Benoist Piednoir de l'Institut de l'élevage : L'identification électronique va profiter aux éleveurs »

Propos recueillis par Damien Hardy

L'identification électronique des caprins sera obligatoire en juillet 2010. L'Institut de l'élevage rappelle que les éleveurs peuvent aussi tirer profit de cette nouvelle technologie.

Pourquoi l'identification électronique a-t-elle été rendue obligatoire ?

Dans les années 1990, l'ouverture des frontières a nécessité une identification précise des animaux afin de suivre leur mouvements et remonter jusqu'à leur exploitation d'origine. En 1997, la France a mis en place une identification obligatoire des ovins et caprins avec la pose d'une boucle dans le mois de la naissance et la tenue d'un registre d'élevage pour les entrées et sorties des animaux. En 2001, l'épisode de fièvre aphteuse et les buchers de moutons en Angleterre ont marqué les esprits et montré que des animaux porteurs de maladie pouvaient circuler sans traçabilité. A partir de 2004, l'Europe a imposé une double identification des petits ruminants de plus de six mois, la tenue d'un registre d'élevage et l'édition de documents de circulation. A terme, l'Europe souhaite aller plus loin que la traçabilité en lot et suivre chaque animal individuellement. Pour cela, le seul moyen est d'automatiser la lecture grâce à l'électronique. Aujourd'hui, on observe que plusieurs pays exportateurs d'animaux comme la Nouvelle-Zélande, le Brésil, les Etats-Unis ou l'Argentine s'intéressent fortement à l'identification électronique.

Benoist Piednoir, coordinateur identification et traçabilité animale à l'Institut de l'élevage. (D. Hardy)

Benoist Piednoir, coordinateur identification et traçabilité animale à l'Institut de l'élevage. (D. Hardy)

En quoi consiste la réglementation pour les caprins ?

Les caprins nés à partir du 1er juillet 2010 devront être munis de deux identifiants, dont un électronique, dans les six mois après la naissance ou avant qu'ils ne sortent de l'exploitation de naissance. Pour les caprins destinés à l'abattage en France, une dérogation permet de les sortir jusqu'à l'âge de 12 mois avec une seule boucle conventionnelle ou une barrette rigide pour les chevreaux de moins de quatre mois. En France, le support de la puce électronique peut être une boucle de type bouton + pendentif ou une bague au paturon sauf pour les échanges intra-communautaires. Les autres pays européens ont fait d'autres choix de supports comme des puces dans des bolus placés dans le rumen ou des puces insérées dans les onglons ou sous la peau. Le ministère de l'Agriculture prend en charge le surcoût des boucles électroniques jusqu'en 2013. Le passage à l'électronique des animaux nés avant 2010 se fera progressivement jusqu'en 2013 en concertation avec les EDE.

Comment fonctionnent les repères électroniques ?

L'identification se base sur la technologie d'identification par radiofréquence (RFID). Celle-ci permet de s'affranchir de la lecture visuelle directe, d'automatiser les tâches et de sécuriser et fiabiliser les données. La lecture se fait par onde radio à une distance d'environ 15 cm pour les lecteurs mobiles et de 50 à 90 cm pour les lecteurs fixes. Les puces électroniques portent le même numéro que la boucle conventionnelle et ne peuvent pas être falsifiées.

Quels sont les avantages de l'électronique pour l'éleveur ?

L'identification électronique n'est pas seulement profitable à l'aval de la filière et à la traçabilité nationale, elle peut être valorisée intelligemment par l'éleveur. Ainsi, en s'équipant d'un lecteur, l'éleveur peut acquérir et enregistrer facilement les numéros des animaux. Couplées à un logiciel de gestion de troupeau, ces données sont intégrées directement sans avoir besoin d'être saisies. La RFID permet aussi l'automatisation des tâches. Les distributeurs automatiques de concentrés ou les automates de pesée et de tri peuvent ainsi se servir du numéro de la boucle. En caprin, la généralisation de l'identification électronique sera très utile aux contrôles laitiers qui utilisent des compteurs à lait automatique de type Lactocorder.
Les fabricants vont profiter de la généralisation de l'identification électronique pour créer des matériels qui répondent aux besoins des éleveurs. Cependant, cette offre est en train de se structurer et les prix sont encore élevés. L'éleveur qui veut s'équiper doit être vigilant à la compatibilité des boucles, du lecteur, du logiciel et des différents matériels.

Source Réussir La Chèvre Mai 2010

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires