Agneau fermier du Bourbonnais : L'abattoir Sicaba se modernise

Laurence Geffroy

Les éleveurs ovins du Bourbonnais ont inauguré leur nouvelle ligne d'abattage pour agneaux en septembre dernier. La Sicaba dispose désormais d'un bel outil performant.

A Bourbon l'Archambault dans l'Allier, la Sicaba croit en l'ovin. Cette coopérative de 73
salariés et 303 éleveurs adhérents, présidée par un éleveur ovin de Saint-Aubin le Monial,
Daniel Chemelle, n'a pas hésité à investir 535 000 euros dans une ligne d'abattage pour
agneaux, alors qu'en 2008, deux autres abattoirs de l'Allier ont abandonné l'ovin. La Sicaba
devient ainsi le plus gros abattoir d'Auvergne pour cette production, tout en étant multi-
espèces.
Bien qu'inaugurée en septembre dernier, la ligne agneaux est opérationnelle depuis 2008.
Neuf opérateurs travaillent en ovin le matin avec un rendement de 60 à 65 agneaux par
heure. Ce qui témoigne d'une amélioration très nette des conditions de travail, car
auparavant, ce rendement était de 30 à 35 agneaux par heure, avec des tâches bien plus
pénibles.
Michel Remmeau est un éleveur mixte à Bourdoiseau, à 5,5 km de l'abattoir. Il possède 100
vaches allaitantes et 500 brebis Texel. Il adhère à la Sicaba depuis 1987 et au Label rouge
depuis sa création en 1990. Pour son organisation, il apprécie que des plannings de
livraison soient envoyés deux fois par an par courrier aux éleveurs qui peuvent effectuer
leur prévision pour les six mois à venir.





Une opération de promotion était organisée par la coopérative en septembre dernier, avec des portes ouvertes de l'abattoir et des visites d'élevages en label rouge. (L. Geffroy)

Une opération de promotion était organisée par la coopérative en septembre dernier, avec des portes ouvertes de l'abattoir et des visites d'élevages en label rouge. (L. Geffroy)

Beaucoup de demandes

Les réponses sont collectées et une réunion permet d'établir un planning. « On s'adapte
aux débouchés, explique l'éleveur. On peut laisser des agneaux au pré pour étaler la
livraison. Les éleveurs s'organisent selon la race et le type de production. »
Les 88 éleveurs ovins en Label rouge sont localisés 30 km autour de l'abattoir, dans l'Allier
et les départements limitrophes (Cher, Nièvre, Creuse, Saône-et-Loire). Pour écouler
l'agneau fermier, aucun souci, car il y a de la demande. La viande est valorisée à 44 %
chez des artisans bouchers, dans la moitié Est de la France, de Lille à la région Paca, en
passant par Strasbourg, l'Auvergne et Rhône-Alpes. La Sicaba est très peu présente en
grande et moyenne surface, bien que son directeur Luc Mary affirme que « ce n'est pas un
choix délibéré ».




En 2008, 8900 agneaux en label rouge ont été abattus. (L. Geffroy)

En 2008, 8900 agneaux en label rouge ont été abattus. (L. Geffroy)

 

Bonnes ventes en bio

Les ventes sont également dopées grâce à l'agneau issu de l'agriculture biologique. Une
forte demande en restauration collective a même conduit la Sicaba à se doter en 2001 d'un
outil pour fournir de la viande piécée. « Nous faisons aussi du boeuf, du porc et du veau en
bio, donc on peut fournir les quatre viandes à ces collectivités, avec des volumes
importants » note le directeur.
En 2008, 8900 agneaux en label rouge ont ainsi été abattus (54 % du total), et 2700 en bio
(30 %). Les débouchés pour le bio sont plutôt à la hausse, même si ce n'est pas simple
pour les éleveurs concernés de désaisonner. S'ajoutent 4500 agneaux non labellisés, sans
que ce soit forcément des refus du label. Pour se faire connaître auprès de la population
locale, la coopérative dispose également de deux magasins de vente directe, sur place à
Bourbon l'Archambault et dans la ville proche de Moulins, et adhère à un comité de
promotion des produits du Bourbonnais, où l'on retrouve aussi le fromage local, le Saint-
Pourçain.



Les agneaux du Bourbonnais sont issus de races à viande et leurs croisements :
Charollais, Ile de France, Texel, Suffolk et Charmoise. Les agneaux sont élevés sous la
mère de préférence, sans subir de sevrage. Ils sont abattus à l'âge de 90 jours au minimum
et 210 jours au maximum. Leurs carcasses pèsent alors entre 14 et 23 kg. Au niveau de la
rémunération, il y a mutualisation, comme ca, personne n'est lésé. Il n'y a pas d'acheteur
sur le terrain, l'éleveur tri et amène lui-même ses agneaux, on lui fait confiance. « L'éleveur
est engagé dans sa filière » constate Luc Mary. Le label rouge et l'IGP lui permettent une
bonne valorisation.

Source Réussir Lait Elevage Décembre 2009

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