Alimentation : quilibrer la ration avec des minéraux

Damien Hardy

L'apport d'aliments minéraux permet de compenser les déficits en éléments de la ration. On veillera à apporter suffisamment de phosphore et de calcium sans oublier les autres macro et oligoéléments.

Aucune ration n'est équilibrée en soi », prévient François Meschy, ancien ingénieur de recherche à l'Inra en charge de l'alimentation minérale des ruminants de 1984 à 2009. «Même le lait des mères n'est pas suffisamment riche en fer pour le développement du chevreau. » Il convient donc d'apporter des compléments minéraux pour équilibrer la ration, incapable dans leur quasi-totalité de satisfaire l'ensemble des besoins des animaux. « L'alimentation minérale n'a rien de mystérieux, explique l'ingénieur, elle relève bien au contraire du domaine du rationnel et doit y demeurer. » Pour calculer les apports de l'aliment minéral (anciennement appelé complément minéral vitaminisé ou CMV), on se base en priorité sur la teneur en phosphore car c'est le minéral le plus coûteux de l'aliment et il faut éviter qu'il pollue inutilement l'environnement.

La consommation volontaire de sel est de l'ordre de 5 à 6 grammes par jour et par chèvre. (D. Hardy)

La consommation volontaire de sel est de l'ordre de 5 à 6 grammes par jour et par chèvre. (D. Hardy)

Le maïs est moins riche

On établit pour cela un bilan en calculant, d'après les tables Inra, les apports de minéraux de la ration d'une part et les besoins des animaux d'autre part. « Il est important de se baser sur les références actualisées publiées en 2007, explique François Meschy, car, en vingt ans, les fourrages ont évolué et ont perdu de leur concentration en minéraux. »
Ainsi, la concentration en phosphore de l'ensilage de maïs est passée de 2,5 à 1,8 g/kg de MS et celle de calcium de 3 à 2 g/kg de MS. Tous les aliments végétaux n'apportent pas la même quantité de phosphore et calcium. Cette teneur minérale varie aussi en fonction de la nature du sol, des conditions climatiques, du niveau de fumure ou du stade végétatif. On peut cependant retenir que l'ensilage de maïs est moins riche que l'herbe, que les légumineuses et crucifères sont nettement plus riches en calcium que les graminées et que les céréales sont pauvres en calcium mais riches en phosphore.

Pour le rumen aussi

L'organisme d'un mammifère adulte contient environ 1 % de phosphore et 1,6 % de calcium. Les réserves phosphocalciques osseuses sont intensément mobilisées en début de lactation. Cette mobilisation quasi inéluctable chez les fortes productrices doit être compensée par un apport alimentaire suffisant en seconde partie de lactation où l'exportation minérale est moindre pour permettre la reconstitution de réserves minérales osseuses.
Les besoins en minéraux des ruminants comprennent les besoins de l'animal mais aussi ceux des micro-populations du rumen. Par exemple, les bactéries du rumen ont besoin de deux à deux fois et demie plus de phosphore pour la fermentation des fibres végétales que l'animal hôte pour son entretien. Dans ce cas, les besoins sont essentiellement couverts par le recyclage de l'intense salivation des ruminants. Gare alors aux régimes alimentaires qui n'assurent pas une salivation suffisante (forte part d'aliments concentrés, faible fibrosité…) et qui peuvent placer les bactéries du rumen en subcarences de phosphore malgré un apport alimentaire apparemment satisfaisant. Concernant les oligoéléments, ils sont toujours déficitaires quel que soit le type de ration considéré. Les aliments minéraux du marché permettent généralement de compenser ce déficit. Avec un coût moyen de l'ordre du centime d'euro par litre de lait, la complémentation minérale ne doit pas être négligée.

Source Réussir La Chèvre Octobre 2010

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires