Visite sanitaire obligatoire en élevage bovin. Sensibilisation fièvre aphteuse en 2015

Dr Didier GUERIN

Visite sanitaire obligatoire en élevage bovin. Sensibilisation fièvre aphteuse en 2015

Visite sanitaire obligatoire => Pour 2015, la visite sanitaire obligatoire en élevage bovin porte sur la fièvre aphteuse. Une visite en élevage porcin est en cours de mise en place avec comme thématique la biosécurité et la maîtrise du risque « trichine ».

Visite sanitaire obligatoire en élevage bovin. Sensibilisation fièvre aphteuse en 2015

Dans le cadre du passage d’un système d’éradication vers une épidémiosurveillance, l’Etat, par arrêté du 24 janvier 2005, a décidé l’instauration d’une visite annuelle obligatoire dans chaque élevage pour surveiller et prévenir les risques sanitaires. Des espèces bovine et avicole déjà concernées, elle va s’étendre aux porcins. Rappelons que cette visite obligatoire, réalisée par le vétérinaire sanitaire de l’élevage, conduite sur la base d’un formulaire, est rémunérée par l’Etat.

Une visite sanitaire obligatoire dans tout élevage bovin, après les avortements en 2014, la fièvre aphteuse en 2015

Tous les élevages bovins sont concernés par cette visite sanitaire obligatoire, quelle que soit leur taille, sauf les centres d’insémination artificielle et les ateliers d’engraissement. En 2014, la sensibilisation a porté sur les avortements. Nous avons pu observer une augmentation des déclarations d’avortements avec une utilisation plus importante de notre kit diagnostic et un taux d’élucidation amélioré (cf. articles des 14/02/2014 et 07/11/2014).

Vue la présence de fièvre aphteuse dans certains pays méditerranéens et son impact (cf. encadré), en accord avec les organisations professionnelles vétérinaires et agricoles, la plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale et l'Anses-Lyon, la thématique adoptée pour 2015 porte sur la fièvre aphteuse. L’objectif est de vous sensibiliser sur la déclaration précoce des suspicions de fièvre aphteuse.

Un questionnaire et une fiche de sensibilisation

Un questionnaire d’échanges abordant les principaux éléments relatifs à la fièvre aphteuse sera à remplir lors d’une rencontre avec votre vétérinaire sanitaire avant le 31 décembre 2015. Ce formulaire d’enquête cosigné par vous-même et votre vétérinaire est à conserver cinq ans dans votre registre d’élevage. Une copie est conservée par votre vétérinaire qui assure la saisie informatique sécurisée et anonymée. Une fiche de sensibilisation, remise et commentée par votre vétérinaire, présente la maladie, ses principales caractéristiques, ses risques d’introduction, l’importance de sa détection précoce en relation avec son extrême contagiosité et le plan d’action mis en place en cas de suspicion. Les vétérinaires apportent leur contribution à travers un questionnaire spécifique.

Une (re)sensibilisation sur la fièvre aphteuse et un rappel des signes d’alerte

L'objectif de cette visite est de vous (re)sensibiliser vis à vis de la fièvre aphteuse, de vous redonner les signes d'alerte et de vous amener à déclarer sans délai à votre vétérinaire tout symptôme pouvant faire suspecter de la fièvre aphteuse. Certaines questions ont pour but d'évaluer votre sensibilisation et votre connaissance de la maladie. Cela permettra d'orienter de futures campagnes de sensibilisation et d'évaluer leur impact. Une des questions vise à identifier vos freins à la déclaration dans le but de mieux les prendre en compte. Vous pouvez retrouver l’instruction technique avec ses annexes à l’adresse suivante : https://info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/instruction-2014-1041.

Un rendez-vous incontournable de notre concept « Le sanitaire… J’adhère ! »

Articulée avec le bilan sanitaire annuel nécessaire à la prescription sans examen clinique, cela participe au développement de l’approche sanitaire globale de votre troupeau, base de notre concept « Le sanitaire… J’adhère ! ». Pour tout renseignement complémentaire n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire, la DDCSPP ou GDS Creuse ou à venir nous rencontrer à notre prochaine journée « portes ouvertes » du 14 mars.

Visite sanitaire obligatoire en élevage bovin. Sensibilisation fièvre aphteuse en 2015

Bilan de l’épizootie de fièvre aphteuse au Royaume-Uni en 2001

L’épizootie de 2001 a eu un impact économique sans précédent par rapport à d’autres crises sanitaires (cf. illustration « Coût estimé de différents épisodes pathologiques »). Les répercussions économiques découlent tout d’abord de l’impact direct de la maladie sur la production et des coûts des mesures de lutte. Elles sont ensuite essentiellement liées aux conséquences des mesures de gestion pour un pays indemne comme les pays de l’Union Européenne (dont la France) (restrictions commerciales et retombées indirectes). Pour les animaux et les produits d’origine animale, un État membre recouvre son statut antérieur « indemne » au regard de la Commission et de l’OIE et peut alors prétendre retrouver une activité commerciale « normale » que trois mois après l’éradication du dernier foyer ou l’abattage du dernier animal vacciné ou six mois après la fin de la vaccination d’urgence, si les animaux vaccinés sont conservés.

L’épisode au Royaume-Uni en 2001 : un coût estimé à 30 milliards de dollars US

En 2001, l’épisode au Royaume-Uni, cela a été plus de 7 mois d’épizootie, 2.026 foyers, 7 millions d’animaux abattus et éliminés dans plus de 9.000 fermes. Il a débuté par une phase silencieuse très longue due à un défaut de dépistage précoce lié à une réaction initiale insuffisamment rapide qui a retardé les interdictions de mouvements et permis la diffusion de la maladie.

En France, une rapide mise en alerte, un impact limité

Suite aux cas au Royaume-Uni, la mise en alerte s’est faite rapidement en France avec les mesures suivantes : embargo sur les animaux et les produits en provenance du Royaume-Uni, interdiction de mouvements des espèces sensibles dans tout le pays, abattages préventifs des animaux importés pendant la période à risque et des animaux contacts, surveillance clinique et dépistage sérologique. Le bilan est le suivant : 2 foyers cliniques sur 15 jours, 63.000 animaux abattus et éliminés (de façon majoritaire, moutons importés) dans 120 exploitations, 5.400 sérums pour enquête « animaux contacts » et 8.400 sérums pour la requalification. Les pertes directes sont estimées à 15 millions d’euros et indirectes à 750 millions d’euros.

Une visite en élevage porcin pour une maîtrise du risque « trichine »

Le Règlement modifié (CE) n° 2075/2005 fixant les règles spécifiques applicables aux contrôles officiels concernant la présence de Trichinella dans les viandes prévoit les modalités de « reconnaissance officielle des exploitations ou compartiments appliquant des conditions d'hébergement contrôlées ». Ces conditions relèvent majoritairement de la mise en œuvre de mesures de biosécurité.

Pour une reconnaissance officielle par la DD(CS)PP des exploitations ou compartiments appliquant des conditions d’hébergement contrôlées

La grille de la campagne 2015 de visite sanitaire a pour objectif de permettre aux DD(CS)PP de reconnaître officiellement les exploitations remplissant les conditions requises, à partir des informations collectées par les vétérinaires sanitaires. Le questionnaire porte sur les éléments de biosécurité généraux et relatifs à la maîtrise du risque trichine, de gestion alimentaire relatifs à la maîtrise du risque trichine et de gestion de l’élevage. Seuls les élevages hors-sol sont concernés par cette visite. Les porcs provenant des sites ainsi reconnus seront exemptés de la recherche systématique à l’abattoir de larves de trichine. Cette visite est prise en charge par l’Etat. Les élevages plein-air sont soumis à la recherche systématique à l’abattoir de larves de trichine et ne peuvent donc pas bénéficier de cette reconnaissance.

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