Alimentation : L'herbe pâturée pour alléger les charges

Danielle Sennepin et Sylvie Denis, chambres d'agri

Dans le contexte actuel d'augmentation du coût des aliments, valoriser au maximum l'herbe devient un véritable enjeu. Voici des règles de conduite et des exemples d'adaptation chez des éleveurs en Limousin.

Afin d'alléger les charges alimentaires dont l'augmentation cette année est estimée à une moyenne de 10 à 15 euros par couple brebis-agneau, les systèmes de production doivent s'orienter vers plus d'autonomie, c'est-à-dire trouver le meilleur équilibre entre performances techniques et consommation de concentrés. Selon le système de production et le potentiel agronomique des exploitations, les adaptations possibles ne sont pas les mêmes pour tous les éleveurs ovins.

Dans les zones aux meilleurs potentiels fourragers, les exploitations plutôt herbagères affichent un chargement aux alentours de sept brebis par hectare. Les agnelages sont souvent répartis sur deux périodes avec une forte production d'agneaux de bergerie. Le principal levier d'adaptation est de travailler sur l'allongement des périodes de pâturage. Une autre possibilité existe : améliorer la flore des prairies assure des stocks de qualité, et par conséquent diminue l'apport de concentrés. Cela permet également d'accroître la proportion d'agneaux élevés et finis à l'herbe. L'herbe pâturée est à réserver aux brebis à forts besoins, en fin de gestation ou en lactation. Vous pouvez mettre en place le pâturage hivernal qui couvre au minimum les besoins de 20 % du troupeau, par exemple les agnelles en gestation. La culture de céréales pour l'engraissement des agneaux diminue les coûts de production de l'ordre de 6 euros par agneau.

L'herbe pâturée reste l'aliment qui affiche le meilleur rapport qualité/prix grâce à sa valeur alimentaire. (J. Diependaele)

L'herbe pâturée reste l'aliment qui affiche le meilleur rapport qualité/prix grâce à sa valeur alimentaire. (J. Diependaele)

Dans des zones plus difficiles, caractérisées par de plus faibles potentialités fourragères et peu de marge pour cultiver des céréales, plusieurs adaptations du système peuvent être proposées. Il peut tout d'abord être conseillé l'utilisation de brebis limousines avec des périodes de mise bas bien définies, calées sur le dernier trimestre ou sur le premier trimestre. En période de lactation, l'apport exclusif d'un fourrage d'excellente qualité (regain, enrubannage…) suffit à couvrir les besoins alimentaires. La pratique du pâturage hivernal ainsi que l'utilisation des parcours doivent entrer dans la conduite du système.

Il ne faut pas oublier les élevages mixtes qui représentent dans certaines régions comme le Limousin la moitié des effectifs de brebis. Les ovins y trouvent toute leur légitimité, en particulier en valorisant l'herbe que les vaches ne peuvent pas utiliser. Ainsi, un pâturage hivernal sur l'ensemble de la surface diminue de 80 % les quantités de fourrages distribuées et de 5 euros par femelle le prix des concentrés utilisés. Au printemps, sachant qu'il n'existe aucun problème de portance avec les ovins, le déprimage permet d'obtenir un fourrage de qualité.




En système mixte, cette mise en pratique est facilitée avec des systèmes de production simples, c'est-à-dire avec un agnelage au printemps pour des brebis de type herbager ou bien un agnelage d'automne pour des brebis de type rustique. Quel que soit le système, toutes ces pistes d'adaptation ne trouvent leur pleine efficacité économique que lorsque les règles élémentaires de gestion de troupeau sont respectées.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Pâtre d'octobre 2008. (R. Pâtre n°557, p.18 à 27).

Source Réussir Pâtre Octobre 2008

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