Une enquête sur la litière plaquettes dans l’Allier et la Nièvre

François d'Alteroche - Réussir Bovins Viande Avril 2012

Une enquête sur la litière plaquettes dans l’Allier et la Nièvre
Broyer du bois abattu depuis moins d’un an est un gage de réussite pour la phase du séchage. Crédit photo : S. Leitenberger

Dans l’Allier et la Nièvre, une soixantaine d’éleveurs ont l’an dernier fait déchiqueter du bois afin de substituer au moins une partie de la paille de litière par des plaquettes. Pour la plupart de ces exploitations, il s’agissait d’une première. Le bilan est globalement favorable. Une enquête approfondie est en cours pour évaluer le degré de satisfaction.
Il apparaît que la plus ou moins grande réussite dans l’utilisation de ce produit dépend des différentes catégories d’animaux hivernés sur plaquettes et de la nature des fourrages composant leur ration.
Mais c’est avant tout la qualité de la plaquette et son taux de matière sèche au moment de son utilisation qui est déterminant. L’an passé, certains chantiers ont été réalisés dans l’urgence avec des bois peu appropriés. Le mauvais respect de l’itinéraire technique de fabrication a alors pénalisé le taux de matière sèche. « Ces plaquettes trop humides sont souvent à l’origine des déceptions chez des éleveurs, précise Étienne Bourgy, de la FDCuma de la Nièvre. Aujourd’hui, on sait que la meilleure technique d’utilisation est de mettre 6 à 8 centimètres en début d’hivernage. Puis d’en rajouter régulièrement avec un godet ou à la pailleuse en raisonnant la quantité ajoutée suivant la fréquence des apports. »
Une autre technique qui fonctionne bien est celle du millefeuille, en alternant une couche de plaquettes puis une de paille à chaque rafraîchissement de la litière.
À chaque éleveur de faire son choix en fonction de ses disponibilités en paille ou en plaquettes.

Gérer la ressource

Le prix d’intérêt de ce produit dépend de son prix de revient et du prix de la paille. Dans l’Allier et la Nièvre, la plupart des agriculteurs ont eu une organisation des chantiers suffisamment efficace pour arriver à prix de revient du mètre cube de plaquettes entre 12 et 15 euros en incluant un coût de main-d’œuvre de 15 euros l’heure. Sachant qu’il faut autour de 4 m3 de plaquettes pour avoir une quantité de produit équivalent à une tonne de paille, le coût avoisine alors 50 euros la tonne. Cette éventualité mérite donc d’être étudiée avec de la paille livrée à un prix bien supérieur.
« De nombreux éleveurs ont encore des a priori sur les possibilités des plaquettes bois comme substitut à la paille, ajoute Étienne Bourgy. Un travail est en cours pour apprendre aux éleveurs à mieux gérer le patrimoine boisé présent sur leurs exploitations via les haies. Produire du bois plaquettes accroît les besoins. Il convient de bien gérer le renouvellement de cette ressource. »

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires