Comment améliorer son coût de production ?

S. Giraud-Chatenet

Un revenu des éleveurs conforté par les cours et les aides mais contrarié par la hausse des coûts de production.

L’analyse des 62 élevages des réseaux Auvergne, Loire, Rhône et Bourgogne, regroupés en trois catégories d’ateliers ovins (zone herbagère, zone de montagne et zone céréalière), a permis de déceler les composantes et leviers d’amélioration technique du coût de production en élevage ovin. Sur la méthode d’abord, François Madeuf, technicien ovin à Copagno, explique que “le calcul du coût de production est une méthode qui permet à la fois la comparaison entre fermes et entre productions”. Et d’estimer que cet outil est une “nouvelle manière d’aborder les données technico-économiques recueil-lies dans les élevages rapportées à la production de kilos de carcasse d’agneaux”. Les produits affectés à l’élevage ovin sont composés : du prix de vente relativement proche selon les trois types d’ateliers (5,6 euros pour l’agneau herbager, 5,4 euros pour l’agneau de montagne et 5,7 euros pour l’agneau de plaine céréalière) ; des autres produits (0,5 euro/ kilo) et des aides dont le niveau dépend surtout de la réglementation. “D’un producteur d’agneau, l’agriculteur devient principalement un fournisseur de viande. Il doit donc dorénavant intégrer dans sa réflexion des composants relatifs aux critères de qualité, aux coûts et aux volumes”, estime Serge Figon, conseiller de gestion au CER France 43.

Selon les types de conduite d’élevage, les prix de revient des agneaux sont très différents.

Augmenter la productivité

D’où l’intérêt de calculer au plus juste son prix de revient, qui correspond au prix de vente nécessaire pour rémunérer l’éleveur à hauteur de 1,5 Smic. Le réseau d’élevage ovins constate de fortes disparités du prix de revient selon les systèmes (5,7 € pour l’agneau d’herbe, 6,4 pour l’agneau de montagne et 7,1 pour l’agneau de plaine). Pour autant, un prix de revient inférieur au prix de vente est un objectif atteignable à condition toutefois d’augmenter la productivité du troupeau ou de diminuer la consommation d’aliment. Pour Michèle Boudoin, éleveuse dans le Puy- de-Dôme et présidente du Corel ovins, “face à la gestion des aléas climatiques et à la recherche d’autonomie alimentaire, il est indispensable de privilégier une gestion technico-économique fine de l’exploitation”. Cette gestion doit bien évidemment intégrer la productivité de la main-d’œuvre, exprimée en kilos carcasse (kgc). Elle est de 9 000 kgc en moyenne pour les trois types d’ateliers, dans les fermes en réseau. Pour un même type d’atelier, la variabilité est cependant très forte (de 2 000 à plus de 15 000 kgc). L’objectif de 10 tonnes/UMO est atteint par deux élevages sur cinq. Autant dire que des marges de progrès existent.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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