Ambiance des bâtiments : Aérer sans courant d'air

Pour une ambiance saine, le bâtiment d'élevage doit éliminer l'humidité, la chaleur et les substances nocives sans pour autant refroidir le troupeau.

Les animaux éliminent constamment des éléments qui polluent l'air. La vapeur d'eau provenant de la respiration et de l'évaporation des déjections est, en quantité, l'élément le plus important. Une chèvre dégage ainsi par la respiration environ deux litres d'eau par jour.
On considère que si le renouvellement d'air est suffisant pour évacuer la vapeur d'eau, tous les autres éléments nocifs (l'ammoniac, le gaz carbonique, les poussières, les agents infectieux…) seront éliminés en proportion suffisante pour prévenir leurs effets néfastes sur la santé des animaux et sur l'état du bâtiment (moisissures, rouille, colmatage des brise-vent).
Cependant, les animaux sont sensibles aux facteurs qui accroissent les pertes de calories, notamment l'humidité et les courants d'air. Ainsi, un animal placé dans un courant d'air ressent une température qui lui paraît d'autant plus faible que la vitesse de l'air est rapide. C'est un problème majeur pour la période hivernale car la vitesse d'air doit être inférieure à 0,25 m/s pour les chevreaux et 0,5 m/s pour les adultes (visuellement, la flamme d'un briquet reste droite) tout en renouvelant l'air. Par contre, en période estivale, augmenter la vitesse d'air sur l'ensemble de l'aire de vie aide les animaux à lutter contre la chaleur à laquelle ils sont très sensibles.

Le long pan doit offrir des ouvertures latérales pour permettre un effet « vent » et un effet « cheminée ». Les claire-voies amovibles en bois peuvent être équipées de vérin électrique. (C. Beau)

Le long pan doit offrir des ouvertures latérales pour permettre un effet « vent » et un effet « cheminée ». Les claire-voies amovibles en bois peuvent être équipées de vérin électrique. (C. Beau)

Bardages et pignons ouverts

Il est donc important de maîtriser les courants d'airs : très faibles au niveau des animaux lorsqu'il fait froid, mais accélérés lorsqu'il fait chaud. Pour cela, le bâtiment doit combiner une ventilation naturelle et éventuellement une ventilation dynamique.
Sous l'effet de la chaleur produite par les animaux et la litière, l'air interne du bâtiment se réchauffe et s'élève vers le faîte du toit. Si l'on a aménagé les ouvertures nécessaires au sommet de la toiture et sur les côtés du bâtiment, il s'établit rapidement un circuit d'air ascensionnel qui ventile efficacement le bâtiment. Cet effet « cheminée » fonctionne principalement en période hivernale.
Lorsque le vent souffle, s'il existe des ouvertures bien réparties sur les longs pans et les pignons, un circuit d'air va s'établir et traverser de part en part le volume interne du bâtiment. Cet effet « vent » est très efficace pour des bâtiments ne dépassant pas 20 mètres de large. Cet effet vent et cet effet cheminée se combinent ou se contrarient selon l'orientation et la vitesse du vent.

L'ouverture sur les longs pans doit être placée au moins à 1,5 m du haut de la litière. Mais il n'est pas pour autant nécessaire de monter parpaing et béton jusqu'à cette hauteur, un bardage plein en bois peut faire largement l'affaire. L'ouverture minimale correspond à 0,03 m2 par chèvre présente. En hiver, l'ajout d'un brise-vent est nécessaire. Les filets brise-vent en plastique assurent luminosité et ventilation. Ils peuvent être enroulables mécaniquement ou manuellement. Les bardages bois en claire-voie résistent bien au temps et à la pluie. Ce claire-voie peut être amovible et équipé d'un vérin hydraulique piloté par une sonde de température. Sur le haut du toit, la faîtière avec pare-vent est le système efficace le plus utilisé en bâtiment caprin. Si les pignons sont orientés vers les vents dominants, on peut imaginer une faîtière avec un pare-pluie entre les pare-vent ou une faîtière avec dôme translucide.
Les bâtiments en dur offrent souvent des volumes d'air bien supérieurs aux recommandations. Dans ce cas, la ventilation par effet cheminée peut être compromise et les pertes de chaleur peuvent être augmentées.
On remarque aussi que les bâtiments de grande largeur (plus de 20 mètres) sont plus difficiles à ventiler. Il est alors possible de créer un décrochage dans la toiture qui laisse un long pan aéré ou de réaliser une toiture en écaille qui laisse passer l'air sous les plaques de fibro-ciment ondulées.

Pour le bien-être des chèvres, on peut prévoir une ou deux portes ouvrant vers un parc fermé extérieur pour que les animaux puissent s'aérer librement. (C. Beau)

Pour le bien-être des chèvres, on peut prévoir une ou deux portes ouvrant vers un parc fermé extérieur pour que les animaux puissent s'aérer librement. (C. Beau)

 

Etancheité pour ventilation dynamique

Lorsque la configuration ou l'emplacement du bâtiment, ne permettent pas une bonne ventilation statique, le recours à des extracteurs électriques peut être très intéressant. Ces extracteurs apportent un confort d'utilisation, car souvent, avec des volets réglables, en période de mi-saison, l'éleveur ne sait plus comment faire, ouvrir ou fermer, et souvent il abandonne.
Le principe de la ventilation dynamique est de réduire les entrées d'air (par rapport à la ventilation statique) et de réguler les mouvements d'air à l'intérieur du bâtiment par des extracteurs situés dans des cheminées, sur le long pan ou dans des gaines. Ces extracteurs fonctionnent plus ou moins vite selon la température du bâtiment.
Pour être efficace, la ventilation dynamique nécessite un bâtiment « étanche » avec des portes et fenêtres fermées. Les ventilateurs doivent toujours être allumés, même par temps très froid, pour permettre l'évacuation des gaz et de la vapeur d'eau. Pour conserver leur efficacité, les pales et volets anti-retour doivent être nettoyés deux fois par an. Il est aussi nécessaire de modifier la température de consigne de déclenchement de l'extraction selon la saison.

Enfin, pour le confort des animaux, on veillera à la nature des matériaux (sols et murs) qui joue un grand rôle dans la limitation des pertes caloriques. Ainsi, une aire de couchage en paille permet de garder trois fois plus de calories qu'une aire bétonnée non isolée. Pour un sol paillé sain, on peut soit bien compacter la terre, soit y ajouter un assemblage de calcaire broyé compacté sur lequel on épand un sac de ciment pour 20 m2. Pour les murs en long pan, on évitera la tôle métallique qui transmet le froid et la chaleur.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir La Chèvre de mai-juin 2009 : « Concevoir une chèvrerie adaptée et évolutive ». (R. La chèvre n°292, p. 16 à 27.)

Source Réussir La Chèvre Mai-Juin 2009

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