« Allons chercher les jeunes au Pôle emploi » suggère le responsable de la reconquête ovine

Propos recueillis par Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Juin-Juillet 2013

« Allons chercher les jeunes au Pôle emploi » suggère le responsable de la reconquête ovine
Frank Dieny, administrateur de la fno, responsable de la reconquête ovine, élève 700 brebis à Ventavon, dans les Hautes-Alpes. © L. Geffroy

Le deuxième volet de l’action reconquête ovine a démarré en 2012. L’installation est toujours au cœur de ce programme national.

Quelques outils de la reconquête

« Allons chercher les jeunes au Pôle emploi » suggère le responsable de la reconquête ovine

Parmi les principales actions menées dans le cadre de la reconquête ovine, on peut citer la mise en place de deux sites internet : www.jedeviensberger.com et www.reconquete-ovine.fr. Évenement médiatique, les Ovinpiades des jeunes bergers mobilisent l’enseignement agricole et la profession. Des présentations de la filière ovine en lycées agricoles sont également menées. Les acteurs travaillent sur la rénovation du certificat de spécialisation « conduite d’un troupeau ovin allaitant » et ont lancé les Trophées de l’élevage ovin pour récompenser les éleveurs et leurs techniciens. Des journées techniques et des formations sont organisées dans toute la France et du côté du dossier installation, ont notamment été lancés le laboratoire d’idées, le numéro vert demain j’élève des brebis : 0 805 620 090 et le guide S’installer en élevage ovin.

. Quel bilan dressez-vous de la reconquête ovine ?

Frank Dieny – En 2012, nous avons entamé la deuxième mouture du programme qui s’étale à chaque fois sur trois ans. Les priorités sont mises sur l’installation et la création d’ateliers complémentaires, en plus d’une bonne communication sur le métier d’éleveur ovin et la mise en avant de la technicité. Il faut produire plus et mieux, c’est le message que nous souhaitons transmettre. Quant à la mesure de l’impact d’un tel programme, il faudrait pouvoir apprécier le travail avec des indicateurs, comme la participation des éleveurs aux journées techniques organisées dans toute la France, par exemple.

. Quelle est votre principale satisfaction en tant que pilote de l’action reconquête ?

F. D. – C’est l’évolution du discours qui a changé depuis 2009, date du rééquilibrage de la politique agricole commune en faveur des ovins. Il nous a bien aidés, les mentalités ont changé et nous avons réussi à faire admettre qu’on pouvait vivre du mouton. On peut citer les Ovinpiades des jeunes bergers ou les Trophées de l’élevage ovin, deux réussites qui permettent d’apporter une communication positive. Ce climat redonne confiance.

. Quels autres outils sont mis en place pour aider les jeunes ?

F. D. – L’enjeu primordial de ce programme est bien le renouvellement des générations, avec des installations partout où l’on peut mettre des brebis, que ce soit sous la forme d’ateliers spécialisés ou d’ateliers complémentaires. Il existe un logiciel, Oviplan, qui permet de chiffrer l’intérêt d’un atelier ovin. Nous souhaitons faire sa promotion. Il est facile à utiliser et s’appuie sur les cas types des réseaux d’élevage. Le profil des jeunes se diversifie. Ils ne sont pas forcément issus du monde agricole, il va falloir aller les chercher, au Pôle emploi par exemple, établissement public qui gère les demandeurs d’emploi en France mais où il est difficile d’entrer. C’est une possibilité à ne pas négliger. Mais afin de garder du poids dans la technicité, la formation est importante. À Saint-Pouange dans l’Aube, un bac Pro avec support ovin se met en place à la rentrée prochaine, c’est la deuxième formation de ce type à être créée après l’ouverture d’une licence Pro à Saint-Affrique en 2010. 

Cet article a été réalisé dans le cadre du programme "Reconquête ovine ".
Toutes les infos sur www.reconquete-ovine.fr

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires