Consommation : Concilier tradition et modernité

Isabelle Moëvi, Institut de l'élevage

Viande raffinée à l'image festive, l'agneau est pourtant de moins en moins consommé. Le mode de vie des consommateurs évolue, leurs attentes changent.

Ces dernières années, la majorité des viandes voit sa consommation progressivement
s'éroder comparativement aux fruits et légumes, pour atteindre 84 kg par habitant en 2007.
La consommation de viande d'agneau est ainsi passée de 5,5 kg par habitant en 1991 à
moins de 4 kg en 2007.
Le niveau moyen d'achat de viandes et volailles est d'autant plus faible que le ménage est
jeune. Entre 1990 et 2003, tous ces aliments sans exception ont évolué vers une clientèle
plus âgée. Le phénomène de désaffection des jeunes prend des proportions préoccupantes
pour certaines espèces. L'agneau fait partie des produits carnés délaissés par les familles
et par les moins de 50 ans, à côté de la pintade, du lapin, du veau, des abats de viande et
du boeuf à bouillir. En 2003, les moins de 35 ans achètent cinq fois moins de viande ovine
que leur aînés de plus de 64 ans. Si 59 % des foyers continuent à acheter de l'agneau, les
achats sont moins fréquents, environ cinq fois par an.







Le consommateur décide de son achat en moins de 10 secondes. Pour l'aider à choisir, l'information doit être claire. C'est encore mieux si le mode de cuisson est indiqué ! (CIIRPO)

Le consommateur décide de son achat en moins de 10 secondes. Pour l'aider à choisir, l'information doit être claire. C'est encore mieux si le mode de cuisson est indiqué ! (CIIRPO)

Reconquérir les jeunes consommateurs

Au-delà des préoccupations diététiques qui prennent de plus en plus d'importance, la chute
de consommation des viandes est liée à l'évolution des habitudes alimentaires des
consommateurs. Les causes sont bien connues : quête de temps libre, nouveaux types de
repas… Globalement, ces changement ne semblent pas favorables aux produits carnés.
La désaffection des jeunes est notamment mise sur le compte d'un manque de praticité des
morceaux classiquement vendus : trop gros pour un célibataire ou un couple, trop de temps
pour la préparation, trop de déchets… L'offre doit impérativement s'adapter, car la place
des viandes, notamment ovines, dans l'alimentation n'est plus acquise.
L'agneau garde pourtant son image festive et de viande raffinée : l'agneau Pascal, le gigot
du dimanche, le méchoui… Mais, il est aussi perçu comme présentant trop de goût, trop
gras, pouvant être nocif pour la santé, cher, avec un manque de conseils de préparation et
de nouvelles recettes.
Consciente du problème, l'Interprofession ovine a décidé de revoir sa stratégie de
communication et de l'orienter vers la praticité, la modernité et la créativité de la viande
d'agneau pour cibler prioritairement les moins de 50 ans. C'est l'objectif de la campagne de
communication « Agneau Presto » lancée lors du dernier salon de l'agriculture.






Les brochettes, les assortiments pour fondue ou pierrade, la viande hachée, les paupiettes ou les rôtis farcis sont des produits élaborés qui connaissent un grand succès. (Inst. de l'élevage)

Les brochettes, les assortiments pour fondue ou pierrade, la viande hachée, les paupiettes ou les rôtis farcis sont des produits élaborés qui connaissent un grand succès. (Inst. de l'élevage)

 

Les produits hachés, panés à la mode

Certains produits carnés tirent leur épingle du jeu et indiquent des directions intéressantes.
Alors que les achats de viandes et volailles vendues en l'état reculent, les produits plus
élaborés progressent clairement (viandes hachées, marinés, panés, charcuterie de
volaille...), tendances d'autant plus marquées que le ménage est jeune. L'arbitrage entre le
manque de temps qui suppose l'achat de produits élaborés plus chers et le manque
d'argent qui suppose de dépenser moins se fait souvent en faveur des produits élaborés !
Le besoin de gagner du temps induit un besoin d'information supplémentaire pour le
consommateur. La durée consacré aux achats (45 minutes par magasin en moyenne) et
celle passée dans un rayon du magasin (76 % des achats faits en moins de dix secondes)
tend à diminuer. Le consommateur doit pouvoir se repérer très rapidement ; il s'agit de
l'aider à bien choisir, à bien cuisiner et à bien consommer. Apporter plus d'informations sur
la destination et le mode de préparation des viandes proposées est un axe de travail jugé
prioritaire par l'interprofession. Les consommateurs souhaitent également mieux connaître
la réalité des bénéfices associés à la viande rouge, et être guidés dans leur consommation :
quantités et fréquences à consommer, selon son mode de vie, son sexe, son âge…





En conclusion, il y a toujours de la place pour les produits pratiques qui apportent une vraie
valeur. La santé et la naturalité, la praticité et le plaisir sont des tendances porteuses. Gageons
que l'agneau saura tirer son épingle du jeu et relever le défi de la modernité !

 

 

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Pâtre de juin-juillet 2008 intitulé « A la reconquête du consommateur » :
(R. Pâtre n°555, p. 17 à 29).
Contact Institut de l'Elevage : www.office-elevage.fr/ consommation/consommation.htm


Source Réussir Pâtre Juin 2008

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