Bien observer pour mieux alimenter

Jean Legarto, Institut de l’élevage, et Damien Hardy - Réussir La Chèvre Septembre-Octobre 2012

Bien observer pour mieux alimenter
Passer du temps dans la chèvrerie à observer ses animaux permet de déceler les premiers signes d’un dysfonctionnement alimentaire. © D. Hardy

Une observation fine du troupeau et des résultats de contrôle laitier permettent d’ajuster au mieux la ration. Note d’état corporel, composition du lait, refus, rumination, niveau du tank… autant d’indicateurs pour piloter l’alimentation de son troupeau.

Pour en savoir plus

Bien observer pour mieux alimenter

Voir dossier de Réussir La Chèvre de septembre-octobre 2012. R. La Chèvre n° 312, p.18 à 29.

Ouvrez l’œil pour bien nourrir le troupeau. Le rationnement des chèvres se calcule et se raisonne au bureau après être allé en chèvrerie. Par la suite, l’éleveur continuera à ajuster encore les distributions en fonction des observations. Les ingestions, leurs variations journalières, les refus et le tri opérés par les chèvres sont autant d’indicateurs qui peuvent refléter la justesse ou non des distributions. Les productions laitières, les variations de volumes quotidiens et la composition du lait sont aussi des signes pour corriger le rationnement et son application réelle. Enfin, l’aspect des déjections, les comportements ruminatoires et généraux complètent les observations précédentes.
Ces indicateurs sont des alertes, pas toujours spécifiques, qu’il convient de recouper avant de tirer un diagnostic et des modifications dans le rationnement. Attention car on n’observera pas les mêmes choses en fonction du cycle de lactation. De même, les indicateurs sont à observer selon une chronologie. Par exemple, c’est après le repas du soir, quand les animaux sont tranquilles, que l’on observera le mieux leur rumination.

Lait, crottes, refus

Potentiellement toutes les modifications de comportements d’un troupeau sont la conséquence d’un changement dans l’équilibre des habitudes des chèvres. Suite à des changements de comportements, il est normal de vérifier certains aspects de la conduite en général et de l’alimentation en particulier.
Une modification de la faim du troupeau est perceptible au moment des distributions. Une plus grande faim engendre davantage de vivacité et de compétition. Si des refus à l’auge sont bien présents, il s’agit de vérifier leur accessibilité et leur composition. S’il n’y a plus de refus, c’est l’expression d’un manque réel de nourriture consommable. Les conditions lors des précédentes distributions doivent alors être enquêtées : quantités, teneur en matière sèche, réalité des distributions des concentrés, effectifs présents…
Inversement, une moindre expression de la faim, un manque de vitesse dans les déplacements (surtout pour les concentrés) doivent éveiller l’attention de l’éleveur. D’autres indicateurs sont immédiatement à surveiller (lait, crottes en bouses, rumination, ingestion, tri, abreuvement, températures corporelles,…).

Celles qui se lèvent vite

Une non-ingestion de concentré est souvent jugée comme un symptôme grave et, si l’origine métabolique (acidose) est diagnostiquée, il faut supprimer les concentrés énergétiques, faire ingérer des substances tampons et favoriser la rumination par l’ingestion de fourrages fibreux. La vitesse d’ingestion est plus difficile à estimer mais des repères simples peuvent donner des indications d’une situation « normale » : temps mis à ingérer le concentré par exemple, nombre de chèvres qui mangent à telle heure ou à la fin de telle tâche régulière…
L’éleveur-observateur aura aussi à cœur de remarquer les modifications des comportements lors des déplacements quotidiens et de la traite. Le déplacement dans un même circuit quotidien donne des indications sur la célérité et l’ordre de passage, facilement observables pour les premières et les dernières chèvres. Les modifications dans les vitesses de déplacements peuvent révéler un manque d’attrait pour la traite (moins de lait, éjection douloureuse…) mais aussi peut être une fatigue musculaire liée à des fourbures d’origine toxinique alimentaire ou infectieuse.
En salle de traite, lieu d’observation privilégié, les modifications de comportements sont facilement observables mais elles ne sont vraiment bien perçues que pour quelques chèvres suivies par le trayeur. Ces modifications de comportements ne sont intéressantes à observer que si les habitudes de conduite sont régulières. Soyez vigilant, notez tout, voici quelques repères à suivre pour garder le (bon) œil sur son troupeau.

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