Charges d'alimentation : Finir les agneaux avec les céréales de l'exploitation

François Demarquet, ferme expérimentale de Carmejane et Laurence Sagot, Institut de l'élevage/Ciirpo

L'utilisation du mélange fermier réduit le prix de la ration surtout si les céréales sont produites sur l'exploitation. Voici les principales règles pour obtenir des carcasses de bonne qualité au moindre coût.

L'augmentation du coût des matières premières a entraîné une majoration des charges
alimentaires de 4 à 8 euros par agneau fini. Dans tous les cas, les céréales et protéagineux
produits sur l'exploitation sont d'abord à distribuer aux brebis. Mais quand les stocks sont
suffisants, distribuer ces aliments aux agneaux réduit le coût de la ration. Selon une étude
réalisée par le Ciirpo et la ferme expérimentale de Carmejane à partir de résultats d'essais,
le coût pour produire un kilo vif d'agneau sevré passe ainsi de 1,40 euro avec de l'aliment
complet à moins d'un euro avec du mélange fermier, soit une économie de l'ordre de 6
euros par agneau. Si les céréales sont achetées à un organisme stockeur, la différence de
coût est davantage soumise aux opportunités d'achat de la céréale et de l'aliment complet.
Dans tous les cas, deux contraintes liées à l'utilisation du mélange fermier sont à prendre
en compte. D'une part, s'agissant du mélange de plusieurs matières premières, la capacité
de stockage et le temps passé à la préparation sont plus importants qu'avec un aliment
complet. D'autre part, sans tri régulier pour l'abattage ou éventuellement en rationnement du
concentré en finition, les carcasses produites peuvent être plus grasses.

François Demarquet, ferme expérimentale Carmejane, et Laurence Sagot, Institut de l'élevage/Ciirpo

François Demarquet, ferme expérimentale Carmejane, et Laurence Sagot, Institut de l'élevage/Ciirpo

Toutes les céréales conviennent

Toutes les céréales peuvent être utilisées seules (sauf l'avoine insuffisamment énergétique)
ou en mélange. L'azote peut être apporté par un complémentaire azoté, un tourteau
d'oléagineux (à raison de 15 % pour le soja et de 30 % pour le colza fermier par exemple),
un protéagineux (à raison de 40 % pour le pois, 22 % pour le lupin), ou même du foin de
légumineuses. Dans ce dernier cas, un allongement de la durée de finition de quinze jours à
trois semaines est à prévoir. Enfin, un CMV spécial Agneau doit être mis à disposition (soit
à raison de 3 % dans le mélange, soit en libre service) afin de limiter les lithiases urinaires
sauf en cas d'utilisation d'un complémentaire azoté.

Distribuer tous les aliments entiers

Les céréales peuvent être distribuées entières dès le plus jeune âge (15 jours). De récents
essais ont montré que cela n'a aucune incidence sur les performances des agneaux (le
maïs n'a pas été testé). A partir de l'âge de 6 semaines, tous les aliments, y compris les
protéagineux doivent être distribués entiers. Broyer, aplatir, concasser ne servent à rien.
Au contraire, cela peut entraîner une dévalorisation des carcasses, conséquence d'une
augmentation des défauts de tenue du gras.
En l'absence de mélasse, le mélange homogène des matières premières n'est pas
indispensable : cette pratique n'empêche pas les agneaux de trier. Les matières premières
peuvent être simplement disposées en couches successives. Il importe toutefois de veiller
à ce que les nourrisseurs disposent de rebords suffisamment hauts limitant le gaspillage.


 

 

Source Réussir Pâtre Août-Septembre 2008

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