Une conduite hivernale innovante

Cyrielle Delisle - Réussir Bovins Viande Février 2013

Une conduite hivernale innovante
Le parc stabilisé d’hivernage limite le piétinement des prairies. © C. Delisle

Le pâturage hivernal combiné au parc stabilisé d’hivernage a été testé par l’Institut de l’élevage afin de réduire sans risques les coûts associés à l’hivernage.

Pour en savoir plus

Une conduite hivernale innovante

Voir dossier de Réussir Bovins Viande de Février 2013. RBV n°201, p.20 à 31.

Dans le cadre d’un projet commun(1) l’Inra, la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire et l’Institut de l’élevage ont mené des études sur le pâturage hivernal couplé à des logements simplifiés pour des bovins allaitants. « Contrairement aux ovins, le pâturage hivernal des bovins soulève des interrogations relatives à la portance des sols. C’est pourquoi, tout un travail de recherche a été effectué sur l’intérêt d’associer à cette pratique ancienne (plein-air hivernal dans des régions où les sols sont portants) une pratique nouvelle : le parc stabilisé d’hivernage (PSH). Ce dernier permettant de contenir les animaux dans un logement peu coûteux, si un risque de piétinement des prairies existe et d’apporter aisément des fourrages si besoin », explique Jean-Pierre Farrié, chef de projet à l’Institut de l’élevage et responsable du projet Salinov.
L’objectif principal d’une telle pratique est de réduire les coûts associés à l’hivernage par la diminution des charges directes (moins de fourrages distribués, moins de paille, moins de concentrés) et de restreindre l’investissement en bâtiments (logements plus économes). La solution n’est cependant recevable que dans la mesure où l’on maîtrise les impacts techniques, environnementaux et sociaux : performances, bien-être animal, préservation des prairies, effluents d’élevage et conditions de travail.

Des essais sur trois sites expérimentaux

Ainsi, pour vérifier l’intérêt technique, économique et environnemental d’une telle pratique, des essais, portant sur des génisses ou des vaches allaitantes gestantes, se sont déroulés sur trois sites expérimentaux, à la station expérimentale de Jalogny (Saône-et-Loire), au lycée agricole des Vaseix (Haute-Vienne) et sur le site de l’Inra à Laqueuille (Puy-de-Dôme). Les essais ont eu lieu sur les hivers 2010-2011 et 2011-2012.
Il s’avère que le pâturage hivernal associé à un parc stabilisé d’hivernage peut être mis en œuvre sans contre-performances zootechniques et fourragères préjudiciables à l’ensemble du système. Sur le plan économique, cette pratique permet de réduire les coûts de production. C’est aussi moins de travail, donc plus de confort pour l’éleveur. Les effluents, quant à eux, se sont révélés peu chargés. « Après, c’est à chacun en fonction de son système, de ses places en bâtiments, de ses équipements et selon des règles ajustées suivant les conditions pédoclimatiques, de raisonner et de prendre en compte ces pratiques. Mais en tout état de cause, celui qui est dans un système herbager peut les mettre en œuvre, sans problème particulier », note Eric Pottier de l’Institut de l’élevage.

(1) Casdar Salinov – Simplifications et pratiques innovantes pour un élevage allaitant durable (projet soutenu par le ministère de l’Agriculture de l’Agroalimentaire et de la Forêt).

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