Une nouvelle maladie à virus touche l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas

Annick Conté - Réussir Bovins Viande Février 2012

Une nouvelle maladie à virus touche l’Allemagne,  la Belgique et les Pays-Bas
Agneau présentant des malformations dues aux virus de Schmallenberg. © Laboratoire Frank Duncombe

Identifié en novembre 2011, le virus Schmallenberg a été mis en cause dans des diarrhées avec fièvre chez des vaches et des veaux et des malformations fœtales chez des agneaux.

Un nouveau virus dont la transmission pourrait s’apparenter à celle de la FCO, a été repéré en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas. Ce virus baptisé Schmallenberg a été identifié en novembre 2011 par le laboratoire de référence allemand lors d’investigations pour des troubles de santé inexpliqués observés entre août et octobre 2011 dans le nord ouest de l’Allemagne et aux Pays-Bas. Les symptômes étaient une hyperthermie (dans certains cas supérieure à 40 °C), une perte d’appétit, une baisse de la production laitière pouvant atteindre 50 %, des diarrhées sévères et parfois des avortements. Le retour à la normale était observé en quelques jours, explique l’Anses(1) dans son bulletin épidémiologique. Mi-décembre 2011, des malformations ont par ailleurs été constatées sur des fœtus ovins dans douze fermes aux Pays-Bas ; les mêmes séquences virales ont été mises en évidence. Les derniers chiffres font état - le 17 janvier - de 66 foyers ovins/caprins(2) aux Pays-Bas et 23 foyers ovins en Belgique, et - le 12 janvier - de 14 foyers ovins en Allemagne (il s’agit de foyers confirmés avec malformations fœtales).

Un groupe de virus transmis par les culicoïdes

D’après l’Anses, le virus Schmallenberg présente un haut degré d’homologie avec les Orthobunyavirus du groupe Simbu. Les Orthobunyavirus sont présents en Afrique, Asie, Australie, et Israël. Ceux du groupe Simbu sont transmis par des culicoïdes et pourraient l’être par des moustiques ou par certaines espèces de tiques. Le risque de transmission de cette nouvelle maladie vectorielle en hiver, et donc la survenue de cas cliniques chez des adultes, est faible. L’Anses appelle toutefois à la vigilance car « des malformations pourraient être observées sur des fœtus ou nouveaux-nés bovins ou ovins dont la mère aurait été infectée durant la gestation (entre 30 et 150 jours chez la vache) ».
La DGAL (Direction générale de l’alimentation) a décidé de mettre en place pendant l’hiver 2011/2012 un dispositif de surveillance avec l’appui de la Plateforme nationale de surveillance épidémiologique pour déceler une éventuelle circulation du virus Schmallenberg en France. En l’absence de réglementation spécifique et compte tenu du faible risque de transmission en hiver, aucune restriction particulière ne serait prise en cas de suspicion dans une exploitation, précise-t-elle dans une note de service du 4 janvier 2012. Les régions frontalières d’un bandeau nord-est (Alsace, Lorraine, Nord-Pas de Calais, Picardie, Champagne Ardennes) semblent plus exposées(3).
De nombreux points restent à préciser, notamment la capacité de diffusion du virus et les impacts potentiels dans les élevages. Il convient néanmoins d’être vigilant. En cas de malformation d’un fœtus ou d’un nouveau-né ou de troubles nerveux chez un nouveau-né, prévenez votre vétérinaire sanitaire.

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
(2) 64 ovins et 2 caprins.
(3) L’un des foyers ovins belges est très proche de la frontière française.

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