Conseil Agricole Départemental Ovin : Se battre pour maintenir les éleveurs ovins sur le territoire

Bénédicte Boissier

Conseil Agricole Départemental Ovin : Se battre pour maintenir les éleveurs ovins sur le territoire

Elle préside le Conseil Agricole Départemental (Cad) ovin, remplit des mandats au niveau national et régional. Michelle Delesveaux, éleveur de moutons, s'exprime sur les attentes et le devenir d'un métier dans lequel elle croit profondément.

La nécessité de travailler ensemble

« Nous avons besoin aujourd'hui, encore plus qu'hier, de travailler à tous les niveaux. La collaboration des organismes professionnels agricoles, des organisations de producteurs, des Upra, au sein du Conseil Agricole Départemental (Cad) ovin, permet d'avoir une vision globale des besoins de la filière ovine. Avec en fil rouge : produire des agneaux d'un rapport qualité – prix correct pour faire vivre l'éleveur » argumente Michelle Delesveaux.

Avoir une vision précise des problèmes de la filière ovine

Avoir une vision précise des problèmes de la filière ovine

Enquêter pour agir

Par le biais d'une enquête les membres du Cad ont voulu diagnostiquer des exploitations. « Elles ont fait leurs preuves, mais souffrent actuellement. On doit leur donner les moyens de raisonner, de trouver des solutions simples et adaptées. » La présidente du Cad ovin se félicite de ce travail d'enquête, mené par le technicien ovin de l'Ede et les conseillers d'entreprises de la Chambre d'Agriculture, « qui a permis d'avoir une vision précise des problèmes et des atouts. » Elle remercie les éleveurs diagnostiqués « ils ont parfaitement joué le jeu. » Cinq des éleveurs enquêtés souhaitent aller plus loin. Ils vont être suivis dans leur démarche : comment mieux s'adapter à la donne actuelle.
Les résultats permettront d'obtenir des références, et de monter des formations adaptées pour les éleveurs et les techniciens. « L'objectif ? Apporter (avec les conseillers) des compétences pour obtenir des marges de progrès, accompagner (avec les coopératives) les éleveurs pour qu'ils produisent ce qui se vend.
On part d'exemples concrets. »

Michelle Delesvaux s'est installée hors cadre

Michelle Delesvaux s'est installée hors cadre

 

Une motivation sans faille

« J'ai voulu m'installer par passion. » Etudes de secrétariat puis de Droit, salariée dans l'immobilier… A 27 ans Michelle monte un élevage ovin à Allagnat, un coin cher à son coeur, où son grand père avait élevé un petit troupeau de vaches laitières. Elle a repris le chemin des études : « les autres étudiants avaient 10 ans de moins que moi (rire). J'ai débuté avec des 5 : 5 ha, 5 agneaux et … 50 000 F. »
Peu à peu elle a loué des terres, certaines en friche. « Mon installation a été très progressive. »
Aujourd'hui elle élève 530 brebis sur 57 ha de pâturage d'herbe situé entre 850 et 1020 m d'altitude. Elle travaille avec le groupement Copagno.

Quand on peut travailer à plusieurs c'est mieux...

Quand on peut travailer à plusieurs c'est mieux...

 

L'entraide et la coopération

Un plus ? « Mon entraide avec Paul Bony (éleveur ovin à Olby). Tous nos moyens techniques et humains sont mis en commun. Par exemple le travail de Mathieu d'Agri Remplacement qui intervient sur nos exploitations. On peut compter l'un sur l'autre et sur notre salarié. Et puis nous avons la même éthique syndicale ! » Si on ajoute l'adhésion à la Cuma des Cratères, on comprend que Michelle Delesvaux soit convaincue de l'entraide et de la coopération. « On sait aujourd'hui que les éleveurs isolés connaissent davantage de difficulté. »
Elle se souvient d'une rencontre décisive. « Une fille, hors cadre successoral, dans une commune avec des éleveurs laitiers, ce n'était pas évident ! Jacques Chazalet président des jeunes agriculteurs à l'époque m'a accueilli avec le groupe ovin. » Une intégration qui l'a conduite à s'intégrer, à participer activement aux actions syndicales.
« Ce qui m'a touché lors de l'action du 1er septembre dernier à Clermont-Ferrand : les familles d'éleveurs sont venues. Une manifestation entre nous éleveurs ovins s'avérait nécessaire, pour montrer que nous devions avoir un rattrapage sur le revenu. » D'autres défilés sont d'ailleurs programmés courant octobre, à Toulouse, à Valence, à Paris. « Notre but ? Appuyer notre ministre, le soutenir dans sa démarche pour que l'Europe mette de l'argent sur la production ovine. »

« On ne doit pas perdre d'exploitations ovines ! »

« On ne doit pas perdre d'exploitations ovines ! »

 

Optimiste mais…

« Je me sens optimiste en ce qui concerne l'octroi de la prime à la brebis à l'horizon 2010. En attendant, pour 2009, un plan d'urgence doit être mis en place. Il s'agit de maintenir cette année là, le prix de l'agneau. »
En ce qui concerne la fièvre catarrhale ovine, Michelle Delesvaux s'inquiète ;« la crise se trouve devant nous ! C'est aujourd'hui certain, on aura des brebis en moins. Les béliers seront moins féconds. Et qu'en est-il de la fertilité des brebis ? Au niveau du syndicat on cherche à mesurer l'impact. Déjà que nous sommes en dessous du seuil de pauvreté… »

Source Chambre d« Agriculture du Puy-de-Dôme

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