Aides PAC : Le rééquilibrage profite aux caprins

GEB, Institut de l'élevage et Damien Hardy

Avec un soutien de 15 à 20 euros par tête pour les troupeaux de plus de dix animaux, les éleveurs caprins profiteraient pleinement du rééquilibrage des soutiens financiers de la PAC. Une étude de l'Institut de l'élevage fait le point.

Le bilan de santé de la Politique agricole commune (PAC) en France, annoncé par le ministre de l'Agriculture le 23 février dernier, réoriente les soutiens financiers touchés jusqu'à maintenant principalement par le secteur des grandes cultures pour les rééquilibrer avec le secteur de l'élevage.
Parmi toute la batterie de mesures, les secteurs ovins et caprins recevront 135 millions d'euros dont environ 12 millions affectés aux caprins. Ce soutien direct pourrait se situer aux alentours de 18 euros par chèvre pour les troupeaux de plus de 10 chèvres, mais ce montant n'est, à ce jour, qu'une hypothèse. Avec un troupeau moyen de 155 chèvres en France, les élevages caprins pourraient recevoir en moyenne près de 2 800 euros par an et par élevage. Ce soutien se maintiendrait de 2010 à 2013 mais pourrait préfigurer la PAC d'après 2013. L'attribution d'une aide à la chèvre est une nouvelle donne dans la filière caprine qui n'avait connu jusque-là qu'une prime à la chèvre en zone de montagne (PBC) devenue totalement découplée suite à la dernière réforme de la PAC.

 

 

Augmentation du niveau des aides

Dans un document paru en avril dernier, le service économie de l'Institut de
l'élevage a étudié les incidences de la réorientation des aides PAC sur les systèmes caprins. Globalement, les exploitations caprines sont plutôt gagnantes même si ces aides nouvelles restent peu élevées au regard des autres filières animales et, encore plus, végétales.
En détail, il apparaît que les systèmes spécialisés caprins, qui développent de grands troupeaux bénéficieraient à plein de l'effet « prime à l'animal ». Pour ces systèmes avec peu de surfaces en céréales, l'effet du prélèvement sera limité et les surfaces en herbe seront confortées par le nouveau « DPU herbe ».
Les systèmes spécialisés avec des effectifs plus limités (fromager notamment) seront moins favorisés, à moins d'avoir un système d'alimentation basé sur l'herbe. En effet, les systèmes herbagers de petite taille seront encouragés grâce à la prime à l'herbe qui fera quasiment jeu égal avec la prime à la chèvre. En revanche, près de 1000 exploitations caprines avec des systèmes pastoraux risquent d'être écartées de la prime à l'herbe à cause de la limite de 0,5 UGB par hectare. Les systèmes caprins associés à des céréales connaîtront un rééquilibrage entre les deux ateliers de l'exploitation.

Cette nouvelle donne limitera peut-être l'abandon de la production caprine et pourra inciter à redévelopper des systèmes alimentaires plus autonomes, avec de la luzerne par exemple. Cette évolution sera fonction de celle des cours des céréales et de la disponibilité en main-d'oeuvre de l'exploitation. Dans les exploitations pour lesquelles les cultures de vente sont largement dominantes par rapport à l'atelier caprin, le déséquilibre entre les deux ateliers ne sera pas modifié.
Les systèmes caprins associés à des vaches allaitantes seront affectés par une baisse des aides sur l'atelier bovin mais compensés par la prime à la chèvre et celle au maïs ensilage. Les systèmes les plus herbagers devraient enregistrer une augmentation du montant de leurs aides.

Le dossier « Économie de l'élevage » sur le bilan de santé de la PAC en France est disponible sur le site de l'Institut de l'élevage ou sur commande (25 €) à Technipel. Tél. 01 40 04 51 71.

Le dossier « Économie de l'élevage » sur le bilan de santé de la PAC en France est disponible sur le site de l'Institut de l'élevage ou sur commande (25 €) à Technipel. Tél. 01 40 04 51 71.

 

Source Réussir La Chèvre Mai-Juin 2009

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