Viande et environnement : Empreinte carbone de la viande bovine

François d'Alteroche

L'Institut de l'élevage a démarré les travaux pour analyser l'emprein- te carbone dans les élevages. La prise en compte du stockage sous les prairies représente un atout pour les filières herbivores.

Quelle est l'empreinte carbone de la viande bovine produite en France ? A l'échéance de janvier 2011, dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, l'ambition est d'afficher sur les étiquettes des denrées alimentaires, leur impact environnemental avec plusieurs critères. L'empreinte carbone serait alors l'une des données affichées avec d'autres indicateurs comme par exemple l'impact sur l'eau ou la biodiversité. C'est dans ce cadre que l'agriculture et notamment l'élevage doit faire le bilan de son impact sur l'environnement, en particulier en matière d'émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, une méthodologie a été construite par l'Institut de l'élevage afin d'apprécier à l'échelle d'une exploitation l'ensemble des postes responsables des émissions de méthane (CH4), protoxyde d'azote (N2O) et gaz carbonique (CO2). Les investigations ont également consisté à mieux apprécier le stockage du carbone sous les prairies puisque ce mécanisme intervient comme un phénomène de compensation des émissions des trois gaz précédemment cités.

Baptisée GEST'IM, cette méthodologie a été appliquée à plusieurs grandes catégories d'élevages bovins orientés vers la production de lait ou de viande en retenant des systèmes de production représentatifs de ce qui est rencontré en France. L'objectif était d'évaluer l'empreinte carbone des produits agricoles au moment où ils sortent du portail de la ferme. Pour comptabiliser ces émissions de gaz à effet de serre, l'unité fonctionnelle retenue est le kilo de viande vive (ou le kilo de lait en système laitier) et l'empreinte carbone est exprimée en kilo équivalent CO2 par kilo de viande vive produit. Afin de pouvoir additionner l'impact de gaz aussi différents que le méthane, le protoxyde d'azote et le gaz carbonique, les deux premiers ont été convertis en équivalent CO2.

Dans les systèmes 100 % herbe, le stockage du carbone dans les sols des prairies peut compenser jusqu'à 50 % des émissions. Des prairies très favorables également à la biodiversité. (B. Griffoul)

Dans les systèmes 100 % herbe, le stockage du carbone dans les sols des prairies peut compenser jusqu'à 50 % des émissions. Des prairies très favorables également à la biodiversité. (B. Griffoul)

 

Premières conclusions

Les premières conclusions de ce travail ont été présentées en décembre dernier par Jean-Baptiste Dollé lors des journées Rencontre Recherche sur les Ruminants (voir tableau). Suivant les systèmes de production pris en compte pour la viande bovine, l'empreinte carbone brute des systèmes retenus est comprise entre 9,5 et 12,4 kg eq CO2/kg de viande vive et l'empreinte carbone nette oscille entre 6,4 et 9,7 kg eq CO2/kg de viande vive. Les émissions de gaz à effet de serre liées à l'élevage des broutards représentent entre 70 % et 75 % de l'empreinte finale, soit 25 à 30 % pour la période d'engraissement. Le système d'élevage des broutards influe sur l'empreinte carbone du produit final. Ce sont les systèmes les plus chargés et avec une plus forte part de maïs sur l'ensemble de la période de croissance de l'animal qui ont l'empreinte carbone la plus importante.
Le résultat de ce travail comparatif met surtout en évidence que le stockage de carbone sous prairies intervient comme un phénomène de compensation très différent selon les systèmes de production. Il est très faible, inférieur à 5 % dans les systèmes laitiers avec cultures fourragères importantes où la part de maïs dans la SFP est proche de 40 %. Il représente jusqu'à 30 % des émissions globales dans les systèmes laitiers herbagers et jusqu'à 50 % dans les systèmes bovins allaitants 100 % herbe.

 

Trois principales sources d'émissions

Sur une exploitation bovine, les trois principales sources d'émissions sont liées à l'élevage en lui-même, au sol et à l'utilisation d'énergie fossile.
. L'activité d'élevage couvre les émissions de méthane et de protoxyde d'azote liées à l'ensemble des animaux présents dans l'atelier. Ce sont notamment les gaz dégagés par les bovins au moment de la digestion et celles liées à la gestion des déjections.
. Le sol produit du protoxyde d'azote lors des réactions de nitrification et de dénitrification.
. La consommation d'énergie fossile est composée des énergies directes et indirectes responsables d'émissions de gaz carbonique. Cela comprend donc pour les énergies directes le fioul nécessaire aux engins motorisés et l'électricité. L'énergie indirecte regroupe tout ce qui est consommé en amont de l'exploitation, en particulier lors de la fabrication et du transport des différents intrants (engrais, aliments du bétail…).

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Bovins Viande de février 2010. (RBV n°168 p. 16 à 42.)

Source Réussir Bovins Viande Février 2010

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