salers : A Saint-Bonnet de Salers, dans le Cantal

François d'Alteroche

La race Salers vient de se doter de splendides installations. Elles remplacent la précédente station de Sansac Veinazes et abriteront aussi les bureaux administratifs jusque-là situés dans l'immeuble de la chambre d'agriculture à Aurillac.

Un prix moyen de 3425 euros, l'adjudication sur le ring de 40 des 46 taureaux proposés et
une enchère record à 7793 € pour un animal acheté par un Britannique. Malgré le contexte
actuel pour le moins incertain, la vente de la première bande de taureaux salers évalués au
Domaine du Fau, à Saint-Bonnet de Salers dans le Cantal s'est soldée par des résultats
honorables estimaient le 9 avril dernier à son issue les responsables de l'organisme de
sélection Salers. D'ailleurs les chiffres en attestent avec un prix moyen identique à celui
obtenu l'an dernier : 3425 €. A côté des acheteurs, cette vente a aussi attiré nombre de
curieux, pressés de découvrir ces nouvelles installations construites à quelques kilomètres
de la cité médiévale de Salers, dans le nord-ouest du Cantal. « L'idée de cette station a
germé en 2002. Les travaux ont démarré en février 2007. Un premier bâtiment a été
réceptionné en octobre de la même année et aussitôt occupé par la première bande
d'animaux », expliquait Bruno Faure, directeur du herd-book.

Les deux stabulations sont des bâtiments où les animaux sont répartis dans deux rangées de cases paillées séparées par un couloir central de distribution. (F. d'Alteroche)

Les deux stabulations sont des bâtiments où les animaux sont répartis dans deux rangées de cases paillées séparées par un couloir central de distribution. (F. d'Alteroche)

Le ring a été fini juste à temps pour permettre de réaliser la vente dans de bonnes
conditions. Les locaux sentaient encore la peinture fraîche et différents corps de métier du
bâtiment s'affairaient à l'ouvrage lors de la vente. La prochaine étape aura lieu en juin
prochain. Elle consistera au déménagement et au réaménagement sur le site des bureaux
administratifs des instances raciales. Viendra enfin la mise en service d'une seconde
stabulation. « La capacité d'accueil totale de cette station sera de 128 places avec une
stabulation de 80 places et une autre de 48. » L'objectif sera alors de répartir les animaux à
évaluer en deux bandes. La stabulation de 48 places concernera des animaux nés à
l'automne, évalués à partir de la fin de l'été et en cours d'automne et proposés à la vente en
début d'hiver. La seconde bande, la plus importante en nombre, concernera comme
d'habitude des veaux nés en cours d'hiver puis mis en vente à un peu plus d'un an au début
du printemps. « En quinze ans, la part des veaux nés à l'automne a doublé dans la base de
sélection. Cela correspond au développement du nombre d'élevages à l'extérieur du
berceau traditionnel où les facilités de vêlage de la Salers rendent aisé le vêlage de fin d'été
et début d'automne à l'extérieur. Mais cela correspond aussi au développement des
stabulations libres dans le berceau de la race. Jusqu'à présent, nous n'avions pas la
possibilité d'évaluer en station tous ces animaux nés à l'automne », souligne Bruno Faure.

Bon nombre des éleveurs et visiteurs assistant à cette première vente aux enchères sous
enveloppe étaient unanimes pour saluer le côté esthétique des bâtiments que beaucoup
découvraient pour la première fois. Réalisés principalement en bois, l'ensemble s'intègre
bien dans le rude paysage des estives cantaliennes, et une fois l'aménagement des abords
et les plantations d'arbres achevées, l'ensemble constituera une jolie réalisation
architecturale et sera une belle vitrine pour la race. Dans une zone où les grandes salles
polyvalentes ne sont pas légion et dans un objectif de mieux amortir les installations, il est
prévu de pouvoir louer les 585 mètres carrés de la grande salle abritant le ring de vente
pour des réunions ou manifestations festives à caractère familial ou autre, soulignait Bruno
Dufayet, vic-président de l'organisme de sélection Groupe Salers évolution. Différentes
critiques ont en revanche été émises sur des insuffisances techniques dans l'agencement
intérieur des deux stabulations. Les principales remarques concernaient la circulation des
animaux, les gros besoins en paille alors que l'altitude fait que cette zone est par force 100
% herbagère, le paillage manuel, mais aussi la difficulté pour les acheteurs potentiels de
bien apprécier l'arrière, le bassin et le dessus des taureaux, une fois ces derniers bloqués
aux cornadis sur le quai d'alimentation.

Les taureaux sont réunis en petits lots dans des cases. (F. d'Alteroche)

Les taureaux sont réunis en petits lots dans des cases. (F. d'Alteroche)

 

Source Réussir Bovins Viande Mai 2008

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